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Etat de la biodiversité dans le monde et en Wallonie

Depuis 1992 et la signature de la Convention sur la diversité biologique à Rio, beaucoup de rapports montrent que de très nombreuses espèces disparaissent et que le processus s’accélère, assimilant la situation actuelle à la sixième grande extinction qui s’est produit sur Terre depuis l’origine de la vie et cela, à un rythme qui n’a jamais été égalé auparavant. Les chiffres varient fort d’une analyse à l’autre, mais en moyenne on estime qu’un cinquième à un quart des espèces vivantes pourraient disparaître d’ici 2050 avec des conséquences non-négligeables pour l’ensemble des écosystèmes. Certains estiment ainsi que la vitesse d’extinction est plus rapide que la vitesse d’identification et de description des espèces.

L'état de la biodiversité en Wallonie est de plus en plus inquiétant. Les bilans réalisés récemment sur différents groupes biologiques montrent que plus de 40% des espèces sont menacées dont 25% sont en danger critique ou éteintes (Rapport sur l’Etat de l’Environnement wallon 2006). Depuis les bilans précédents, la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire, même si certaines espèces particulières ont bénéficié de l’arrêt de leur destruction grâce à de meilleures pratiques (fin de l’utilisation de pesticides à base d’organochlorés pour les rapaces, vieillissement des forêts feuillues pour la cigogne noire, disparition des taillis au profit de forêts plus âgées pour certaines espèces de pics). Ces quelques améliorations particulières ne compensent pas l’érosion globale de la biodiversité en Wallonie.

La problématique des espèces invasives
Depuis plusieurs années, certaines espèces exotiques comme la Renouée du Japon, la Balsamine de l’Hilmalaya, la Berce du Causase, … se sont installées sur le territoire wallon avec plus ou moins de succès. Si leur impact sur la biodiversité est parfois négligeable, certaines espèces peuvent poser des problèmes graves si elles s’étendent. C’est notamment le cas de plusieurs espèces aquatiques qui peuvent détruire l’équilibre des étangs ou de rivières. Leur contrôle rapide est indispensable tant que les populations sont limitées.
D’autres espèces profitent des changements des conditions climatiques pour s’installer et se développer. Sans être un gain réel de biodiversité qui compense des pertes due à l’activité humaine, elles doivent aussi être surveillées attentivement pour mesurer leur impact sur les écosystèmes naturels ou semi-naturels.

Les principales causes de cette évolution sont bien connues : la destruction continue des habitats naturels et semi-naturels qui conduit à leur isolement et à leur fragmentation, avec en particulier l’intensification agricole et l’eutrophisation qui lui est liée.

Occupation du sol

Estimation de la qualité biologique potentielle du territoire en trois classes basées sur l’occupation du sol allant des zones urbaines et cultures  (mauvaise qualité potentielle) aux forêts feuillues et aux friches (terrains militaires, réserves naturelles, zones abandonnées, … de bonne qualité potentielle)

L'origine de ces problèmes est évidente. Avec en moyenne 2 Wallons à l'hectare (0,6/ha pour la province de Luxembourg à plus de 3/ha pour le Hainaut et le Brabant wallon), la densité des activités humaines y est telle qu'il existe très peu d'espace disponible pour la nature.

Avec plus de 95 % du territoire exploité de manière très intense (urbanisation, agriculture, sylviculture, un réseau de routes inégalé en Europe (> 40 m/ha), ...), il reste aussi peu de place à la nature dans les zones exploitées. La figure ci-dessus montre une estimation grossière de la qualité biologique potentielle en fonction de l’occupation du sol qui montre bien l’intensité des activités au nord du Sillon Sambre-et-Meuse. Elle montre aussi qu’au sud, l’Ardenne n’est pas nécessairement une zone potentiellement riche et diversifiée vu la dominance des plantations de résineux et de prairies utilisées de manière plus ou moins intensive.

Depuis peu, moins d’1 % de la surface (10.000 ha) de la Wallonie bénéficie de protection efficace à travers des statuts de protection définis par la loi de la conservation de la nature (réserves naturelles domaniales et agréées et statuts assimilés). Or, cette politique de protection de sites devrait être développée pour atteindre les niveaux de celles qui existent dans les pays et régions voisines (de l’ordre de 2 à 3 %) pour garantir le maintien de certaines populations, espèces ou écosystèmes rares et menacés.

En complément à la loi sur la conservation de la nature, de nombreuses opportunités réglementaires existent, comme par exemple les zones naturelles au Plan de secteur, mais les surfaces réservées sont trop faibles, mal réparties et l’application des contraintes résultant de ces règlements est loin d’être efficace. Par ailleurs, les réglementations qui visent à contrôler l’intensification des activités, comme la protection des bords de cours d’eau, devraient être renforcées pour rendre cohérentes les activités de production avec les potentialités du milieu   et éviter des problèmes en dehors des zones où elles s’appliquent. Quant aux statuts de protection des espèces, bien que mentionnant explicitement l'interdiction de détruire volontairement les habitats ou les refuges des espèces protégées, ils sont en pratique loin d'être appliqués. Les différents règlements ou statuts de protection actuels ne permettent pas de garantir la pérennité de la biodiversité.

Par le Département de l’Etude du Milieu Naturel et Agricole (DEMNA)

 
Ce document, imprimé le 17-12-2018, provient du site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie (www.uvcw.be).
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