En octobre 1997, un Forum des Pouvoirs locaux, "Eursycom", se tenait au Heysel sur le thème de la communication. Cette rencontre associait à un salon de l'équipement et des services, une convention relative à la communication, ainsi qu'une série d'ateliers sur divers thèmes d'intérêt communal.
L'Institut européen de management public, qui organisait ces ateliers, nous avait demandé d'animer celui relatif aux stratégies de proximité des communes. Pour cette mise en évidence d'expériencesnovatrices et performantes, nous avions retenu une ville moyenne aux fonctions diversifiées, Saint-Ghislain, et une commune rurale, Comblain-au-Pont, qui se sont distinguées par leur volonté d'aller à la rencontre des citoyens par l'information et la participation.
Ces réalisations vous sont présentées ci-après.
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Stratégies de proximité: un défi relevé par la ville de Saint-Ghislain
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| Bernard Blanc Chef de division - Adjoint au Secrétaire communal de Saint-Ghislain |
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I. UNE EXIGENCE CONSTANTE: LE DIALOGUE AVEC LE CITOYEN
Les besoins et les attentes des citoyens en matière de participation et d'information évoluent vers une plus grande exigence. Le renforcement du dialogue entre le citoyen et sa commune est non seulement indispensable, mais il doit en outre prendre de nouvelles formes. C'est une des conditions essentielles au bon fonctionnement de la démocratie et au rapprochement entre les citoyens et les mandataires. Ce constat a conduit les responsables de la ville de Saint-Ghislain à mettre en place des structures et des pratiques innovantes en la matière.
II. LES STRATEGIES MISES EN PLACE
A. LA NECESSITE D'UN CADRE GENERAL
Pour être efficace, les actions développées s'inscrivent dans une stratégie générale dont le fil conducteur est le principe de la "Ville orientée citoyen".
Cette stratégie est concrétisée par
deux projets:
. un projet de ville reprenant les objectifs d'action politique,
. un projet de service destiné à guider l'action
des services communaux et leur modernisation. Ce projet de
service est matérialisé par une "Charte
de mission".
B. LES ACTIONS
Les actions et les projets sont développés selon trois axes principaux, à savoir la communication, la participation du citoyen et l'adaptation des services communaux.
Il serait fastidieux de citer ici une liste exhaustive de toutes les actions menées. C'est pourquoi, seuls les projets les plus significatifs seront abordés à titre d'exemples dans les lignes qui suivent.
1. Communication
2. Participation du citoyen
3. Adaptation des services communaux
III. LES CONDITIONS DE REUSSITE
La réussite des actions mises en oeuvre est conditionnée par la prise en compte de principes de base qu'il convient d'appliquer de manière systématique, quel que soit le projet envisagé.
La première démarche, qui n'est pas la plus simple, est de prendre connaissance des besoins et des attentes du citoyen à travers des outils objectifs (enquête, études, rencontres, ...).
La seconde condition est que l'ensemble du travail soit soumis à une exigence sévère de qualité et de professionnalisme: l'ère du "bricolage" est dépassée pour le service public aussi!
En troisième lieu, il faut accepter le risque que comporte toute démarche innovante. Ce risque doit être intégré dans la gestion de projets au même titre qu'une autre donnée. Mais dans notre société en pleine mutation, le risque principal serait sans doute de ne rien faire ...
Il est clair, d'autre part, que le changement doit être conduit par un leadership fort. Les responsables doivent s'impliquer dans les actions. Cela suppose l'adaptation du style de management vers un management participatif et actif sur le terrain.
Et cela suppose pour les responsables politiques une modification fondamentale de leur approche des problèmes et de leur démarche politique en général. Il convient donc que chacun dans son domaine se remette en question et fasse preuve d'imagination ...
