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Débat sur l’avenir du logement public: promesse d’expertise à tous les étages

Alain Depret - Juin 2008
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Chef du Service Information, presse et publications à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Pour la deuxième année consécutive, l’Assemblée générale de l’Union se clôturait par un débat politique.

Actualité oblige, les SLSP étant dorénavant accueillies comme nouveaux membres au sein de l’Union, il était cette année question de l’avenir du logement public en Région wallonne.

Autour de la table des orateurs, le panel était donc tout naturellement composé de André Antoine, Vice-Président du Gouvernement wallon et Ministre du Logement, Philippe Courard, Ministre des Pouvoirs locaux, Jean-Michel Javaux, Bourgmestre d'Amay, Secrétaire fédéral d'Ecolo et Hervé Jamar, Député-Bourgmestre d’Hannut. Le débat était, lui, emmené par Hugues Danze, journaliste au Soir.

Il fut ainsi question, notamment, de partenariat public-privé, de meilleur dialogue entre les communes et les SLSP, de mixité sociale… Mais, les échanges furent également l’occasion, pour le Ministre Antoine, d’annoncer le subventionnement prochain de conseillers en logement dans les communes.

Une bonne nouvelle donc pour les pouvoirs locaux qui, avec l’actuelle création d’une cellule logement au sein de l’Union, rappelons-le, trouveront là une expertise bienvenue.
Compte-rendu d’une clôture d’AG passionnante et très fournie.

Bien que l’auditoire attende encore l’arrivée du Ministre Antoine, retenu quelques minutes par d’autres obligations, le débat pouvait donc commencer en fin de matinée. La première question d’Hugues Danze eut le mérite d’entamer les échanges en rappelant quels doivent être les enjeux de la politique du logement dans les années à venir.

"On se focalise souvent uniquement sur le logement social" a ainsi débuté Philippe Courard, "mais les besoins sont multiples. Il faut savoir que certaines personnes ne conviennent pas au logement de type traditionnel. Pour ces gens, il faut trouver des solutions différentes et envisager l’offre de logements moyens". "Sinon", a-t-il ajouté, "je pense qu’il y a un problème d’adaptation en ce qui concerne le parc existant des logements en Wallonie. Notamment, en matière de nouvelles technologies et de consommation énergie. Pour affronter tous ces problèmes, je suis convaincu qu’il faut absolument développer les partenariats entre le public et le privé". Et, évoquant au passage les AIS, le Ministre de terminer: "les PPP permettent d’obtenir une plus grande diversité, une plus grande mixité".

Saluant les propos de Philippe Courard, Hervé Jamar a ensuite évoqué deux de ses propositions de décret: "La première proposition vise à créer dans le droit décrétal régional, et donc pour les communes, la notion de partenariat privé-public. L’autre vise à autoriser les communes à créer une agence immobilière sociale communale, quelle que soit la taille de la commune. Le but est ainsi de combattre la discrimination existant, en Wallonie, entre ceux qui ont accès à une AIS et ceux qui ne l’ont pas. Pour moi, l’AIS est un formidable outil car elle donne des droits aux propriétaires, notamment en matière de précompte immobilier. C’est aussi un formidable incitant en matière de travaux de salubrité".

Jean-Michel Javaux a ensuite donné sa vision de l’avenir du logement en Région wallonne. Pour lui, "l’enjeu majeur est d’installer au plus vite un dialogue entre les communes et les sociétés de logement afin que les fonctionnaires, réels acteurs de terrain, puissent être des interlocuteurs privilégiés".

Arrivée d’André Antoine dans la salle. Hugues Danze lui donne, de suite, la parole. "Ce que l’on veut réussir par les réformes", a d’emblée annoncé le Ministre, "c’est la dissémination du logement public dans les communes, sachant que nous avons des candidats au logement dans toute la Wallonie. Nous avons également un souci de qualité: nous avons augmenté la subvention avec un souci d’efficacité énergétique et d’entretien de notre patrimoine. Le défi du logement est colossal car les attentes sont nombreuses, mais, pour moi, la partenariat entre le privé et le public, notamment à travers les AIS, reste essentiel".

