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La campagne de fauchage tardif des bords de routes

François Naveau - Novembre 2006
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L'auteur

François Naveau

Direction de la Nature - Division de la Nature et des Forêts

Objectifs

Le réseau routier marque profondément le paysage par son importance mais également en termes de pollution. Il répond à des besoins sociaux et économiques qui exigent le développement de zones urbanisées et le maintien de grandes zones agricoles et forestières rentables. Toutes exercent une pression sur l'environnement et plus particulièrement sur la biodiversité qui, en certains endroits, subit une forte érosion. C'est pourquoi, les mesures de gestion les plus appropriées doivent être appliquées afin de conserver et développer la nature sur l'ensemble du territoire. Dans le cas précis des bords de routes, le fauchage tardif est destiné à préserver le reliquat d'une biodiversité représentative de divers milieux semi-naturels façonnés par l'action cumulée de facteurs environnementaux et anthropiques. La gestion tente également de compenser les pertes subies récemment au niveau du réseau écologique par la destruction ou la modification d'éléments paysagers.

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Le fauchage tardif pratiqué en Wallonie est une mesure de gestion qui a pour but de préserver la nature encore présente sur les talus et accotements. Il permet aux espèces herbacées de fleurir et de produire des semences. Une espèce n'ayant pas la possibilité de fleurir durant de nombreuses années régresse pour finalement disparaître.

Ce fauchage profite également aux espèces animales. Il permet d'étendre l'habitat de plusieurs espèces, notamment dans les plaines agricoles et de constituer des zones de refuges en période des moissons. Celles-ci peuvent être maintenues durant l'hiver en ne fauchant pas annuellement les bords de routes.

Descriptif

Le fauchage tardif consiste à ne pratiquer qu'un seul fauchage annuel, en fin de saison, sur certains talus et accotements du réseau routier. Les autres talus et accotements sont fauchés plusieurs fois dans l'année.

Sur le réseau routier, les zones de fauchage tardif doivent être soigneusement sélectionnées en fonction des aspects de sécurité routière et du patrimoine naturel présent. Il convient de maintenir une végétation basse sur les bords de routes situés à l'intérieur des virages, à l'approche des carrefours de même qu'aux abords des accès aux propriétés riveraines.

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Une bande de sécurité d'une largeur d'environ 1,20 mètre est aussi régulièrement fauchée en bordure de la voirie proprement dite, y compris le long des tronçons en fauchage tardif. Cette bande régulièrement fauchée servira le cas échéant, d'espace refuge pour les usagers de la route. 

Lors du fauchage, il est recommandé de respecter une hauteur de coupe suffisante afin de ne pas mettre le sol à nu. Une mise à nu du sol détruirait les bourgeons situés à la base des plantes, augmenterait les risques d'érosion par le vent ou la pluie et porterait atteinte à la stabilité des talus qui finissent par s'effondrer.

Le ramassage du produit de la fauche n'étant pas obligatoire, il est cependant recommandé dans une certaine mesure afin de diminuer la fertilité du sol et augmenter la diversité floristique.

Mise en œuvre – étapes

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Légende

6        Zones de fauchage tardif avec une bande de sécurité

7        Propositions de sites pour le fauchage tardif
891011                   Zones de fauchage tardif avec deux bandes de sécurité
12        Zones de fauchage tardif sans bande de sécurité         

13                         Emplacements des panneaux "Fauchage tardif – Zone refuge"

 

La cartographie Il est nécessaire de réaliser une cartographie des bords de routes en fauchage tardif à l'usage des Services techniques. Elle permet de guider le personnel en charge des fauchages dans son travail et plus particulièrement dans le choix de l'itinéraire suivi pour réaliser le fauchage tardif. Elle informe également sur la périodicité du fauchage et sur l'importance de la zone de sécurité.

Les zones critiques. Pour éviter lors des pluies d'orage de provoquer un bouchon dans les canalisations avec les produits fauchés, le gestionnaire communal devra préalablement déterminer l'ensemble des endroits critiques afin d'y faire pratiquer un fauchage intensif généralisé à toute la zone critique ou un fauchage tardif avec ramassage des foins.

Les dates. Le fauchage tardif se pratique après le 1er août ou le 1er septembre en fonction des cycles biologiques des espèces recensées. En règle générale, dans toutes les régions situées au sud du Sillon Sambre-et-Meuse, la date du 1er septembre est à préférer, tandis qu'au nord, la date du 1er août peut-être retenue pour la plupart des bords de routes soumis au fauchage tardif. Il est demandé de ne pas faucher après le 15 octobre (ou le 1er novembre s'il n'est possible pour des raisons techniques de terminer les fauchages à la mi-octobre) afin de ne pas perturber les animaux ayant trouvé sur les bords de routes non fauchés un refuge pour l'hiver. A cette date, une repousse limitée de la végétation peut être observée. Cette repousse crée à nouveau des conditions de vie acceptables pour certaines espèces animales et protège le sol de l'érosion. 

Les largeurs de fauchage:
- Fauchage tardif au-delà de la bande de sécurité d'une largeur généralement appliquée de 1.20m.
-Fauchage tardif sur toute la largeur du bord de la route, s'il y a présence de plantes rares ou protégées sur la bande  de sécurité.
-Fauchages intensifs sur une largeur plus importante à l'intérieur des virages et au niveau des carrefours afin d'assurer une visibilité suffisante.

