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La Semaine de la mobilité en Wallonie: les élus se mobilisent

Tom De Schutter - Mars 2008
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L'auteur

Tom De Schutter Tom De Schutter

Directeur de département à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

La Semaine de la mobilité est l'évènement annuel en matière de mobilité durable. Initiée au niveau européen, la Semaine de la mobilité se décline au niveau local et chaque année, depuis huit éditions, les communes wallonnes se sont mobilisées pour faire découvrir à leurs citoyens une autre mobilité.

La Semaine de la mobilité 2007, qui s'est déroulée du 16 au 22 septembre 2007, a fédéré un ensemble d'acteurs (associations, citoyens, syndicats, …) autour d'une vingtaine de communes, sur le thème "Réinventons la rue!". L'occasion était ainsi donnée, au niveau local, de favoriser une mobilité plus durable et plus conviviale. Avec le soutien de la Région wallonne, des circuits de redécouverte de la commune en vélo ou des aménagements cyclables ont été inaugurés, des actions de sensibilisation des citoyens ont été réalisées, etc., partout en Wallonie.

Retour sur quatre des vingt expériences wallonnes de l'édition 2007.

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Emmanuel Wart, Bourgmestre, et André Lemmens, Echevin de l'Urbanisme, de la mobilité et de l'environnement de Les-Bons-Villers

M.C.: La Semaine de la mobilité est un projet qui, en zone rurale, peut surprendre. Pourquoi la Commune de Les-Bons-Villers a-t-elle décidé de se lancer dans la démarche?

Emmanuel Wart:La participation de la Commune de Les-Bons-Villers est issue de l'appel à projets lancé par le Ministre de la Mobilité, André Antoine. La commune a décidé d'initier des projets originaux pour mettre en évidence un ensemble de dynamiques initiées dans le cadre du programme communal de développement rural. Celui-ci avait clairement mis en priorité la thématique de la mobilité. Plusieurs réalisations récentes, en termes d'aménagements de pistes cyclables notamment, méritaient aussi d'être soulignées. La Semaine de la mobilité nous donnait cette opportunité.

Les-Bons-Villers a la particularité d'avoir cinq villages dans l'entité. Ces cinq villages ont leurs particularités et les relier entre eux, assurer une bonne accessibilité de chacun d'eux, est essentiel, pour nos concitoyens. Le collège n'a donc pas hésité à prendre part à l'organisation de la Semaine de la mobilité. Pour une petite commune comme Les-Bons-Villers, entrer dans une dynamique régionale comme celle de la Semaine de la mobilité nous a vraiment permis d'amplifier les actions que nous souhaitions mettre en place et de mieux communiquer, avec plus d'ampleur. Et les résultats sont là, nos citoyens ont répondu à l'appel et ont largement participé aux actions organisées.

Quelles sont les actions que vous avez mises en place?

André Lemmens: Nous avons organisé deux actions-phares: un itinéraire cyclable de liaison intervillages, et une action de promotion d'une mobilité alternative pour réaliser ses achats, en partenariat avec les commerces de l'entité.

Le besoin de relier les différents villages de l'entité est important. La commune a vraiment souhaité organiser un évènement de promotion d'une liaison intervillages qui traverse l'entité et qui permet, par des itinéraires moins connus, dont certains ont été réaménagés dans le cadre du Plan Mercure, à nos concitoyens de relier chacun des hameaux en vélo. En zone rurale, l'usage de la voiture est quasi automatique. Il fallait, par cet évènement, démontrer que se déplacer autrement, de manière sécurisée, était possible. De plus, la liaison intervillages a été choisie afin de relier les écoles, bibliothèques, centres sportifs, etc. de l'entité, afin d'appuyer le caractère fonctionnel de l'itinéraire et la possibilité de l'utiliser au quotidien. Et les citoyens, tout comme l'ensemble des membres du collège qui s'étaient remis en selle pour l'occasion, étaient au rendez-vous et en redemandent! Nous allons certainement réitérer l'évènement et continuer la sécurisation de notre réseau cyclable.

L'action "mes courses sans ma voiture" a été organisée en partenariat avec les commerçants de l'entité. L'objectif était d'encourager nos concitoyens à réaliser leurs petites courses du week-end (libraire, boulanger, boucher, …) par un autre moyen de transport que la voiture. La commune a donc décidé d'imprimer des bons de réduction qui ont été distribués, par les commerçants, aux personnes venues faire leurs courses en faisant appel à la mobilité lente. Près de 400 bons de réduction ont été distribués sur l'entité!

Comment évaluez-vous l'impact de vos actions?

Emmanuel Wart:Le retour des citoyens est très bon. Nous avons vraiment réussi, je pense, à sensibiliser nos citoyens à un possible changement de comportement. Il est clair que la commune fait face, aujourd'hui, à un problème général de la sécurité routière, principalement lié au manque de civisme de tout un chacun. Les aménagements de voirie sont évidemment nécessaires, tout comme la réflexion sur la mobilité lente. Mais sensibiliser nos citoyens en leur faisant tester les aménagements lents réalisés, leur permet vraiment de se rendre compte de l'importance de leur comportement au volant.

