La notion de bilan socioprofessionnel est largement répandue dans les CPAS mais bien souvent, elle recouvre des perceptions et des applications très différentes.
Et s'il est unanimement convenu que la clé de réussite d'une insertion passe par une bonne identification de la situation du bénéficiaire, les CPAS ne disposent, généralement pas, d'outils et de méthodes efficientes pour mener à bien cette action d'identification.
Suite aux nombreuses interpellations des services d'insertion à ce propos, un groupe de travail fédéral, soutenu par le Ministre de l'Intégration sociale, Christian Dupont, et associant des CPAS répartis sur l'ensemble du territoire de la Belgique, a pu créer une méthode d'évaluation propre aux CPAS; le bilan socioprofessionnel (ci-après le BSP). Ce dernier a été testé pendant deux ans dans les CPAS-pilotes avant d'être évalué en 2005.
L'évaluation ayant été très positive, le BSP est actuellement diffusé dans le cadre de formations organisées par le Service Formation de la Fédération des CPAS.
Vous vous dites certainement "encore un nouveau gadget" mais c'est une erreur que de réduire cet outil à cette première perception alors que le BSP a vocation à devenir pratique courante.
L'objectif principal du BSP est de permettre la prise en compte optimale des projets de la personne en considérant sa situation personnelle, ses capacités, ses aspirations, ses aptitudes et ses besoins.
Le BSP est un outil favorable aux trois parties concernées que sont les bénéficiaires, l'agent d'insertion et le CPAS.
En ce qui concerne les bénéficiaires, le BSP est un outil de choix afin de les aider à explorer leurs réalisations passées, à faire le point sur leur situation actuelle et à planifier leur avenir. Peu importe leur situation, tous peuvent bénéficier du BSP. Le fait de prendre conscience de leurs succès passés et donc, de leurs compétences, a un impact positif sur leur estime de soi. Ce qui favorisera, automatiquement, le développement d'une motivation à faire évoluer leur situation.
Le BSP s'inscrit donc dans un processus où l'agent d'insertion accompagne la personne dans la découverte de ses atouts et l'aide à prendre conscience de ses souhaits et de ses possibilités. Mais cela étant, il doit veiller à ce qu'elle demeure tout de même le moteur de son développement et ne jamais perdre de vue de toujours faire en sorte de l'aider à (ré)investir son intégration sociale.
Ainsi, la personne bénéficiaire pourra élaborer un projet dans lequel elle se reconnaitra pleinement et qu'elle pourra intégrer comme "son projet".
Pour les agents d'insertion, cette méthode est une réponse simple et facile à mettre en œuvre, qui répond à leurs difficultés, maintes fois exprimées, de parvenir à faire émerger un projet chez une personne qui ne parvient pas ou plus à se projeter dans l'avenir.
Enfin, en ce qui concerne le CPAS, le BSP trouve naturellement sa place au sein du dispositif d'insertion socioprofessionnelle. En effet, cet outil permet une amélioration des parcours car d'une part, il permet inévitablement de limiter les échecs ou les parcours sans issue apparente et d'autre part, la récolte des informations permet la définition et la mise sur pied de projets d'intégration socioprofessionnelle efficients.
Cet outil bénéficie donc aux trois parties concernées. Cependant, de nombreux agents d'insertion émettent des craintes quant à son utilisation: ils ont notamment peur que cette méthode ne soit dévoreuse de temps ou trop compliquée. D'autres possèdent déjà certains outils et ne voient pas clairement ce que celui-ci va leur apporter en plus.
Mais qu'ils soient rassurés, cette méthodologie, très simple d'utilisation, non contraignante, fédérale (utilisable par l'ensemble des CPAS du pays, qu'ils soient "grands" ou "petits"), souple (adaptable à la réalité de chaque CPAS) et évolutive (les outils qui la composent peuvent s'adapter aux besoins et attentes des CPAS) répond parfaitement à leurs attentes et prend en compte les contingences liées à leur profession (manque de temps, nombreuses personnes à suivre, etc.).
En conclusion, le BSP représente une "bibliothèque des compétences" de la personne qui va au-delà du simple inventaire pur faciliter le développement d'un projet d'avenir. Si on fait l'économie de ce travail d'approfondissement, on gaspille des informations qui auraient pu être utilisées dans l'action, une action de développement personnel et/ou professionnel.
Le BSP n'est pas qu'une méthode théorique, ce sont des outils de réflexions et d'analyses. Ce processus permet à chaque bénéficiaire d'explorer ses compétences, de prendre contact avec ses compétences et de les intégrer comme siennes.
A partir de ce qu'il peut faire, il détermine ce qu'il veut faire, ce qui devient mobilisateur. Nous pensons que cette démarche permettra à chaque personne qui aura l'opportunité de réaliser son BSP, de croire qu'il peut changer sa situation de vie et que la prise de conscience de ses compétences aura un impact sur son investissement dans les projets.
Mais pour atteindra cet état qualitatif, il est impératif que les CPAS investissent cette méthode, dans un premier temps en permettant à leurs agents de se former et dans un deuxième temps, en s'appropriant l'outil et en l'adaptant aux réalités propres à chaque CPAS de manière à ce qu'il trouve sa place au sein de l'institution.
Si vous souhaitez compléter votre compréhension du BSP, vous pourrez également consulter sur ce site, un article [1] décrivant l'application pratique de l'outil ainsi que le référentiel méthodologique [2] qui est très éclairant. Toutefois, ces lectures ne sauraient en aucun cas remplacer une formation à la méthode du BSP [3].
A la question essentielle "Quel passé pour quel avenir", il est aujourd'hui possible de répondre. Nous ne pouvons que vous encourager à le faire.
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