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ADL: le réseau s'installe et les acteurs locaux s'expriment

Alain Depret - Octobre 2004
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Conseiller expert - Secrétaire de rédaction du Mouvement communal

Le décret relatif à l'agrément et à l'octroi de subventions aux agences de développement local a été récemment adopté. Il recentre les missions des ADL, leur offre un statut (asbl ou régie autonome) et des garanties de financement leur permettant une stabilité dans le temps. Le 24 mai 2004, une première rencontre des ADL a été organisée par l'Union en collaboration avec le Cabinet du Ministre Courard et la Division de l'Emploi et de la Formation professionnelle de la Région wallonne. C'était l'occasion rêvée de présenter ce nouveau décret mais aussi de lancer officiellement le Réseau des ADL et de créer une synergie entre les différents partenaires présents. Pour preuve du dynamisme qui est celui des ADL locales, la parole est ici donnée à quelques acteurs de terrain, à Waremme, Pont-à-Celles, Aiseau-Presles et Somme-Leuze.

ADL de Waremme

Eric Froidcoeur et Maryline Herck: "l'ADL, c'est un petit resto où on affiche complet tous les soirs…"

" Waremme a pas mal d'atouts économiques, culturels et sportifs, mais elle a aussi certaines faiblesses. C'est à partir de ces faiblesses qu'on a travaillé, à partir de divers constats accablants. Waremme est considérée, pour beaucoup, comme une ville dortoir: c'est un peu la ville où les pierres sont immobiles…

Le travail de notre ADL, c'est d'abord un soutien au commerce local, notamment par la quinzaine des commerçants, qui se tient les quinze derniers jours de décembre, et la braderie. On a, aussi, mis sur pied un projet de carte de réduction pour le personnel des entreprises dans certains commerces…

Un constat fut clair à Waremme: le taux de création d'emplois est assez faible. Pas mal de nos actions sont basées sur ce constat. L'ADL se constitue en structure d'accueil et d'accompagnement d'investisseurs en partenariat avec la maison de l'emploi et les couveuses d'entreprises. Nous avons également créé notre propre couveuse d'entreprises il y a deux ans: les demandeurs d'emploi peuvent y tester une activité indépendante pendant neuf mois. Nous avons, dans ce cadre, un partenariat avec SAS et le réseau des ADL du bassin de Charleroi. Nous travaillons également dans le cadre du Pacte pour l'emploi…

J'ai l'habitude de dire que l'ADL, c'est un petit resto, où les patrons sont le bourgmestre, le président de club d'entreprise, le président de l'Union des commerçants. Le chef de cuisine, c'est l'agent de développement local. Dans notre cas, il s'agit de deux personnes. Au départ, on devait servir deux tables, en commençant à mener de petits projets. Aujourd'hui, on affiche complet tous les soirs...

Pour l'avenir, nous sommes très heureux que le décret existe et qu'on puisse réfléchir au développement de nos activités. Avec la multitude de partenaires, on doit parfois changer nos menus. L'aspect des relations humaines est alors très important. Nous devons veiller à satisfaire nos partenaires car ils savent pertinemment ce que dynamisation d'une ville signifie..."

 

ADL de Somme-Leuze

Christine Vintens: "Notre projet le plus fédérateur: la réhabilitation des habitats permanents…"

"Somme-Leuze est bien située en matière d'axes routiers. Un premier zoning, Baillonville 1, a été créé il y a quelques années, mais celui-ci a très vite été peuplé. Somme-Leuze s'est donc cherché une nouvelle implantation, Baillonville 2. C'est un axe de développement essentiel pour la commune car nous avons un potentiel assez important d'indépendants: 450 sur le territoire…

La dimension touristique de Somme-Leuze est également loin d'être négligeable: il y a plus ou moins 1.000 secondes résidences. Beaucoup de gîtes et de chambres d'hôtes sont également en création. Le tourisme s'accroît et c'est une dimension très importante pour l'ADL...

En matière d'emploi, on essaye de développer la réinsertion professionnelle avec nos partenaires du Plan de prévention et de proximité, de l'ALE et du CPAS. Un exemple: notre potager de légumes oubliés appelé le Pré gourmand, créé en 2000. Via ce potager, on permet à des personnes émargeant au CPAS, à des "articles 60", de trouver un emploi…

La Commune de Somme-Leuze accueille également un grand nombre d'habitants permanents. Il s'agit du projet le plus fédérateur pour notre ADL: une vaste opération de réhabilitation des domaines de loisirs à Noiseux. Il y a là un nombre assez important d'habitants qui vivent dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles: il n'y a ni voirie, ni éclairage public. L'égouttage, l'eau et l'électricité y sont assez précaires. Pour un domaine, il s'agit de glisser en zone d'habitat à caractère rural. Pour les deux autres domaines, il s'agit d'y inscrire une nouvelle vocation touristique…