Nous voulons poursuivre en ce sens, notamment pour ce qui concerne la problématique spécifique des abords des écoles où, là, effectivement, notre programme triennal 2007-2009 va consacrer pratiquement 30 % de son budget à l'aménagement des trottoirs et de dispositifs de sécurité autour de nos différentes écoles.

La participation citoyenne dans ce type de projet vous semble importante?

André Lemmens: Toute la démarche a commencé avec le PCDR, où la participation citoyenne est omniprésente. Nous avons collaboré avec les commerçants pour notre action "mes courses sans ma voiture". Je pense que ce type d'action ne peut fonctionner sans participation.

La commune met en place, d'ailleurs, en ce moment, une CCATM. Nous comptons collaborer avec elle dans nos projets d'aménagement. Il est important que leur réflexion puisse alimenter celle du collège.

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Jean-Marie Gillet, Echevin de la Mobilité à Walhain

M.C.: Quels sont les problèmes de mobilité à Walhain et pourquoi vous être lancé dans la Semaine de la mobilité?

Jean-Marie Gillet: La Commune de Walhain est une commune rurale mais elle est tout de même confrontée à des problèmes de mobilité: il y a très peu de cheminements piétons et les trottoirs sont souvent occupés par des voitures en stationnement; il ne reste plus beaucoup de sentiers, la route est donc souvent le seul moyen de se déplacer. Cela rend l’usage des modes doux plus difficile car peu de cheminements sont sécurisés. Ceci était le fil conducteur des actions que nous avons menées durant la Semaine de la mobilité.

La Semaine de la mobilité a été l’occasion de communiquer plus efficacement.
Par exemple, cela nous a permis de sortir une édition du bulletin communal "spécial mobilité" en couleur. Elle nous a permis d’expliquer certains aménagements réalisés (marquages au sol, trottoirs, évitements, …). Le but était de montrer la cohérence des projets menés dans la commune par rapport à toutes les actions menées en matière de mobilité.

Quelles actions avez-vous menées?

Nous avons principalement travaillé avec les écoles, car les enfants sont pour nous, le public le plus perméable. La participation des parents a également été très forte, notamment pour le ramassage scolaire. Trois étaient initialement prévus, mais huit ont finalement été réalisés. La sensibilisation des enfants via des dessins et la pose de "macarons" sur le pare-brise des voitures stationnées sur le trottoir a également été réalisée. Les macarons étaient accompagnés du message "Laisse-moi mon trottoir, s’il te plaît". Le balisage des itinéraires de ramassage scolaire a été réalisé avec les dessins des enfants. Un réel intérêt pour la mobilité émane du conseil communal des enfants. Certaines initiatives leur sont dues.

Une balade familiale a été organisée. Celle-ci a vu son nombre de participants doublé par rapport aux années précédentes.
Deux conférences sur la sécurité routière et les sentiers ont également eu lieu, avec un succès plus relatif.
Différents travaux ont également été réalisés pour l’occasion, tels que la sécurisation de cheminements piétons, la mise en place d’un range-vélos à l’arrêt de bus, la sécurisation du trottoir aux abords de l’école, le marquage au sol de passages piétons…

Le succès a vraiment été au rendez-vous. Et certaines actions vont continuer. Par exemple, la zone de police continue à placer des radars préventifs et poursuit également la pose de "macarons" sur les voitures mal stationnées. Et, si le préventif ne suffit pas à faire changer les comportements, ces mesures deviendront répressives.

Y a t-il un lien entre votre plan intercommunal de mobilité (PICM) et l’action mise en place pour la Semaine de la mobilité?

Le plan communal de mobilité est omniprésent et la Semaine de la mobilité nous a réellement permis de mettre en évidence les réalisations effectuées dans ce cadre. En ce qui concerne le PICM, des contacts ont été pris avec la Commune de Gembloux pour pouvoir, dans le futur, relier Walhain au RAVeL à Gembloux.

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Jean-Luc Meurice, Echevin de la Mobilité à Jodoigne

M.C.: La Ville de Jodoigne a de nombreux problèmes de mobilité. Comment la Semaine de la mobilité vous a-t-elle aidé à améliorer la situation?

Jean-Luc Meurice: La mobilité à Jodoigne est un gros souci pour notre ville, nous y sommes donc très sensibles. Jodoigne est traversée par deux axes dont un qui nous amène 20.000 véhicules; nous avons aussi un centre scolaire de 4.000 élèves, ajoutez à cela les véhicules de transit, aux heures de pointes, la commune est saturée.
De plus, Jodoigne est une ancienne ville constituée de rues très étroites, ce qui pose des problèmes de parking. Il n’est pas possible non plus d’aménager des pistes cyclables.
Jodoigne est en zone rurale et est mal desservie par les transports en commun.
La mobilité est donc un domaine qui nous interpelle très fort au niveau de la commune.

