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Verviers: améliorer l'éthique par le recrutement

Alain Depret - Octobre 2006
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Chef du Service Information, presse et publications à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Pierre Moson, Conseiller communal et CPAS à Verviers, fait, en matière de recrutement, figure de proue. Il vient, en effet, de faire adopter au conseil communal une motion inspirée du document rédigé par l'Union des Villes et Communes de Wallonie intitulé "Bonnes pratiques de recrutement du personnel dans les pouvoirs locaux". Verviers déclare donc aujourd'hui adhérer à ce code et demande à l'échevin en charge du personnel d'adapter les procédures de recrutement et le statut du personnel afin de respecter les recommandations prises. L'occasion était trop belle pour le Mouvement communal de rencontrer l'homme en question.

Bonnes pratiques de recrutement du personnel dans les pouvoirs locaux

Dans sa volonté d’insuffler une gestion de carrière axée sur le développement des compétences dans les pouvoirs locaux, la Commission Ressources humaines de l’Union des Villes et Communes de Wallonie a rédigé un guide de bonnes pratiques en matière de recrutement: une référence pour toute personne - membre de l’autorité politique et de l’administration locale - qui exerce une responsabilité dans le processus de recrutement d’agents, qu'ils soient statutaires ou contractuels.
Le recrutement est en effet un élément-clé dans la gestion des compétences puisqu’il se situe en amont de l’entrée en fonction de l’agent et qu’il importe, à ce moment précis, de recruter les compétences utiles à l’optimalisation du fonctionnement de l’administration et à son amélioration continue au service du citoyen.
L’Union propose donc à ses membres, dans le respect de l’autonomie communale, un canevas pour une procédure de recrutement efficace, des critères de sélection performants et des techniques de recrutement validées et maîtrisées.

M.C.: Vous pouvez m'expliquer pourquoi ce code de bonnes pratiques vous tenait tant à coeur?

Pierre Moson: Il faut savoir que j'ai commencé la législature au CPAS, et que je ne suis rentré au conseil communal que les deux dernières années. Ce qui m'a frappé, au niveau du CPAS, c'est que les examens intervenaient toujours pour ratifier des engagements préalables. Je trouvais que c'était assez dérangeant parce que cela ouvrait la porte aux abus. D'un autre côté, certains agents en place échouaient aux épreuves. Nous étions donc en dehors de toute objectivité. Dès 2002, j'ai demandé qu'on fasse des réserves de recrutement au CPAS. Restait le problème des examens d'employés où l'on s'adresse à un nombre de gens plus important.

Vous entriez alors au conseil communal?

Tout à fait. Par économie d'échelle, nous avions décidé de faire des réserves de recrutement communes avec la ville. Un an plus tard, la ville a organisé un examen sans en parler au CPAS. Cela coïncidait pile avec le moment où je suis entré au conseil communal. Cela a été une de mes premières interpellations: j'ai rappelé la nécessité d'un examen commun. Cela me tenait à coeur, d'autant qu'une circulaire de la Région wallonne, en 2001, incitait à prendre des règles objectives en matière d'engagement du personnel communal. Quand j'ai vu que l'Union proposait un texte qui allait dans ce sens, je l'ai fait inscrire à l'ordre du jour de la commune et du CPAS. Cela a été adopté, à chaque fois, à l'unanimité.

Comment avez-vous défendu cette idée auprès du conseil?

J'ai soutenu que le monde politique constate aujourd'hui que son image s'est considérablement ternie auprès de la population. Tous, nous devons faire notre examen de conscience et nous demander ce que nous devons changer pour retrouver cette confiance. Ce sont tous les partis politiques démocratiques qui doivent s'engager à améliorer l'éthique en respectant ce guide de bonnes pratiques.

Vous considérez que la gestion des ressources humaines se doit d'être profondément modifiée?

Je suis pour une nouvelle approche dans le recrutement. Il faut créer des profils de fonction et essayer de trouver la personne qui correspond le mieux au profil. Aujourd'hui, on sent un changement profond: le service public ne doit plus rendre des services à des usagers, mais répondre aux besoins de clients. Pour que le fonctionnaire en soit conscient, il faut adopter une approche GRH moderne. Une certaine mobilité est aussi nécessaire: ce n'est pas parce qu'on entre à la commune, à l'état civil, qu'on y restera toute sa vie. Il faut pouvoir, selon les nécessités, s'adapter aux nouveaux défis de la commune.

C'est assez facile, pour une grande commune, de penser cela. La réalité des petites et moyennes communes est pourtant largement différente…

C'est vrai. Cela doit être un sérieux problème dans les petites et moyennes communes: le secrétaire communal doit être très compétent dans de nombreux domaines. C'est d'autant plus vrai que les charges financières sont de plus en plus lourdes. C'est de plus en plus difficile, pour le chef de l'administration, d'avoir une vue globale sur tous les dossiers. A mon sens, dans une commune comme la nôtre, il faut une structure plus collégiale, et moins pyramidale dans son fonctionnement. Ce qui est nécessaire, surtout, c'est de couper les cloisonnements pour que chacun soit en mesure de comprendre le travail de l'autre.

Verviers fait donc aujourd'hui figure de pionnière?

Je rêve, en tout cas, que l'adoption de cette motion soit un signal fort. Qu'une commune comme Verviers montre l'exemple. Mais ceci n'est qu'une première étape. Je serais franchement déçu si Verviers n'arrivait pas à mettre en place tout un système de recrutement adéquat.

Il serait également possible, comme d'autres communes le font, de faire certifier vos procédures en cette matière…

La certification, pourquoi pas? Cela a le mérite de monter qu'on a réfléchi à l'organisation de son administration. En matière de recrutement, c'est une manière comme une autre de donner une garantie aux citoyens qu'on a mis en place les processus nécessaires à la bonne marche de l'ensemble. Cela organise le travail de manière correcte.

Verviers sera donc peut-être un jour certifiée ISO?

Pourquoi pas. Voilà un bon projet!

Pour conclure, vous avez déclaré être un utopiste libre lorsque vous avez défendu ce dossier auprès du conseil communal. C'est toujours le cas?

Evidemment, puisque je pense qu'on va arriver à mettre en place les outils de recrutement nécessaires (rires).

 
Ce document, imprimé le 09-02-2012, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be) et est soumis au copyright.
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