L'auteur
Chef du Service Information, presse et publications à l'Union des Villes et Communes de Wallonie
Et pendant ce temps-là, qu'en pensent nos communes rurales? La question mérite, sans contestation aucune, une attention particulière car la ruralité sera au centre des débats futurs de notre pays.
Ainsi, l'Union des Villes et Communes de Wallonie a-t-elle institué une commission en collaboration avec la Fondation rurale de Wallonie pour créer une véritable chambre de réflexion entre les 70 communes qui forment le réseau. Pour porter le thème de la ruralité communale, rien de tel en effet que d'allier l’expertise des deux associations. Le but est clair et avoué: travailler à une vision prospective pour établir un mémorandum destiné, en 2009, au prochain Gouvernement wallon.
Il est donc grand temps de donner la parole à ceux qui font vivre cette commission. Il est ici question de l'avenir des communes rurales en compagnie de François Bellot, Député-Bourgmestre de Rochefort et Président de la Commission mixte, Robert Meureau, Premier Echevin de Waremme, Député wallon et Président de la Fondation rurale de Wallonie, ainsi que de Philippe Dubois, Bourgmestre de Clavier et agriculteur de profession. Autant de questions essentielles à évoquer, autant de pistes de solutions à explorer…
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François Bellot, Bourgmestre de Rochefort: "Il faut trouver des voies complémentaires entre ruralité et urbanité"
M.C.: Monsieur Bellot, vous voilà Président de la Commission mixte ruralité composée par l'Union et la Fondation rurale de Wallonie. Vous estimiez que sa création était impérative?
François Bellot: Oui car les communes rurales n'ont pas d'autre choix que de se rencontrer et de se fédérer. C'est l'une des grandes difficultés rencontrées par ces communes aujourd'hui. Elles sont souvent de plus petite taille, et l'aspect échange y est donc très important. Il faut ainsi trouver un mode de collaboration qui répartisse les rôles entre les communes. Je suis donc très heureux d'être à la tête de cette commission car c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup. J'espère ainsi, de manière très modeste, apporter ma contribution à la réflexion sur le monde rural.
L'expertise de la Fondation rurale de Wallonie y sera précieuse…
La Fondation rurale de Wallonie travaille énormément sur les plans communaux de développement rural. Je pense qu'ils pourront apporter un éclairage scientifique conséquent et nous permettre de découvrir des choses pour, enfin, les affirmer sur le plan politique. Notre but sera d'exprimer ce que, nous, gestionnaires locaux ruraux, nous voulons pour faire face aux défis futurs. Et ceci dans de nombreuses matières: les services publics, la mobilité, le logement, les nouvelles technologies, l'accès à l'enseignement, la protection de l'environnement…
La première réunion vous semble avoir été constructive?
Il y a eu une réelle communion dans les préoccupations des uns et des autres, alors que nous venions de communes bien spécifiques. Certains autour de la table ne se connaissaient pas encore. On n'a pas constaté, dans un premier temps, de contradiction dans les propos. C'est déjà une grande victoire.
Vous étiez donc tous sur la même longueur d'onde?
Oui, notamment sur le fait d'affirmer que nos administrations communales ne disposent pas des compétences nécessaires pour faire face aux obligations. Nous formons en général nos agents sur le tas, cela se passe plutôt bien… Mais la législation devient tellement dense et complexe que nous ne parvenons plus à suivre son état d'avancement. Car, nos pouvoirs publics sont malheureusement aujourd'hui atteints de dissentrie administrative chronique. Sans compter qu'il y a une succession interminable de corrections aux règles. Il existe parfois des contradictions époustouflantes entre certaines priorités fixées par le Gouvernement et la pratique des administrations. C'est comme si l'administration ne se rendait pas compte qu'elle impose parfois des conditions qui dépassent largement les règles qui ont, par ailleurs, été fixées.
C'est donc au mandataire de faire face, seul, aux dossiers?
J'ai pu constater, depuis les dernières élections communales, que les communes où il y a eu un changement de majorité vivent une période d'incertitude, le temps que les mandataires, qui sont de bonne volonté, puissent acquérir les connaissances nécessaires pour lancer la machine. C'est la preuve qu'il y a un réel souci quant à la manière dont certains perçoivent la réalité de terrain. Dans le monde rural, on n'a donc pas le choix. Il faut installer une collaboration au delà des frontières administratives. Faute de quoi, un certain nombre de petites communes risquent d'être paralysées.
