Les changements intervenus suite à l’entrée en vigueur du décret relatif à la performance énergétique ont occasionné certaines évolutions dans la procédure de gestion des demandes de permis d’urbanisme. Ces modifications consistent notamment en l’apparition de nouveaux documents PEB, en un allongement de la durée de suivi des dossiers par les communes (pouvant se compter en année après l’achèvement du chantier) et en l’adoption d’un nouveau mode de gestion informatique nécessaire à la concrétisation de ce suivi. Qu’en est-il pratiquement? Quelles sont les implications pour les services urbanistiques de nos communes?
Un résumé synthétique de ce dossier est paru dans le Mouvement communal de juin-juillet 2010. Il donne un aperçu global des nouveautés procédurales.
Les notions marquées d’un astérisque dans le texte sont expliquées dans le document "Définitions" disponibles sur cette page.
Depuis le 1er mai 2010, et pour autant qu'ils soient soumis à permis préalable, l’ensemble des travaux de construction et de reconstruction de bâtiments neufs* (ou assimilés*) ainsi que l’ensemble des travaux de rénovations qualifiés d’importants* doivent respecter les exigences relatives à la performance énergétique des bâtiments.
Parallèlement, une procédure simplifiée, impliquant le respect d'exigences en matière d'isolation thermique et de ventilation, s’appliquent aux actes et travaux de rénovation simples* portant sur des bâtiments existants, ainsi qu'à certains changements d’affectation* [1].
Le présent article passe en revue l'ensemble des implications des nouvelles obligations PEB sur la procédure de délivrance et de suivi des permis. A chaque étape, nous préciserons le rôle dévolu à la commune ainsi que ses obligations par rapport aux contrôles du respect de ces nouvelles exigences. Pour mémoire, nous développons également la procédure simplifiée, qui sera sans doute la plus courante en matière de rénovation et de transformation des bâtiments existants. Notons que cette dernière est assez similaire, dans ses principes, au mécanisme qui était d’application jusqu'au 30 avril 2010 et qui impliquait le dépôt de formulaires.
Pourquoi deux procédures?
Depuis 1985 et suite aux chocs pétroliers, la Région wallonne applique une réglementation visant à promouvoir l’utilisation rationnelle de l’énergie en imposant un minimum de performance énergétique à l’enveloppe des bâtiments. Cette réglementation a évolué à plusieurs reprises, en fonction de l’amélioration des connaissances et des techniques, vers un accroissement des exigences à respecter et l’élargissement du champ d’application à l’ensemble des actes et travaux soumis à permis et à presque toutes les catégories de bâtiment.
Parallèlement, en 2002, l’Union européenne a adopté la Directive sur la performance énergétique des bâtiments (PEB) en vue de promouvoir les économies d’énergie dans ce secteur particulièrement énergivore. Celle-ci impose aux Etats membres d’établir une méthode de calcul de la performance énergétique des bâtiments dont les résultats sont exprimés en énergie primaire [2] et de définir des exigences minimales en la matière pour les bâtiments neufs ainsi que pour les bâtiments existants de grande taille ou faisant l’objet d’une rénovation lourde. La transposition de cette directive en droit wallon se concrétise par l’apparition d’une nouvelle procédure PEB pour ces bâtiments.
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