Analyse des sites web communaux: pas mal, mais peut mieux faire

Alain Depret - Avril 2005
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Conseiller expert - Secrétaire de rédaction du Mouvement communal

L'AWT (Agence wallonne des Télécommunications) a conduit, dans le cadre d'une convention avec la Région wallonne et à l'initiative du Ministre de l'Intérieur et de la Fonction publique une enquête sur les usages TIC dans les communes wallonnes, et en particulier sur les technologies internet. Conclusions: les communes wallonnes progressent dans leur usage web, mais la sécurité informatique et la formation du personnel laissent toutefois, selon les enquêteurs, à désirer.

 A l’initiative du Ministre Courard, l’AWT a publié les résultats d’une enquête relative aux sites webs communaux. La sécurité des transactions dans les 262 communes est aussi analysée. La collecte de l'information a été effectuée au cours des mois de mai et juin 2004 par deux voies complémentaires: d'une part, une analyse du contenu et de l'ergonomie des sites internet communaux à l'aide d'une grille d'analyse comportant 87 critères et, d'autre part, une enquête en ligne auprès des responsables communaux et qui comptait 121 questions.

A l'exception d’une, toutes les communes wallonnes proposent au moins une page web en ligne. Ce sont donc 261 sites qui ont été analysés. Pour ce qui concerne l’enquête en ligne, plusieurs relances par courrier d'abord, par téléphone ensuite, ont permis d'amener 256 communes à compléter le questionnaire. A peu de chose près, on dispose dès lors d'un panorama quasi exhaustif de la situation des TIC dans les communes wallonnes.

Tirer des recommandations très pratiques d’une telle enquête doit se faire avec prudence. Les communes wallonnes sont très diverses dans leurs caractéristiques (population variant de 1.300 à plus de 200.000 habitants, ou revenu moyen par habitant allant de 5.200 euros à 15.800 euros, pour ne citer que quelques indicateurs chiffrés). De plus, la loi communale consacre le principe de l’autonomie communale, laquelle précisément permet de prendre localement les décisions les plus adéquates pour le développement de la communauté.

On peut néanmoins déjà mesurer l’ampleur du chemin parcouru depuis l’étude que l’AWT

avait réalisée en 2000/2001. En effet, en quatre ans, le pourcentage de communes avec sites web "actifs" est passé de 43 % à 84 % et la proportion de sites offrant des services interactifs est passée de 9 % à 75 %. Les évolutions les plus souhaitables pour les années à venir sont, pour l’AWT, un renforcement drastique de la sécurité des systèmes informatiques communaux. En particulier, des mesures simples pourraient être envisagées, telles que l’équipement systématique des ordinateurs en anti-virus, l’application des correctifs de sécurité, la protection du réseau local par un firewall, la protection des accès par login/mot de passe, pour ne citer que les mesures les plus évidentes.

Un effort de formation du personnel semble également, toujours selon l’AWT, très souhaitable. Au sujet des sites web communaux, il apparaît clairement que les communes ont choisi de privilégier d’abord les contenus les plus stables, nécessitant donc le moins de mises à jour et mobilisant par voie de conséquence le moins de ressources humaines.

Les sites communaux gagneront en intérêt pour le citoyen s’ils peuvent devenir la plaque

tournante, le "portail" des informations locales que l’internaute cherche de plus en plus via le canal du web: des informations de vie pratique (circulation, marché, manifestations, médecins/pharmaciens de garde, etc.) ainsi que des informations qui renforcent la démocratie citoyenne (ordre du jour et décisions du conseil communal, budget et comptes, etc.). Il convient également de veiller à faciliter l’accès à ces informations souvent ardues pour le citoyen moyen (via des sommaires, index, synthèses ou autres moteurs de recherche par exemple).

L’AWT conseille enfin qu’un effort de longue haleine soit consenti pour intégrer plus

systématiquement les canaux de communications internet avec les procédures et les systèmes administratifs en place. Cela comprend, notamment, une gestion plus systématique de l’alimentation en informations (qui pourrait être aussi en partie mutualisée au niveau régional), une plus grande standardisation des services électroniques via formulaires interactifs, un lien plus direct avec les applications informatiques des services concernés et de la comptabilité, une stratégie de réponse aux courriers électroniques plus efficace.

Bref, s’il faut se réjouir que presque toutes les communes soient désormais engagées dans la voie de la communication internet, il faut aussi garder à l’esprit que ce chemin ouvre aux communes de nouveaux horizons, mais nécessitera encore pas mal d’énergie pour maintenir et perfectionner les services ainsi rendus aux citoyens.

Plus en détails

Selon les observations de l’agence, 85 % des communes disposent actuellement d’un site opérationnel ou en reconstruction. 14 % évoquent une reconstruction et 2 % ne disposent pas de site. Parallèlement, 90 % de sites sont actifs, 6 % en construction, 1 % en projet et 3 % affichent néant. La fréquence de mise à jour donne un taux satisfaisant avec un tiers des sites évoluant à un rythme quotidien, un autre tiers à une fréquence hebdomadaire, et un tiers des communes ne remanient leur site qu’une à deux fois par mois.

Pas mal de thèmes sont détaillés. Il s’agit de renseignements relatifs à des matières relativement stables comme le tourisme et la culture, le calendrier de collecte des déchets… Par contre, d’autres thématiques demeurent absentes; elles ont trait à des domaines dont l’évolution est sensible ou plus rapide.

L’information accessible est généralement tenue à jour. Il s’agit de la composition du conseil communal, d’informations citoyennes, ainsi que des téléservices administratifs dont les trois quarts des sites sont désormais pourvus. L’AWT remarque cependant que le retour du courrier électronique manque encore de réactivité tandis qu’un seul site est adapté aux personnes handicapées.

Le constat le plus important de l’étude concerne la sécurité. C’est là que le manquement est le plus visible. 23 % des communes ne possèdent pas d’anti-virus ou ne l’activent pas systématiquement. Pas de système de correction dans 78 % des cas, tandis que le mécanisme firewall est absent de 39 % des sites communaux. Au cours de l’enquête, 46 % des communes ont connu des problèmes de sécurité dans les douze derniers mois.

Quant aux points d’accès publics à internet (PAPI), ils ne concernent qu’une bonne moitié des communes. Ils se situent généralement dans les bibliothèques et médiathèques, les locaux administratifs et, dans une moindre mesure, dans un lieu dédié à cette activité.

Outre les moyens à consacrer à ces investissements, les édiles communaux doivent faire face, toujours selon l’AWT, à un problème de formation du personnel.

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