Quelles ont été les questions évoquées lors de cette commission?
Il y en a eu beaucoup, c'était un ensemble de petites questions qui vont nous permettre de suggérer des modifications, des améliorations qu'elles soient législatives ou autres. Je me souviens notamment du refus de voir certains villages devenir des cités-dortoirs. Pour nous, le village est un lieu de vie où il est nécessaire de rencontrer des commerces, d'installer des lieux de rencontre pour créer un tissu relationnel entre les habitants, nouveaux ou anciens. Le problème de l'accès à l'enseignement me paraît également très préoccupant. Certaines écoles ferment chez nous, en obligeant les écoliers à se déplacer plus longuement. Il faudrait parfois assouplir certaines décisions pour les communes rurales.
A terme, vos réflexions aboutiront à un mémorandum destiné au prochain Gouvernement régional…
Je pense que ce mémorandum devra être porté et expliqué à toutes les familles politiques. Celles-ci sont d'ailleurs toutes représentées dans la commission. Le mémorandum permettra de distinguer les priorités qui sont retenues pour l'espace rural. Les négociateurs, au soir des élections, auront donc un tableau de bord de ce que les communes souhaitent. Et pas seulement à la Région, au Fédéral et à la Communauté aussi…
Vous pensez qu'il existe des solutions?
Il y a des solutions, c'est certain, et notre commission pourra en trouver. Pourquoi faut-il, par exemple, toujours aller plus loin que ce qui est imposé lorsqu'on transpose des directives européennes? Dans le cas contraire, on pourrait transposer l'acquis des pays voisins et profiter de leur expérience technique. Ce serait tout de même beaucoup plus simple.
Vous pensez que c'est plus facile dans les grandes villes?
Il y a sans doute plus de personnel… Mais, avec d'autres problématiques. En tout cas, pour moi, le monde rural n'est pas du tout opposé à la ville. Chaque monde possède ses spécificités. J'aimerais trouver des synergies, des voies complémentaires entre urbanité et ruralité. Nous vivons actuellement une recomposition de l'espace rural et nous, petites communes rurales, nous souhaitons que cela ne se fasse pas de manière anarchique. On aimerait vraiment avancer en parallèle avec la Politique des Grandes Villes, par exemple.
Et pourtant, vous estimiez récemment, dans un article de presse, que vivre dans une zone rurale wallonne coûte plus cher qu'ailleurs…
Ce que j'ai voulu dire, c'est que certains hommes politiques, à tous les échelons de pouvoir, ne se rendent pas compte, lorsqu'ils ont réglé leurs problèmes dans les bassins industriels, qu'il y a encore des problèmes dans les zones rurales. Et que ces écueils méritent des politiques spécifiques. J'ai le sentiment que l'on développe de plus grands projets dans les villes, qui sont, je l'admets, des zones d'appui importantes. Mais nos zones rurales souffrent aussi. Elles doivent faire face à un taux élevé de motorisation, elles possèdent peu de logements sociaux, elles manquent de services publics… Pour moi, si on n'aide pas les zones rurales comme il se doit, celles-ci finiront par devenir inhabitables.
Vous pensez, par là, aux critères du Fonds des communes?
Le refinancement du monde rural est indispensable. Je pense, en effet, notamment, aux critères du Fonds des communes. Depuis 89, la réalité communale a changé. Il faut, aujourd'hui, retrouver un équilibre en matière de financement. Et encore, une commune rurale isolée n'a pas les mêmes besoins que celle qui est adossée à une grande ville.
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Robert Meureau, Président de la Fondation rurale de Wallonie: "Communes rurales, n'oubliez pas vos racines!"
M.C.: Monsieur Meureau, je suppose que vous considérez essentielle une commission comme celle qui vient de se créer à l'initiative de l'Union et de la Fondation rurale de Wallonie?
