L'auteur
Conseiller à l'Union des Villes et Communes de Wallonie
Le premier règlement sur l’isolation thermique en Wallonie est entré en vigueur le 1er mai 1985. Depuis lors, la réglementation a évolué: les exigences se sont accrues et le champ d’application des normes de performance énergétique s’est fortement élargi, visant progressivement de plus en plus de travaux et de catégories de bâtiments. Dans le cas d’une demande de permis de régularisation se pose dès lors la question de la réglementation à appliquer.
À son titre VI relatif aux infractions et aux sanctions, article 155, paragraphe 6, le Cwatupe stipule:
Art. 155, par. 6
Lorsque les actes et travaux exécutés ou maintenus en infraction sont susceptibles de recevoir le permis d’urbanisme requis, sur la base soit de la réglementation en vigueur lors de l’accomplissement des actes et travaux, soit de la réglementation en vigueur au moment du dépôt de la demande, le cas échéant en application des articles 110 à 113 ou 127, paragraphe 3, et eu égard à la destination générale de la zone ou de son caractère architectural, le Gouvernement ou le fonctionnaire délégué propose, de commun accord avec le collège communal, une transaction au contrevenant.
Il découle de l’article 155, paragraphe 6 du Cwatupe (voir encadré) qu’en cas de régularisation d’une infraction urbanistique, c’est la réglementation la plus favorable au demandeur qui s’applique, entre celle en vigueur au moment où l’infraction a été commise et celle en vigueur au moment de la régularisation [1]. La tendance générale depuis 1985 allant dans le sens du renforcement des exigences énergétiques, c’est presque toujours à la réglementation applicable à l’époque où l’infraction a été commise qu’on se référera pour déterminer la possibilité de régularisation. Reste au demandeur à établir la date ou du moins la période de l’infraction, les réglementations wallonnes successives couvrant plusieurs années.
Les dates-clés de l’évolution de la réglementation énergétique wallonne sont les suivantes:
Une synthèse de ces réglementations a été réalisée dans le Manuel PEB; elle se trouve dans le corps du document pour les plus récentes (2008) et en annexe 1 pour les plus anciennes (1985, 1996). Ce manuel peut être téléchargé sur notre site web: http://www.uvcw.be/publications/online/70.htm
À noter déjà que les exigences PEB vont continuer à être renforcées en 2012 et durant les prochaines années, sur base d’objectifs fixés au niveau européen.
Pour assurer la complétude du dossier, le formulaire "énergie" doit être joint à la demande de régularisation. Deux cas de figure peuvent se présenter:
Dans certains cas, le demandeur fera valoir auprès de la commune qu’il ne lui est pas possible de respecter la réglementation pour des raisons techniques ou liées au coût des travaux de mise en conformité, par exemple.
Avant l’entrée en vigueur de la législation PEB le 1er mai 2010, la réglementation sur l’isolation thermique et la ventilation des bâtiments était un règlement régional d’urbanisme (RRU). Pour une demande de permis de régularisation portant sur des travaux effectués avant le 1er mai 2010 se référant à ce RRU, il est dès lors possible d’y déroger moyennant le développement d’une motivation circonstanciée et la démonstration de ce que, à l’époque, les travaux, réalisés selon les règles de l’art, n’auraient déjà pas pu respecter la réglementation en vigueur. Dans le cas contraire, la régularisation devra imposer la réalisation de travaux permettant de respecter la réglementation "énergétique" de l’époque.
Depuis l’entrée en vigueur du décret PEB le 1er mai 2010, une nouvelle procédure complète s’applique aux travaux les plus conséquents. Pour ces derniers, il n’est pas possible de déroger aux exigences PEB étant donné l’absence d’un régime de dérogation au sein même de cette législation. Quant à l’octroi possible d’une dérogation pour des travaux soumis à la procédure PEB simplifiée (les travaux de rénovation simple et les changements d’affectation visés à l’article 549 du Cwatupe), la question reste en suspens tant que le statut de cette procédure simplifiée (RRU ou législation) n’est pas tranché au niveau régional.
Rappelons enfin que l’autorité peut imposer des travaux de mise en conformité et conditionner à la réalisation de ceux-ci l’octroi du permis de régularisation. En cas de refus d’exécution du demandeur, la commune dresse procès-verbal de constat de l’infraction, enclenchant la procédure judiciaire.
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