IV. UNE PREMIERE EVALUATION
Au stade actuel de développement des actions, les conclusions suivantes, en terme d'évaluation, peuvent être avancées:
aspects positifs
difficultés rencontrées
V. CONCLUSION
En conclusion, on dira que la mise en oeuvre de stratégies de proximité doit constituer une dynamique permanente (de nouveaux projets sont à l'étude à Saint-Ghislain) afin de s'adapter au caractère mouvant des réalités auxquelles sont confron tées nos communes. Et enfin, si la mise en oeuvre de ces stratégies s'avère parsemée d'obstacles et de difficultés, l'évolution socio-politique ne nous laisse guère le choix: il faut avancer et innover. C'est un défi ... et comme tout défi, il peut être enthousiasmant à relever!
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Stratégie de proximité ou la nécessité de dépasse la bonne volonté - le cas de Comblain-au-Pont| ---------- |
| Jean-Claude Bastin Secrétaire communal de Combain-au-Pont |
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Dans le cadre de l'opération communale de développement rural lancée en 1990, la commune de Comblain-au-Pont a mis en place différents moyens de dialogue avec la population:
Mais l'opération de développement rural n'était qu'un début, puisque depuis ont été installés:
Parallèlement, afin d'orienter l'action des services, des enquêtes ont été menées auprès de la population:
Cela fait beaucoup pour une commune de 5000 habitants. Mais l'enjeu en vaut la peine (car peine il y a: obligation pour les mandataires communaux de se soumettre à l'évaluation directe de leurs actions, nombreuses heures consacrées à ces différentes structures).
Les intérêts de cette stratégie de proximité, vous les connaissez:
Pourtant, nous ne pouvons pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes. En effet, avoir la maîtrise de cette stratégie de proximité n'est pas chose aisée.
A. GARDER L'APPROCHE GLOBALE
Si nous voulons mobiliser les citoyens et agir avec efficacité,
nous devons garantir un minimum de cohérence.
Cette cohérence n'est possible que par une approche
globale (économique, sociale, culturelle, environnementale).
Nous constatons cependant une résistance à cette approche globale. Certaines personnes ou associations ont des difficultés à accepter de confronter leurs objectifs spécifiques aux autres points de vue. Cela pose problème, par exemple, dans le cadre des plans de développement de la nature; en effet, la Région wallonne, initiatrice de ces plans, a négligé d'exiger qu'ils soient confrontés à des programmes communaux plus globaux (PCDR ou schéma de structure), et a ignoré les structures existantes représentatives des différents acteurs (Commission locale de développement rural ou Commission consultative d'aménagement du territoire).
B. UN PROCESSUS EN PLUSIEURS ETAPES
Un risque de la stratégie de proximité est de s'y lancer sans véritable plan de bataille.
Entre le moment de l'identification du besoin et celui de la mise en oeuvre des moyens nécessaires, quels seront le rôle et la maîtrise de chacun ?
Lorsque nous invitons la population à participer, il y a lieu de se demander à quelles étapes nous voulons l'associer:
Face à ces quatre étapes, différents problèmes peuvent surgir:
C. DES ENJEUX ET DES EMPRISES DIFFERENTS
La stratégie de proximité part souvent d'une intention généreuse avec l'espoir que tout se passe bien.
Lorsque des tensions, parfois vives, surviennent, nous sommes surpris ou nous faisons l'objet de regards suspicieux.
Afin de ne pas rester candides, nous devons tenir compte des différents enjeux et emprises.
Lorsque des personnes acceptent de se mobiliser, de participer, c'est en fonction d'une motivation particulière:
En fonction de ces motivations se tissent des relations dépendant:
Je pourrais aussi parler d'autres difficultés notamment relatives aux enquêtes et à l'exploitation de leurs résultats.
Mais je m'arrêterai ici dans l'énoncé de difficultés rencontrées, souhaitant seulement montrer qu'une stratégie de proximité, même s'il s'agit d'une démarche positive, n'est pas évidente et qu'elle demande une bonne maîtrise du processus.
Nous sommes face à de nouvelles manières de fonctionner attrayantes mais exigeantes:
Faute de respecter ces conditions, le risque est grand de faire plus de mal que de bien, de démobiliser la population et les mandataires politiques.
En conclusion, je dirai les stratégies de proximité: oui! ... mais à la condition que chacun prenne conscience que la bonne volonté ne suffit pas.