Robert Meureau: Cette commission est nécessaire car les deux associations sont complémentaires. Je considère ainsi l'Union comme le syndicat des communes, où l'expertise juridique est plus que reconnue. L'Union travaille de manière consciencieuse et objective. Personnellement, en tant qu'échevin, je sais que j'y trouverai souvent réponse à mes questions. Mais, en tant que parlementaire wallon, je suis également toujours soucieux de connaître l'avis de l'Union sur certains dossiers. De l'autre côté, la Fondation rurale de Wallonie, c'est l'organe de terrain, celui qui écoute le citoyen et qui doit accompagner toutes les consultations populaires indépendamment du pouvoir communal. Elle est le témoin privilégié du monde rural. La Fondation continue d'améliorer, chaque jour, la qualité de son travail. Car, en vingt ans, le monde rural a fortement évolué. Je suis devenu Président de la Fondation après la décision de constituer cette commission mixte. Je ne pouvais que cautionner l'initiative.
C'est en tant que Président de la Fondation que vous siégez dans cette commission. Pensez-vous, cependant, que vos autres mandats vous aident à avoir une vision plus globale de la ruralité?
Je suis, comme vous le savez, Premier Echevin à Waremme, la capitale de la Hesbaye. Je m'y suis occupé, il y a quelques années, du premier Plan communal de développement rural. Ayant gardé l'aménagement du territoire dans mes compétences, je suis particulièrement attaché à la ruralité. Je suis, en outre, en tant que parlementaire wallon, Président de la Commission Environnement, tourisme, ruralité et agriculture. Et je suis, nouvellement Président de la Fondation rurale de Wallonie. Il y a donc un cheminement utile. Je peux prendre de la distance et analyser un problème rural sans nécessairement focaliser sur des problèmes plus locaux.
Quelle pierre pourra apporter la Fondation rurale de Wallonie à l'édifice?
La Fondation rurale de Wallonie a déjà, notamment, tenté de définir ce qu'est un agenda local 21 en rédigeant une grille d'analyse, un cahier des charges pour le développement durable à l'échelle locale. Avec un tel outil, les communes peuvent être aidées dans leurs décisions quotidiennes. C'est une sorte de guide, qui pourrait être également agréé par un organisme extérieur.
La réflexion qui est menée au sein de la commission mixte devrait aboutir à un mémorandum. Quelles sont, pour vous, les revendications importantes qu'il faudra y intégrer?
Les points les plus importants sont, à mon sens, ceux qui reviennent le plus souvent quand on écoute objectivement la population. Il s'agit de la sécurité citoyenne, de la sécurité routière, des aménagements de village, des services manquants dans les communes rurales, de la mobilité et de la communication. Je considère, en effet, que ce n'est pas au gestionnaire politique de déterminer quelles sont les priorités. Son devoir est plutôt d'écouter le citoyen. Et puis, les problèmes ruraux sont vécus différemment dans chaque commune. Même à l'intérieur de la ruralité, il faut souvent trouver des spécificités qui conviennent.
Vous pensez cependant que les communes rurales sont confrontées à des problèmes autres que ceux des villes?
En matière de services, notamment. Il y a des lacunes profondes qui risquent de s'aggraver si on ne s'y attaque pas. Plus une commune rurale s'éloigne d'un centre urbain, et plus les problèmes deviennent grands. Je pense aux centres hospitaliers, aux médecins et aux pharmaciens, aux banques, aux services postaux, aux transports en commun… Je crois qu'on doit freiner la logique économique telle qu'on la connaît aujourd'hui et trouver les moyens de rétablir des services de base en milieu rural. J'espère que notre commission pourra orienter la prochaine déclaration de politique régionale en ce sens.
Vous pensez que les problèmes du monde rural sont mal connus, ou ignorés par les décideurs?
Certains pensent qu'il faut densifier au maximum les villes afin de limiter les déplacements. Et dans certaines villes, il est presque impensable d'utiliser la voiture pour se déplacer. Mais, où commence et s'arrête l'urbanité? Il faut pouvoir faire la part des choses, car il n'y a jamais de commune purement rurale ou purement urbaine. Il faut trouver un juste équilibre et se donner les moyens de garder la spécificité de chacune d'elles.
La ruralité n'est donc pas, pour vous, une notion figée?
