Hotton – Marielle Remy, Présidente de CPAS: «L’avenir est dans la supracommunalité»

Alain Depret - Mai 2012
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Conseiller expert - Secrétaire de rédaction du Mouvement communal

Le CDLD prévoit une plus grande collaboration entre la commune et le CPAS, notamment par la présence du Président du CPAS au sein du Collège communal. Cette présence du CPAS au sein des organes décisionnels de la commune a depuis permis de développer, voire d’accentuer les synergies entre ces deux partenaires. Mais aussi, souvent, de supprimer des doubles emplois. A Hotton, commune pilote parmi d’autres en cette matière, il est donc question de développer des nouvelles synergies, d’améliorer la communication et la coopération au travers de divers projets tels que des marchés publics communs. Et ce, de manière à favoriser les économies d’échelle. Marielle Remy, Présidente de CPAS, nous en dit plus.

Madame Remy, pourriez-vous nous retracer votre parcours politique afin que les lecteurs vous connaissent mieux ?

Je suis licenciée en sciences commerciales option management général et international. J’ai accepté un poste de directrice du personnel au CRAC, le Centre d’aide régional aux communes, en 2005. Je me suis engagée politiquement en 2006 et je suis devenue présidente de CPAS à cette date. Je n’y étais pas prédisposée, mais c’est une matière qui me tient à cœur. Je préfère d’ailleurs le CPAS à un autre échevinat. Le travail du CPAS est, à mon sens, beaucoup plus global que le travail communal. Cela me correspond donc bien.

La synergie entre commune et CPAS de Hotton était-elle déjà en marche avant le fait que la commune devienne pilote en la matière ?

Dès 2006, j’ai été attentive au travail administratif de la commune. Mon souci était alors de faire des jonctions entre les deux institutions et d’éviter des doublons, d’éviter tout le travail inutile et redondant. Avec mon entrée en tant que Présidente du CPAS au sein du Collège, les synergies ont commencé à se concrétiser car le CPAS se tenait mieux au courant de ce qui se passe au sein de la commune, quand il y a des marchés publics qui sont lancés, par exemple. Le fait d’être choisie comme projet-pilote nous a permis d'institutionnaliser le tout et d’engager un agent synergie. Nous avons d’abord fait un état des lieux et on s’est vite rendu compte que pas mal de choses avaient déjà été entamées. Au départ, il s’agissait essentiellement de moyens humains mis à la disposition du service travaux via les articles 60.

Nous avons ensuite systématisé et développé d’autres procédures au fur et à mesure.

La première phase du projet-pilote concernait un rapprochement pur et simple entre les deux institutions ?

En effet. Après cet état des lieux, nous avons mis en place des marchés communs pour les fournitures tant de carburant que de petits matériels. On a d’abord fonctionné avec les deux entités et puis, dans une deuxième phase, nous avons étendu ces marchés aux fabriques d'églises, aux écoles, aux asbl, au syndicat d'initiative, au centre culturel, au complexe sportif, aux bibliothèques… Cela nous a permis d’obtenir des tarifs préférentiels, qui se sont encore améliorés lorsque les marchés ont été transposés vers les autres entités. C’est surtout cette deuxième phase qui était finalement le résultat de cette expérience pilote.

Vous pouvez d’ores et déjà quantifier le gain financier ?

C’est encore un peu tôt, mais je peux dire qu’en termes de gestion du temps de travail, le gain est visible.  Notre agent synergie s’est depuis spécialisé dans les marchés publics, tandis que le personnel du CPAS s’est plutôt spécialisé dans la gestion du personnel, les règlements du travail, les statuts… Ces synergies nous a permis de recentrer efficacement les tâches de chacun.

Les synergies ont-elles été bien accueillies au sein du personnel ?

Le changement fait toujours peur mais nous étions, de toute façon, dans une période de transition puisqu’une nouvelle secrétaire communale est arrivée à Hotton. La collaboration a été très franche et fructueuse, bien qu’au départ le projet pilote évoquait un personnel et des moyens informatiques communs. Aujourd’hui, nous avons d’ailleurs fait le choix de garder nos systèmes informatiques respectifs pour ne pas trop révolutionner le quotidien de chacun. Chaque système correspond d’ailleurs parfaitement aux besoins de tous. Et puis, surtout, le changement de logiciels nous aurait coûté beaucoup trop cher. Ce choix délibéré a permis de rassurer le personnel et nous nous sommes donc plutôt concentrés sur les synergies humaines. Par contre, en ce qui concerne le matériel informatique, nous avons d’emblée acheté en commun.

Vous avez l’intention de rapprocher géographiquement les deux organismes ?

Ce ne sera pas nécessaire car les bâtiments de l’administration communale et du CPAS se font face. De plus, les bâtiments du CPAS ont été récemment agrandis et rénovés. Ce n’est finalement pas plus mal que le CPAS soient séparé de quelques mètres, cela permet aussi de garder une certaine confidentialité.

D’autres projets de synergie sont-ils prévus pour les années à venir ?

Nous aimerions développer un projet de gestion conjointe de la trésorerie via e-comptes puisque notre receveur est régional. On voudrait donc obtenir une gestion beaucoup plus proactive, beaucoup plus automatisée de notre trésorerie. Je sais que cela s’est déjà fait dans d’autres communes et nous aimerions vraiment rendre cela possible également pour Hotton.

Quels conseils donneriez-vous à une commune qui souhaiterait se lancer dans l’aventure de la synergie ?

Pour ma part, cela a été plutôt facile d’amener des projets de synergie parce que notre précédente bourgmestre était auparavant Présidente de CPAS. Les problématiques étaient donc déjà connues. Je pense cependant que le meilleur conseil serait de donner un maximum d’information au personnel concerné, d’essayer de comprendre quels seront les conséquences de tous ces changements. Il faut donc définir clairement les objectifs à atteindre avec le personnel dirigeant et le collège, et puis impliquer un maximum le personnel. Les agents doivent ensuite venir naturellement avec de nouvelles propositions. Je conseillerais également de ne pas faire de la synergie pour le plaisir d’en faire. Chacun doit en effet garder sa spécificité et garder une part de naturel dans le processus. A Hotton, nous avons fait quelques erreurs de ce type au départ, mais il faut aussi apprendre de ses manquements.

Les communes font aujourd’hui toutes face à la crise financière. Vous pensez que les synergies vont devenir, pour elles, un passage obligé ?

Tout à fait. Et cela n’est pas uniquement vrai que pour le niveau purement local. Ainsi, pour moi, l’avenir est dans l’association de projets, au niveau supra-CPAS même. C’est devenu vital: les communes doivent dépasser leur esprit de clocher pour continuer à fournir des services de qualité. L’avenir est donc dans la supracommunalité.


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