Notre participation à la Semaine de la mobilité avait pour but d’attirer l’attention sur les problèmes de trafic et d’environnement, de faire changer les comportements des gens qui parfois se comportent de manière égoïste. Souvent, les gens sont seuls dans leur voiture alors qu’avec un petit aménagement de temps, on pourrait faire ce chemin à plusieurs.
Le but était aussi de sensibiliser les gens du centre-ville pour qu’ils ne prennent plus la voiture pour faire 300 mètres. Dans ce cadre, nous avons réinstauré la zone bleue dans le centre-ville et proposons un parking gratuit au pied de l’Hôtel de ville.
Nous avons voulu également nous focaliser sur les enfants, car ils n’ont pas encore d'habitudes, c’est donc plus facile de les sensibiliser aux problèmes d’environnement et de mobilité. Leur participation a permis de mettre en évidence quelques points à améliorer. Ceux-ci seront examinés par un bureau d’études pour voir quels travaux pourraient être effectués.
Nous constatons qu’il y a plus de jeunes qui se rendent à l’école à vélo. Par exemple, à Melin, près de 70 % des enfants vont à l’école à vélo. Faisant suite à la formation de Pro Vélo, des rangs vélo se sont mis en place spontanément par les enfants qui se donnent des points de rencontre.

Vous inscrire dans un projet soutenu par la Région wallonne était important?

Oui, le soutien de la Région wallonne nous permet de donner une certaine ampleur aux actions que nous souhaitons organiser. Les budgets communaux sont très serrés donc toutes les aides qui peuvent être apportées sont les bienvenues. Les aménagements sont notamment faits essentiellement grâce aux subsides.

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Daniel Schutz, Echevin de l'Urbanisme, de la mobilité, de l'énergie, des forêts, de l'environnement et de l'informatique à Habay

M.C.: La Semaine de la mobilité a été lancée à Habay selon une formule assez particulière: ce sont deux bénévoles engagées qui ont mené le projet dans la commune, en pleine concertation avec le collège communal. Pourquoi avoir opté pour une telle formule?

Daniel Schutz:Les actions menées durant la Semaine de la mobilité sont l'aboutissement d'un long travail réalisé depuis bien avant les élections. La question de la mobilité est une question sensible pour nos concitoyens, qui a été très largement abordée durant la campagne électorale. Les bénévoles qui ont réalisé les actions de la Semaine de la mobilité à Habay se sont engagées activement dans la vie communale depuis les élections. Elles ont pu porter les projets que la commune souhaitait mettre en œuvre et soulager le personnel communal débordé, comme souvent dans les petites communes.

Le sud de la Province de Luxembourg connaît une problématique de mobilité spécifique. Comment avez-vous abordé la thématique et pourquoi avoir participé à la Semaine de la mobilité?

On est, ici, particulièrement amené à devoir prendre la voiture lors des déplacements par manque de transports en commun, de services suffisants. Les distances à parcourir sont souvent longues. La Semaine de la mobilité nous a donné l'occasion de pouvoir réfléchir aux solutions à apporter.

Nous avons souhaité pouvoir toucher un public très large, avec un accent particulier vers les écoles. Il nous a semblé que se focaliser sur les enfants permettait de toucher, outre le public scolaire, à la fois les parents et les enseignants. Parler et sensibiliser les enfants permet également d'inscrire notre action dans le temps, de manière durable. Ce sont eux les conducteurs de demain. Il faut dès aujourd'hui leur apprendre à ne pas prendre systématiquement la voiture pour les petits trajets, par exemple.  Il est également important de prouver aux parents d'enfants que des alternatives existent et qu'elles peuvent, au quotidien, être utilisées sans craintes. Nous avons utilisé, pour ce faire, des outils didactiques créés par l'asbl Empreintes et par La Ligue des Familles, qui peuvent être réutilisés en cours d'année par les enseignants, et d'année en année également.

Mais vous ne vous êtes pas arrêtés au public scolaire?

Non. Avec l'appui des bénévoles, on a essayé de se focaliser sur les problèmes quotidiens des citoyens. Plutôt que de proposer une multitude d'actions et de disperser nos efforts, nous avons choisi de commencer au point de départ et de faire savoir à nos concitoyens qu'il est possible de bouger autrement. Il nous fallait construire une opération d'envergure qui reste marquée dans les esprits.

Nous avons donc débuté la Semaine de la mobilité par une balade à vélo, à partir de la gare de Marbehan. Outre le redécouverte de chemins et sentiers de l'entité, nous avons organisé, en fin de parcours, un ensemble de stands d'informations sur une mobilité alternative. Le succès a été très important et nous avons vraiment le sentiment d'avoir pu apporter des informations utiles et d'avoir convaincu certains de nos citoyens de bouger autrement.

 

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Ce document, imprimé le 21-05-2012, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be) et est soumis au copyright.
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