Plan stratégique 2012

Alain Depret - Juin 2008
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L'auteur

Alain Depret Alain Depret

Chef du Service Information, presse et publications à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

L’Union des Villes et Communes de Wallonie vient d’adopter son Plan stratégique à l’horizon 2012. Elle se dote ainsi aujourd’hui d’un outil destiné à améliorer plus encore le service rendu aux membres. Louise-Marie Bataille, Secrétaire générale, nous en dit plus…

M.C.: L’idée de doter l’Union des Villes et Communes de Wallonie d’un plan stratégique est-elle la résultante de l’arrivée de Paul Furlan à la présidence?

Louise-Marie Bataille: L’idée vient certainement de l’arrivée du nouveau Président et du nouveau Conseil d’administration après les élections communales de 2006. Paul Furlan a, en effet, tenu à ce que l’on développe un plan stratégique pour cette législature. Mais ce plan ne part pas de rien puisqu’en 2002 déjà, nous avions entamé une démarche qualité, une démarche d’amélioration continue avec toute l’équipe. Déjà à ce moment, il était indiqué qu’il serait intéressant d’inscrire nos actions dans un cadre stratégique.

Vous pouvez nous expliquer rapidement comment cette démarche qualité s’était concrétisée?

Nous avions alors mis sur pied différents groupes de travail. On a essayé que la démarche soit la plus participative possible. Cela a notamment abouti à la rédaction d’une charte d’excellence qui contient les valeurs qui sont les nôtres aujourd’hui. Ces valeurs sont à la fois orientées sur notre fonctionnement interne (compétence, objectivité, entraide et respect) et vers nos membres (autonomie, indépendance, pluralisme). Il faut reconnaître cependant que sans accompagnement externe, la démarche risquait d’être ralentie. En 2005, elle a donc été reprise. De plus, en 2006, nous avons mené une enquête auprès de nos membres. Celle-ci a constamment guidé nos pas depuis.

Cette enquête fut riche en enseignements?

Pour toujours mieux servir ses membres, le ‘Plan stratégique horizon 2012’ de l’Union des Villes et Communes de Wallonie

L’Union des Villes et Communes de Wallonie a adopté un plan stratégique en 7 grands points. Le voici en quelques lignes. Celui-ci sera évalué et ajusté chaque année.

Axe 1: Etre le représentant incontournable et écouté du monde municipal

Objectif stratégique 1

Etre une force d’action et de proposition qui fait référence, pour davantage influencer la législation et la décision:
- en accroissant notre autorité vis-à-vis du politique: consolider notre expertise, avoir des positions claires qui ont de l'impact;
- en étant une force indépendante de persuasion, de proposition et, quand il le faut, d'opposition;
- en étant pluraliste et représentatif de toutes les catégories de communes: bien connaître la diversité de leurs besoins;
- en influençant la législation et la décision:
. pour assurer un financement adéquat et durable des pouvoirs locaux;
. et pour renforcer leurs capacités de gestion et leur action de proximité.

Objectif stratégique 2

Assurer une meilleure visibilité de notre action par la communication:
- en définissant et mettant en œuvre une stratégie communication cohérente qui renforce le message et l'image de l'Union auprès des politiques, des médias et du grand public.

Objectif stratégique 3

Valoriser l'image de la démocratie locale auprès du grand public:
- en améliorant la connaissance qu’ont les citoyens du rôle, des missions et des contraintes des communes afin d'améliorer la participation citoyenne.

 

Axe 2: Soutenir une gestion dynamique et efficace de l'action locale

Objectif stratégique 4

Améliorer l'expertise des pouvoirs locaux:
- en développant des réseaux thématiques d'échanges d'informations et de connaissances;
- en mettant à disposition des modèles, des 'bonnes pratiques', etc.;
- en mettant à disposition des informations et publications accessibles.

Objectif stratégique 5

Renforcer les capacités de gestion des décideurs locaux et assurer la modernisation des communes:
- en développant la formation des élus et des cadres dirigeants;
- en promouvant la gouvernance et la gestion efficience et efficace des entités locales afin que les décideurs locaux, par une professionnalisation en interne ou en synergie:
. maîtrisent le développement stratégique de leur territoire, en ce compris la gestion de projets, les processus de communication et de participation citoyenne y associés;
. pilotent leur commune à l’aide d’outils de gestion, d’audit et d’évaluation performants, en ce compris les outils informatiques d’e-gouvernement;
. procèdent à l’amélioration continue de la gestion de leurs ressources humaines, en favorisant la délégation et la responsabilité et en pratiquant une gestion motivante des compétences.

Objectif stratégique 6

Promouvoir la démocratie locale au-delà des frontières:
- en augmentant l'implication des communes dans les programmes européens et de coopération internationale.

Objectif stratégique 7

Renforcer l'efficacité de l'Union en tant qu'organisation au service de ses membres:
- en poursuivant l'amélioration continue de la gouvernance et du management.

L’enquête posait, notamment, des questions quant à la visibilité de notre action. Le savoir-faire de l’Union y était unanimement et généralement reconnu, mais il y est apparu que nous devions davantage travailler sur le faire-savoir. Cela concernait le travail de toute l’équipe: il fallait mieux valoriser et faire connaître l’ensemble de nos actions. L’enquête posait également quelques questions concernant le contact avec nos membres. Nous avons senti que nous devions travailler sur la systématisation et la formalisation de ces contacts. Par exemple, il nous a semblé important, désormais, de créer une rencontre politique deux fois par an entre l’Union et les bourgmestres. Mais aussi, à travers les formations destinées aux mandataires, nous devions continuer constamment à vulgariser l’information. A l’Union, nous sommes des experts de très haut niveau et nous devons donc rester attentifs, tout en continuant notre travail fouillé, à garder une information accessible et de première ligne pour les élus.