Dernier point important: Somme-Leuze a signé une convention en 2002 avec la Région wallonne pour présenter son troisième programme communal de développement rural. Nous avons neuf projets en cours: l'agrandissement d'une maison de village à Baillonville, la rénovation d'un centre de village à Heure, la construction de logements sociaux, notamment. Tout cela donne vie à l'ADL... "

 

ADL d'Aiseau-Presles

Léo Sclapari: "on doit travailler pour les organismes régionaux, pas contre eux ou à leur place…"

"Aiseau-Presles est très dynamique parce qu'il y existe à peu près 600 entreprises et indépendants et 120 associations. Nous essayons de fédérer tout ce petit monde autour de l'idée du développement local…

Sur Aiseau, on a développé deux grands axes qui sont, d'une part, le soutien à l'emploi et, d'autre part, la création d'activités économique ou culturelle. En ce qui concerne l'emploi, nous organisons un "Salon de l'emploi et de la création d'activités" qui en est à sa 12 e édition et qui réunit à peu près 200 exposants, entreprises et organismes…

Mais on essaye aussi de soutenir plus particulièrement l'indépendant ou le petit entrepreneur à Aiseau, à la fois en termes d'information, en termes de réalisation de dossiers auprès de la Région wallonne ou auprès d'autres institutions: choix du personnel, recherche de capitaux. On a également établi des partenariats avec l'Awex ou Igretec pour donner à toutes ces personnes les facilités nécessaires à leur épanouissement économique…

Mais Aiseau, c'est aussi une couveuse d'entreprises. C'est une idée que nous avons portée avec d'autres ADL, dans la région de Charleroi. On permet ainsi, avec le concours du Forem, de l'Onem et de l'Union des Classes moyennes, à certains entrepreneurs d'obtenir un statut de stagiaire en création d'entreprise. C'est réservé à un public bien spécifique, fragilisé...

Un autre projet concerne les titres-services. Nous développons une antenne sur l'entité d'Aiseau-Presles et nous avons, en deux mois et demi d'existence, créé onze emplois. Nous espérons très vite passer le cap des 25, voire des 30 équivalents temps plein...

En tant que gestionnaire d'ADL, je me sens incapable de remplacer les organismes régionaux qui possèdent la compétence et l'autorité nécessaire à nos entreprises et indépendants. C'est pour cela qu'on doit travailler pour ces organismes et non contre eux ou à leur place " …

 

ADL de Pont-à-Celles

Philippe Lefèvre: "Nous fonctionnons en asbl, mais on a commencé un rapprochement avec la commune…"

"En 1996, le Collège échevinal de Pont-à-Celles voulait réaliser une enquête sur la création d'emplois dans l'entité. La commune a invité la population à participer à des groupes de travail, composés de demandeurs d'emploi, de membres du personnel communal… A l'issue, ils ont, en commun, décidé de créer une association. Le 1 er avril 1997, l'ADL a donc été portée sur les fonds baptismaux et c'est toujours cette structure-là qui fonctionne actuellement...

La mission principale de l'ADL est l'information mais aussi l'accompagnement de porteurs de projets. On a, par exemple, en collaboration avec la Mirec, monté une couveuse d'entreprises dans la région de Charleroi. Il faut savoir qu'en Région wallonne, il y a un taux d'échec très important chez les indépendants après cinq ans d'activité. L'échec est dû, en majeure partie, à des problèmes de gestion, de méconnaissance...

Nous fonctionnons actuellement en asbl tout à fait indépendante, mais on a commencé un rapprochement avec la commune, et plus particulièrement le collège. Depuis 2003, nous travaillons ainsi sur des projets communaux: la gestion du site de l'Arsenal, par exemple. Il s'agit d'un site d'activité économique désaffecté, des anciens ateliers de la SNCB à Luttre. C'est un chancre industriel situé au beau milieu de notre belle commune. Le rôle de l'ADL est alors de trouver des investisseurs en répondant au maximum aux besoins locaux...

Sinon, il y a un événement annuel qui nous tient particulièrement à cœur. A Pont-à-Celles, nous avons cette chance de pouvoir fêter l'artiste de jazz Django Reinhardt. Celui-ci est né dans le petit village de Liberchies. A partir de ce fait historique et culturel, la commune a décidé de mettre sur pied un événement d'envergure internationale et, in fine, de provoquer des retombées économiques au niveau local. Il ne s'agit pas uniquement de concerts. On a, autour de l'événement, impliqué l'ensemble des forces vives de toute la commune: les associations culturelles, mais aussi les habitants. Tout le village de Liberchies est partenaire de cet événement, par exemple. Et avec quel succès: Django attire chaque année un public de plus en plus nombreux, venu des quatre coins du monde...

 
Ce document, imprimé le 21-05-2012, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be) et est soumis au copyright.
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