Hugues Danze a ensuite évoqué la mixité sociale, demandant aux orateurs si le logement est, pour eux, un outil essentiel à l’intégration dans les communes. "Les actions listées dans l’ancrage communal du logement doivent assurer pleinement cette mixité" a ainsi répondu Hervé Jamar. "C’est donc à chacun des mandataires de s’en charger".

Et Jean-Michel Javaux de poursuivre: "Pour travailler la cohésion sociale, il faut mettre de l’huile dans les rouages et cette assemblée générale est une première étape. J’entends par là qu’il faut que le dialogue entre les sociétés de logement et les personnes qui travaillent sur le terrain soit effectif, et pas seulement en cas de crise. Encore faut-il que les cadres décrétaux permettent ce genre de partenariat. On peut même aller plus loin: mon rêve serait qu’un jour le logement devienne un cinquième pilier de la sécurité sociale. Mais d’ici là, il y a encore beaucoup à faire".

Des conseillers en logement subventionnés dans les communes

Pour Philippe Courard, la cohésion sociale est affaire de transversalité d’action, notamment avec le CPAS. "La mixité, c’est aussi une réflexion architecturale", a-t-il ajouté. "Il faut pouvoir aménager des logements dans d’autres endroits, moins conventionnels. On peut ainsi réhabiliter du patrimoine en ville, industriel ou commercial, par exemple, et offrir de nouveaux logements. On doit, pour cela, aller bien au-delà de la simple réflexion logement social".

Mais le Ministre Antoine avait également un mot à dire à ce propos. "Ne soyons pas hypocrites", a-t-il affirmé, "le défi de la mixité n’est pas simple à réaliser. Par le passé, certaines sociétés de logement ont développé des politiques d’accès au logement très contrastées. C’est un débat qui mobilise toute la classe politique. Parfois, certaines communes ont donc renvoyés leurs problèmes vers une commune voisine. La mixité sociale ne se décrète pas, mais elle peut donc s’organiser".
"C’est pour cela que nous avions la volonté d’imposer des sanctions si les communes ne s’ouvraient pas au logement public", continuait le Ministre. "Nous avons transformé cette obligation en atout puisqu’une commune qui s’ouvre au logement public se voit bonifier dans le Fonds des communes".
"C’est un objectif qu’on doit pouvoir atteindre si on en a la volonté", s’est ainsi exprimé Philippe Courard à ce propos. "Il y a malheureusement parfois, dans certaines communes, une volonté politique de refuser le logement public. C’est évidemment inacceptable".
"Il faut appréhender la question dans le cadre plus large du logement public" a cependant ajouté Jean-Michel Javaux. "Je pense qu’on peut y arriver si, par exemple, on professionnalise le travail de l’AIS".

Hervé Jamar s’est enfin adressé au Ministre Antoine pour lui poser une question: "Monsieur Antoine, est-il prévu de subventionner des conseillers en logement ? Car, il faut d’abord utiliser ce qui existe avant de lancer des chiffres qui ne tiendront pas la route. La réalité est tellement différente de commune à commune".

Ce fut donc la nouvelle du jour, puisque le Ministre a, en effet, confirmé cette information. "Pour nous", s’est-il exprimé,"une solution est de s’ouvrir au privé: cela assure la rapidité et une meilleure intégration. Nous devons aussi, avec les mandataires locaux, déclarer la guerre à l’insalubrité. C’est pour cela qu’avec le Ministre Marcourt, nous allons lancer un programme de subventionnement de conseillers en logement. Et ceci afin de favoriser l’ancrage communal. Nous voulons, ainsi, répondre à l’appel des communes. Il y aura des conseillers en logement parce qu’il s’agit d’une politique de proximité, qui doit correspondre à l’impulsion locale". A bon entendeur…

 
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