Bien sûr que non. Il y a cinquante ans, l'exode rural se traduisait par le départ des villageois vers les grandes villes, l'abandon de l'agriculture vers le travail en ville et la désertification des campagnes. Aujourd'hui, les villes s'engorgent et les familles retournent vivre en campagne à cause de la pression immobilière. Les communes rurales doivent donc accueillir une catégorie de population nouvelle, les néo-ruraux, avec une mentalité d'origine urbaine. C'est donc le rôle du gestionnaire politique de s'attacher à la ruralité dans le sens moderne du terme, c'est-à-dire de recréer une cohésion sociale par des maisons de village, des lieux de rencontre.
Vous pensez que les décisions gouvernementales sont parfois inadéquates?
Parmi mes collègues parlementaires, j'entends beaucoup de choses, des réflexions très circonstanciées. C'est plutôt encourageant. Mais, dans l'administration, je perçois des attitudes beaucoup moins souples. C'est comme s'il s'était créé des dogmes. Cela passe immanquablement par des classifications rigides alors que la réalité est plus diffuse. Je me répète: il est inutile de vouloir différencier à tout prix les communes urbaines des communes rurales.
Le problème du monde rural est sans doute également financier… Vous pensez que les critères de répartition du Fonds des communes doivent être revus en ce sens?
Vous savez, j'entends parler de la réforme du Fonds des communes depuis des années. Il sera difficile, à mon sens, de trouver la clé idéale. Je pense que la seule solution, pour augmenter l'offre de services de base en milieu rural, est dans le partenariat entre le public et le privé. Mais pour cela, il faut que le financement public suive, que ce soit via le Fonds des communes ou tout autre outil de subsidiation spécifique. C'est via l'ensemble des subsidiations des villes et communes qu'il faudra sans doute trouver l'équilibre.
Si vous deviez, aujourd'hui, faire passer un seul message à vos collègues du monde rural, quel serait-il?
Communes rurales: n'oubliez pas vos racines! Si vous êtes rural, surtout veillez à le rester. Que l'on soit une commune rurale ou une commune urbaine, il faut cultiver ses spécificités plutôt que d'essayer de progresser vers ce qui ne constitue pas son quotidien. L'urbain et le rural ne doivent pas s'opposer, au contraire, ils doivent être complémentaires.
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Philippe Dubois, Bourgmestre de Clavier : "Il est temps d'actualiser les moyens donnés au monde rural"
M.C.: Monsieur Dubois, quels sont, selon vous, les problèmes auxquels sont confrontées aujourd'hui les communes rurales?
Philippe Dubois: Comme dans les grandes villes, les gestionnaires locaux sont obligés d'attaquer tous les problèmes de front, mais avec nettement moins de moyens humains et financiers. Les communes rurales ont des dépenses très élevées, qui ne sont pas proportionnellement inférieures aux grandes villes, alors que les recettes sont largement moins importantes. Les mandataires ruraux doivent donc faire au mieux, ce qui a pour conséquence qu'ils ont souvent deux métiers. Aucune prospective politique n'est donc envisageable. A Clavier, nous avons 4.200 habitants pour 8.000 hectares. C'est très peu, pas assez en tout cas pour faire augmenter les recettes. Et pourtant, avec 350 hectares de bois, on essaye de s'en sortir au mieux.
Vous pensez que le collège doit prendre plus de risques dans les communes rurales?
Il y a une grande part de risque car nous n'avons pas le personnel nécessaire pour affronter la complexité de plus en plus grande des décisions. Les procédures sont lourdes, et c'est à chaque membre du collège de suivre ses dossiers. Il nous faudrait presque un "subsidiologue" aujourd'hui à Clavier. A entendre des collègues bourgmestres en place depuis plus longtemps que moi, le travail est, chaque année, de plus en plus fourni.
Vous pensez qu'il existe des solutions aux problèmes financiers des communes rurales?
Il est temps, en tout cas, que l'on revoie les critères de répartition du Fonds des communes. Parce que, comme toute disposition ancienne, elle a vieilli. Les structures sociologiques, la mobilité et les mentalités ont évolué. Des besoins nouveaux sont apparus. Ceux-ci n'ont pas été rencontrés par le Fonds de communes à l'époque. La Région nous demande, par exemple, d'être aujourd'hui fort actifs en matière de logements sociaux. Qu'ils nous en donnent alors les moyens…Vraiment, il est temps d'actualiser les moyens donnés au monde rural.