Bilan et perspectives

Le fauchage tardif forme un réseau écologique de plus de 17.000 kilomètres et s'étend sur une superficie d'environ 4.000 hectares.

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Aujourd’hui, dans les 175 communes signataires de la convention "Bords de routes", les talus et accotements routiers font l'objet d'une gestion qui tient compte de la sécurité routière et du patrimoine naturel présent.  En effet, bien qu’ils fassent partie intégrante du réseau routier, avec toutes les conséquences inéluctables, leur fonction d’habitat pour de nombreuses espèces végétales, animales et fongiques y est davantage prise en compte.

Plus de 700 espèces végétales (soit environ 50% de la flore de Wallonie) ont pu être observées sur les bords de routes et ceci grâce aux inventaires botaniques réalisés dans le cadre de la campagne de fauchage tardif.

Opérateurs et partenaires

Les campagnes Fauchage tardif sont organisées par le biais d'une convention entre la Région wallonne et la Commune.

Dans le cadre de cette convention Bords de routes, la Direction de la Nature de la Division Nature et Forêts prend en charge:

  1. la cartographie des talus et accotements soumis au régime de fauche tardive; elle est soumise à discussion; 
  2. l'établissement de l'itinéraire que l'opérateur empruntera pour faucher tardivement les bords de routes concernés; l’organisation dans l’espace doit être simple afin de limiter les déplacements entre les zones de travail;
  3. l'encadrement du personnel communal (concerné par l'entretien des bords de routes et/ou la protection du patrimoine naturel) et des élus communaux pour une bonne pratique du fauchage tardif (choix des dates de fauchages, régularité dans le temps des opérations de fauchage tardif, respect de la hauteur de coupe, respect de la sécurité routière et des zones de fauchage tardif définies dans le plan);
  4. la sensibilisation de la commune et de la population à la richesse botanique des bords de routes (visite de terrain avec le personnel communal et les élus, réalisation de diaporamas, conférence à l'attention de la population, distribution d'une brochure explicative et fourniture des panneaux de signalisation renseignant la pratique du fauchage tardif);
  5. la réalisation des inventaires botaniques sur les talus et accotements du réseau routier communal.

Par ailleurs, les communes respectent la législation relative à l'échardonnage en éliminant manuellement les chardons réputés nuisibles. En vertu de l'Arrêté royal du 19 novembre 1987 relatif à la lutte contre les organismes nuisibles et aux produits végétaux, seuls le cirse des champs (Cirsium arvense), le cirse lancéolé (Cirsium lanceolatum), le Cirse des marais (Cirsium palustre) et le chardon crépu (Carduus crispus) sont réputés nuisibles.

Astuce, conseils et difficultés

Très utile: la visite de terrain avec le personnel communal en charge des fauchages afin d'identifier les zones de fauchage tardif et le patrimoine naturel présent.

Nécessaire: respecter une hauteur de coupe d'environ 8 cm  afin de ne pas mettre le sol à nu.

Un plus: interruption limitée de la bande de sécurité en raison de la présence d'un massif fleuri.

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Financement et moyens

L'encadrement des communes est assuré par la Division de la Nature et des Forêts – Direction de la Nature. Inventaires botaniques, cartographie, visites de terrain, panneaux d'exposition, exposés, etc. sont assurés par leurs services.

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En savoir plus

Opération " bords de route - Fauchage tardif "
http://mrw.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bords_de_route.htm

Campagne de fauchage tardif des bords de routes: exemple du Parc des vallées de la burdinale et la Mehaigne
http://mrw.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bdrburdinalemehaigne.pps

Campagne de fauchage tardif des bords de routes: exemple du parc naturel de la haute sûre et de la forêt d'Anlier
http://environnement.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bdrpnforetanlier.pps

Campagne de fauchage tardif des bords de routes: exemple des Cantons de l'Est
http://environnement.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bdrcantonsest.pps

Campagne de fauchage tardif des bords de routes: exemple
http://environnement.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bdrwalcourt.pps

Campagne de fauchage tardif des bords de routes: exemple du Parc naturel des Plaines de l'Escaut
http://environnement.wallonie.be/dgrne/dnf/dcnev/consnat/bdrpnplainesescaut.pps

Arnal, D., Widar, J., 2005,  Installation et entretien des gagnages herbeux en forêt, Manuel technique, Région wallonne, Direction Générale des Ressources naturelles et de l'Environnement

Birkan, M., Serre, D., 1988, Disparition, domaine vital et utilisation du milieu de janvier à mai chez la perdrix grise (Perdrix perdrix L. ) dans la Beauce du Loiret, Gibier Faune Sauvage Volume 5 p.389-409

de Tillesse, M., Bourdouxhe, L., 2006, Corrélation entre pratiques agricoles et évolution de population d'espèces cibles.  Le cas de la perdrix grise ( Perdrix perdrix L. )

Naveau, F., 2002, Les Bords de routes. Signes extérieurs de richesse naturelle, Brochure technique n°8, Ministère de la Région wallonne, Direction Générale des Ressources naturelles et de l'Environnement

Reitz, F., Bro, E., Mayot, P., Migot, P., 1999, Influence de l'habitat et de la prédation sur la démographie des perdrix grises, Bulletin mensuel de l'Office National de la Chasse, n°240, p.10-21

Contacts

François NAVEAU
Direction de la Nature
Division de la Nature et des Forêts
Téléphone 081/33.58.86
Courrier électronique:


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Ce document, imprimé le 22-08-2019, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be).
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