Le plan stratégique ne fait donc que confirmer ce que vous aviez déjà largement planifié…

En effet, finalement, les actions qui sont aujourd’hui inscrites dans ce plan stratégique avaient déjà été pensées par le staff bien avant. Mais le plan stratégique a tout de même sa raison d’être. Il hiérarchise les priorités, il organise le travail autour d’objectifs clairs.

Cela veut dire que c’est tout le management de l’équipe qui suivra ensuite la marche?

C’est, en effet, également tout l’aspect participatif que nous avons voulu développer à travers la mise en œuvre de ce plan stratégique. Quand les objectifs ont été arrêtés, nous les avons envoyés pour analyse dans les services. A partir des prochaines évaluations, nous pourrons donc mieux affiner les objectifs de chacun. Depuis plusieurs années, nous avons ainsi, à l’Union, une politique des ressources humaines orientée sur le développement des compétences et des profils de chacun. Nous allons donc renforcer le lien entre les objectifs particuliers et les objectifs stratégiques de l’Union.

Venons-en donc au plan stratégique lui-même. Quelles en sont les grandes lignes de conduite?

Deux axes principaux traversent le plan stratégique. L’un concerne le lobbying, le travail vers les autorités fédérale et régionale; l’autre concerne les actions orientées vers le support à nos membres. Dans les deux cas, il s’agit d’actions externes dont nous devons tirer des objectifs internes.

Cela veut-il dire que vous êtes, plus que jamais, attentifs quant à l’aspect syndical de votre travail?

Notre enjeu principal est d’être toujours davantage le représentant incontournable et écouté du monde local, bien évidemment. Notre objectif n° 1 est donc d’être une force d’action et de proposition qui fait référence pour davantage influencer la législation. Cependant, travailler sur le lobbying ne peut pas être notre seule démarche, car je sais que, pour les pouvoirs locaux, l’aspect support, appui, assistance conseil, information et formation sont très importants. Notre équipe est d’ailleurs hautement reconnue en ce qui concerne le service qui est rendu aux membres.

Etre le représentant incontournable des communes, cela sous-entend que vous défendez la démocratie dans ce qu’elle a de plus essentiel…

Dans notre action de lobbying, nous essayons aujourd’hui de mieux faire comprendre que défendre la commune, c’est aussi défendre le citoyen. Le local, c’est la structure politique qui offre le plus grand nombre de services publics dans le pays. C’est donc la qualité du service rendu au citoyen que nous défendons à l’Union, au jour le jour. Et nous constatons de plus en plus que cela devient une priorité dans les communes.

D’où la nécessité, également, de mieux se faire connaître du grand public…

C’est un objectif important, certes, mais qui nous paraît finalement indirect. Parce que si l’Union veut s’adresser au grand public, c’est surtout pour que le citoyen connaisse mieux sa commune, ses moyens d’action et ses limites. Ce n’est pas tellement pour mieux faire connaître le travail de l’Union. C’est très orienté vers la connaissance qu’ont les citoyens du rôle et des contraintes de la commune. Surtout pour les plus jeunes, pour qu’ils deviennent acteurs conscients de la démocratie locale, pour que chacun comprenne que les intérêts particuliers doivent être conciliés avec un intérêt commun.

Cela passe-t-il également par la promotion de la commune elle-même?

Notre souci permanent est, en effet, de rendre la commune attractive, de la moderniser au mieux. Ainsi, en matière d’amélioration de la qualité, nous sommes face à un grand défi pour les années à venir. Pour nous, il faut absolument continuer à attirer les talents dans la fonction publique locale.

L’accent a également été mis sur l’international dans ce plan stratégique. Je me trompe?

Nous avons, en effet, modifié nos statuts début des années 2000 pour affirmer que la défense de l’autonomie locale se faisait également au-delà des frontières. C’est un devoir éthique et de solidarité. La coopération internationale n’est pas seulement le fait des ONG, mais aussi celui des communes, par la coopération institutionnelle locale, par le renforcement de la démocratie locale dans le Sud. A travers le monde, on remarque aujourd’hui que la gestion décentralisée est devenu le mot d’ordre. Les villes ont un rôle primordial à jouer sur la scène politique internationale. Et l’Union se devait d’épauler les communes dans leurs projets de coopération au développement.

Et comme l’histoire finit toujours par réserver son lot de surprises, vous venez également d’accueillir les sociétés de logement parmi vos membres…

Ce n’était pas programmé, mais c’est un magnifique défi à relever. Voyant l’efficacité du travail de l’Union, les sociétés de logement nous ont demandé de devenir membres adhérents. Ce que le Bureau a tout de suite accepté. Nous avons deux missions claires dans ce cadre: rapprocher les SLSP des élus locaux, et leur rendre, à elles aussi, un service d’appui et d’assistance conseil. Nous allons recruter deux conseillers supplémentaires pour créer une nouvelle cellule à l’Union. Les évolutions législatives récentes nous avaient, de toute façon, déjà obligés à prendre les devants pour relever les défis du logement. Mais, ici, nous entendons bien contribuer au futur du secteur en Wallonie car nous estimons que le logement est essentiel à la cohésion sociale et au bien-vivre ensemble dans la commune.

 
Ce document, imprimé le 09-02-2012, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be) et est soumis au copyright.
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