Vous en êtes où en matière de logement social à Clavier?
A Clavier, nous étions proches du 0 % en matière de logement social. Si nous avions un taux si bas, c'est parce qu'il n'y avait, à mon sens, aucun besoin. On est actuellement en hausse grâce à un plan 2007/2008. Encore faut-il que ce plan soit attirant et réalisable. Ainsi, par exemple, j'ai du mal à comprendre comment un couple qui viendrait vivre chez nous trouverait un logement social avantageux. Il y aurait un gain en matière de loyer, certes, mais il faudrait deux voitures pour aller travailler dans la ville voisine. Clavier se prépare, en tout cas, à recevoir entre 1.000 et 2.000 habitants supplémentaires dans les années qui viennent. Nous sommes prêts à offrir à tous ces gens des services scolaires, extrascolaires, sportifs ou socioculturels décents. Mais, nous n'avons pas d'emploi local pour tout le monde.
Vous êtes demandeur du droit tirage en matière de subsides?
En ce qui concerne les appels à subsides, les plans triennaux, nous préférerions le droit de tirage, c'est certain. En fonction des kilomètres de voirie, en fonction de la population ou en fonction d'autres paramètres... Les équipes en place pourraient déterminer les orientations voulues, tout en sachant qu'elles ont un plafond subsidiable.
Vous pouvez nous décrire votre commune, ses problèmes spécifiques?
Clavier est placée sur l'axe géographique tracé entre Liège et Marche. Nous connaissons aujourd'hui une explosion urbanistique car beaucoup de familles, qui travaillent dans ces deux villes, viennent s'implanter chez nous. Nous voudrions donc mettre des projets urbanistiques en place car la demande de lotissements est forte. Mais, c'est plutôt difficile car, avec les moyens qui sont les nôtres, on arrive tout au plus à gérer le quotidien. Et pourtant, Clavier a été pionnière en matière de développement rural. Nous avons d'ailleurs obtenu, pour ce faire, le soutien de la Fondation rurale de Wallonie. Cela nous a permis de développer une grande participation citoyenne. Nous avons ainsi créé, ces dernières années, plusieurs maisons de village.
Clavier a-t-elle à souffrir d'être une ville-dortoir, comme d'autres communes rurales proches des villes?
Ce que nous vivons est encore plus violent: ce sont nos jeunes qui partent habiter ailleurs, le prix de l'immobilier étant ce qu'il est. C'est là que le logement social pourra sans doute être utile, pour essayer de garder nos jeunes chez nous.
La commission mixte mise en place par l'Union et la Fondation rurale de Wallonie vous semblait être une solution pour faire valoir vos besoins?
Oui, car on sent que nous sommes écoutés et que nous pouvons bénéficier d'un accompagnement à l'Union. Nous devions donc faire partie de cette commission. Nous sommes une communale rurale, nous tenons à conserver nos spécificités, avec des avantages qui doivent être mis en valeur. La ruralité est une notion qui doit être prise en compte par le législateur, voire même imposée.
Quels sont les points importants à mettre, selon vous, en avant dans le mémorandum à présenter au prochain Gouvernement?
Pour moi, il faut travailler l'intégration en accompagnant les communes rurales dans l'encadrement socioculturel et, donc, arriver à un nécessaire refinancement. L'aspect urbanisme et aménagement du territoire doit aussi être envisagé, notamment au niveau de la révision des plans de secteur. En matière de développement durable, on devrait également pouvoir recevoir un encadrement, afin de mettre en place plus facilement des partenariats entre le public et le privé.
L'avenir de Clavier vous semble menaçant?
Je serais un mauvais gestionnaire si je disais que tout va bien. L'avenir n'est pas rose… Même si les dépenses sont bien contrôlées, les recettes sont malheureusement impossibles à augmenter. On ressent, à mon avis, ce problème encore plus vite dans les petites communes rurales car plus le budget est petit et plus les problèmes deviennent vite évidents.