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89ème Congrès des maires de France - Les municipalistes français mobilisés en nombre

Alain Depret - Janvier 2007
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Chef du Service Information, presse et publications à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

L’Association des maires de France a accueilli, lors du 89 ème congrès des maires de France au Parc des Expositions de la Porte de Versailles de Paris, plus de 13.000 participants du mardi 21 au jeudi 23 novembre 2006. Parmi eux, près de 11.000 maires, présidents d’établissements publics de coopération intercommunale, adjoints et conseillers municipaux sont venus débattre autour du thème: "Le maire au cœur de la république: un acteur au quotidien". Cette année encore, une délégation wallonne, pilotée par l'Union des Villes et Communes de Wallonie, était présente pour deux jours d'intenses et cruciaux débats.

Mercredi 22 novembre: des maires mobilisés en grand nombre

11.166 inscrits: avec une hausse d’environ 15 %, le nombre de participants au 89 ème Congrès de l’AMF a atteint, en cette fin d'année 2006, un niveau record. Des congressistes en nombre record sont donc venus écouter le message du chef de l’État aux maires et exprimer leurs préoccupations et leurs revendications à la veille d’une échéance électorale majeure.Traditionnellement, ce sont les congrès précédant les élections municipales qui sont les plus fréquentés. L’affluence constatée cette année pourrait signifier que de nombreux maires craignent de n’avoir pas l’occasion de revenir en 2008, du fait de la probabilité de voir les élections avancées.

L’approche des élections présidentielles et législatives donne une actualité toute particulière à ce Congrès, qui sera pour l’ensemble des maires l’occasion de faire entendre leurs préoccupations et leurs revendications. Cette année, le congrès fut le rendez-vous obligé des candidats à l’Élysée.

S’ajoute à cela la place de plus en plus centrale du maire dans les politiques publiques, qu’elles concernent l’action en matière de prévention de la délinquance, l’application sur le terrain du principe de laïcité, la préservation au quotidien de la cohésion sociale. Bref, le maire est bel et bien "au cœur de la République", comme le rappelle le thème du 89 ème Congrès.

"Nous nous réunissons pour tenter de nous épauler, de vivre ensemble dans la République", a déclaré Bertrand Delanoë aux maires présents. "Au-delà de nos différences politiques, nous avons la passion de la France, la passion de la démocratie et, c’est au nom de cette passion, que les consensus sont très forts entre nous", a poursuivi le maire de Paris. Et de citer les consensus existants sur "la force des services publics sur les territoires" et sur celui du nécessaire "respect de l’autonomie fiscale des communes et communautés". "Nous voulons tous ensemble que les rendez-vous démocratiques fixés pour les municipales soient respectés", a-t-il également déclaré, applaudi par la salle. Avant de demander à "cette

République de proclamer que les maires, de droite et de gauche, appréciés dans leur commune, sont une richesse de la France".

Jacques Chirac: "Faire partager les principes de la République"

Lors de la séance solennelle d’ouverture, Jacques Pélissard, Président de l'AMF, a dressé un bilan des acquis récents de l’AMF. Il a ensuite tracé des perspectives d’action pour l’avenir: "En ce début du XXIe siècle, nous avons à relever deux défis majeurs: celui de la cohésion sociale, celui de la protection de notre environnement". Sur le premier sujet, il a affirmé que "le maire est le seul à même de conduire et de fédérer les politiques de cohésion sociale". Pour lui, la cohésion sociale c’est aussi la démocratie participative, largement pratiquée par les maires - "Il n’est pas besoin pour cela de jurys populaires."C’est aussi "l’ouverture aux autres", avec la présentation de candidats de la diversité aux dernières élections municipales. C’est enfin la laïcité, un principe qui "ne se négocie pas".

