Dans le cadre des rencontres trimestrielles organisées entre les trois présidents des Unions des Villes et Communes et la Ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom, la réunion qui s’est tenue ce vendredi 26 mars 2010 avait une teneur toute particulière, en raison des résultats du contrôle budgétaire, clôturé quelques jours plus tôt.
En effet, ce contrôle budgétaire des 20-21 mars a débouché sur un effort raisonnable (32,6 millions d'euros) pour entamer la réforme de l’incendie. Même si l’Union en attendait le double, on peut considérer que ces montants constituent un premier signal en faveur de la réforme, à condition évidemment que cet effort soit confirmé et amplifié en 2011 et les années suivantes.
Pour la police en revanche, force est de constater que les mesures adoptées tiennent plus de la réaction ponctuelle à une actualité bruxelloise qu’à une prise en compte globale de la situation de la police intégrée et des zones de police dans leur ensemble.
En effet, si les moyens dégagés en police sont évidemment toujours les bienvenus, ils ne sont nullement destinés à compenser les décisions prises unilatéralement par le Fédéral, notamment au cours des deux dernières années, pas plus qu’ils n’apportent de solution au déficit structurel qui mine les zones de police de manière de plus en plus inquiétante.
Lors de la rencontre avec la Ministre, Jacques Gobert, Président de l’UVCW, a donc remis un cahier de revendications actualisé, tant pour le dossier incendie que police.
En voici la synthèse, assortie des avancées obtenues entre-temps.
Réforme des services d’incendie
Dans le cadre de la réforme des services d’incendie, les communes wallonnes ont adopté massivement (près d’une commune sur deux à ce jour) la motion proposée par l’Union. De nombreuses motions sont donc parvenues au Gouvernement, demandant un effort urgent en matière de personnel et de matériel.
Rappelons à cet égard qu’il semble primordial de dimensionner la réforme au budget que le Fédéral peut dégager pour elle. Dans ce contexte, il est toutefois essentiel et urgent que le Fédéral dégage des moyens nouveaux pour financer les avancées indispensables et urgentes.
Aussi importe-t-il, sans délais, que le fédéral augmente son financement du matériel (+ 20 millions /an par rapport aux 20 millions actuels) et les moyens humains (+ 500 pompiers) nécessaires à la sécurité de nos concitoyens, ainsi que l’offre de formations. En termes statutaires, c’est la sécurité sociale des pompiers volontaires qui semble prioritaire.
Sur ce point, les 23,8 millions d'euros réservés aux communes via les prézones semblent un bon début, à condition bien sûr que l’effort soit poursuivi et augmenté en 2011. L’Union demande par ailleurs à être associée étroitement à la détermination de la clé de répartition entre les 32 prézones.
Quant à dégager les marges budgétaires nécessaires à combler ces urgentes lacunes, l’Union prend acte de l’existence de projets envisageant une contribution du secteur de l’assurance, bénéficiaire du bon fonctionnement des services de secours, au refinancement de ces derniers et de leur réforme. Dans l’hypothèse de la poursuite de ces projets, nous n’envisagerions toutefois la contribution de ce secteur que s’il se fait sans préjudice de l’engagement fédéral à atteindre la répartition 50/50 dans le financement des services d’incendie.
Pour le surplus de la réforme, la mise en œuvre effective des nouvelles structures zonales voulues par le Fédéral ne paraît pas prioritaire dans l’état actuel des besoins du secteur et des moyens disponibles. Il faut absolument éviter de conditionner toute avancée de la réforme à la création juridique de ces zones, celle-ci ne devant intervenir qu’en phase finale. Ici aussi, la décision fédérale de travailler sur la base de prézones semble plutôt positive, sous réserve d’un examen plus approfondi des modalités de cette collaboration avec le fédéral.
Dans le cadre d’un plan par étapes concerté avec les Unions des Villes et Communes, il importe de nous recentrer sur l’essentiel et sur les résultats concrets, notamment en permettant l’adoption préalable d’un plan opérationnel et financier d’initiative communale, dans le cadre des futures zones déjà délimitées si un accord suffisant subsiste entre les communes sur ce point, ou à défaut en dehors de ce cadre, éventuellement par la mise en œuvre de structures de coopération intercommunale, dotées de la personnalité juridique, selon les possibilités offertes par les règlementations régionales.
Ces structures permettraient notamment la structuration de la collaboration et le rééquilibrage des coûts entre communes, sur base volontaire, dans le cadre d’une approche pragmatique de l’optimisation du fonctionnement des services d’incendie.
Résultats obtenus en incendie
Pour rappel, les résultats engrangés en incendie suite au contrôle budgétaire des 20-21 mars sont les suivants:
Lors de la rencontre avec la Ministre, celle-ci a par ailleurs précisé ce qui suit:
Réforme des polices
Dans le cadre de la réforme des polices, l’Union doit non seulement déplorer l’absence d’évolution favorable du dossier mais également la survenance d’événements fâcheux, auxquels les mesures ponctuelles décidées lors du contrôle budgétaire n’apportent aucune solution.
Tout d’abord, nous pointerons une série de décisions unilatérales des autorités fédérales qui grèvent les budgets zonaux et leur capacité à remplir leurs missions de base.
Un des derniers exemples en date concerne l’octroi de nouvelles allocations de fin d’année aux policiers tant fédéraux et locaux, mais sans compensation financière octroyées aux autorités zonales pour financer ces surcoûts (de l’ordre de 24 millions d'euros par an).
Outre le problème, déjà très préoccupant, du lien automatique entre les avancées du statut de la fonction publique fédérale et celui du statut mammouth, il est, pour l’Union, inadmissible que l’Etat fédéral, employeur de moins d’un quart des policiers du royaume, négocie seul le statut du personnel de la police.
Les associations représentatives des pouvoirs locaux doivent être associées à ces négociations, dont la prochaine priorité devrait être non pas l’octroi de nouvelles primes et allocations mais la rationalisation du statut.
Qui plus est, le Fédéral propose à présent aux syndicats des fausses solutions à charge des employeurs zonaux, comme par ex. un congé préalable à la retraite pour les officiers, tout en prévoyant une prise en charge zonale de 75 % de leur traitement après leur départ. C’est proprement inacceptable.
Il revient au Fédéral de payer dans l’intégralité le prix de ses décisions unilatérales.
De manière générale, un refinancement urgent des polices locales s’avère indispensable. Dans l’attente de la structuration de ce dernier, la garantie de disposition des montants du fonds de la sécurité routière relève du strict minimum, mais ne suffira pas. Il en va de la pérennité du fonctionnement de l’institution policière.
En l’absence du dégagement de moyens supplémentaires pour les zones, leurs prestations pour le compte du Fédéral devront à tout le moins être allégées en conséquence (réduction du paquet de matières imposées aux zones de police par le Fédéral). Le contrôle budgétaire semble avoir entamé une prise de conscience à cet égard (allègement des missions de surveillance des ambassades et cabinets, transfèrement des détenus); il importe à présent de poursuivre dans cette logique selon une approche globale pour les 196 zones.
Résultats obtenus en police
Pour rappel, les résultats engrangés en police suite au contrôle budgétaire des 20-21 mars sont les suivants:
Lors de la rencontre avec la Ministre, celle-ci a par ailleurs précisé ce qui suit:
Renseignements: John Robert