Concernant la protection de l’environnement, Jacques Pélissard a rappelé l’action des maires pour les transports alternatifs, la valorisation des déchets, la protection de la ressource en eau, les énergies renouvelables... Enfin, affirmant que "les maires sont les fantassins du développement durable", il propose que "dans dix ans plus un litre de fuel ne soit consommé pour le chauffage des bâtiments municipaux"et que les maires développent "une pédagogie passionnée du développement durable" vers leurs concitoyens.

Mais, la journée a surtout été marquée par le discours de Jacques Chirac. Le Président de la République s'est adressé aux maires dans un auditorium plein à craquer. Il a rappelé qu'ancien élu local, il connaissait bien les responsabilités des maires, et le fait qu'elles soient "souvent assumées dans la solitude". Rendant hommage au travail des maires, le président a rappelé que "la commune est le lieu essentiel où s'exerce la démocratie", et que les maires prennent "des décisions qui façonnent l'avenir". Le discours de Jacques Chirac a donné une large place aux notions de citoyenneté et de laïcité dans un esprit de lutte contre la montée des communautarismes.

Enfin, sur la question des finances, Jacques Chirac a souhaité que "soient levées au maximum les contraintes qui pèsent sur les maires", et qu'il leur soit donné "les moyens d'agir". Il a rappelé que le contrat de croissance serait augmenté de "plus de540 millions d'euros" en 2007. Il a annoncé que, désormais, les négociations sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires se mèneraient "en liaison avec les représentants des collectivités". Et de conclure: "Tout l'enjeu des années qui s'ouvrent devant nous, c'est de faire vivre l'identité et l'ambition de la France. C'est de faire vivre l'esprit d'unité et de rassemblement".

Jeudi 23 novembre: plus de cohérence pour plus de cohésion sociale

"Vaste débat que celui de la cohésion sociale", a soufflé Maud Tallet, Présidente de la Commission cohésion sociale de l’AMF en amorce du débat qui a rempli l’auditorium le deuxième jour. Les interventions en tribune n’ont pu que rappeler une évidence: si la commune est le premier maillon de l’expression des détresses sociales, le maire ne peut, à lui seul, trouver des solutions pour favoriser l’inclusion ou lutter contre les exclusions.

Autre postulat largement étayé par les témoignages de maires se succédant au micro: les situations d’exclusion recouvrent des causes et se manifestent de manière très diverses. Cette complexité a été prise en compte par les grandes lois sociales des dix dernières années, a relevé Bernard Seillier, Président du Conseil national de lutte contre les exclusions. Celles-ci ayant traduit la nécessité d’une prise en compte et en charge globale des personnes en difficulté.

Logement, emploi, droits sociaux, accès à la culture: toutes ces dimensions concourent à l’insertion ou, à défaut, peuvent faire basculer vers l’exclusion. Dernier constat partagé: la précarité et la pauvreté évoluent et touchent aussi des catégories plus larges ou, tout au moins, jusqu’alors peu touchées.

Dès lors, comment intervenir, compte tenu des compétences entre les différents échelons et les acteurs impliqués, de l’État à la commune en passant par les associations? Le débat n’a pas permis de trouver la solution, mais de mettre en exergue des pistes ou des principes. Bernard Seillier a ainsi appelé à un "changement de regard"sur les exclus, moins stigmatisant, et au renfort de tous les moyens (économiques, sociaux, mais aussi culturels et sportifs) pour repousser les exclusions.

Face à la rigidité de certains dispositifs, les maires ont revendiqué plus de souplesse. «Faisons confiance à l’intelligence des territoires pour construire des réponses appropriées", a résumé Jean- Claude Daniel, Maire de Chaumont. Une révolution peut être en marche avec l’expérimentation du revenu de solidarité active en cours dans certains départements… Une autre espérée avec les nouveaux contrats urbains de cohésion sociale, évoqués par Catherine Vautrin, Ministre délégué à la Cohésion sociale et à la Parité. Même si, comme l’ont souligné plusieurs élus, l’exclusion n’est spécifique ni à l’urbain ni au rural.

 
Ce document, imprimé le 09-02-2012, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be) et est soumis au copyright.
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