Cadre financier pluriannuel européen 2028-2034: l'UVCW interpelle le Premier Ministre et le Ministre-Président wallon pour défendre les intérêts des villes et communes
À l'heure où les négociations sur le futur cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 entrent dans leur phase décisive, l'Union des Villes et Communes de Wallonie a adressé, le 1er juillet 2026, deux courriers distincts au Premier Ministre Bart De Wever et au Ministre-Président wallon Adrien Dolimont. Ces courriers, qui font suite à la position commune portée conjointement par l'UVCW, la VVSG et Brulocalis en février 2026, formulent des demandes précises et urgentes pour préserver les intérêts des pouvoirs locaux wallons dans la réforme structurelle que propose la Commission européenne.
Une réforme aux enjeux considérables pour les communes wallonnes
La proposition de la Commission européenne du 16 juillet 2025 fusionne l'ensemble des fonds en gestion partagée — FEDER, FSE+, Fonds de cohésion, FEADER — au sein d'un fonds unique mis en œuvre via des Plans de partenariat nationaux et régionaux (PPNR). Cette architecture inédite soulève des inquiétudes majeures pour la Wallonie. Dans le scénario le plus optimiste, la perte potentielle sur l'enveloppe cohésion et agriculture est estimée à 500 millions d'euros par rapport à la programmation actuelle, avant même l'ouverture des négociations formelles. Pour les seules deux dernières programmations, le FEDER aura contribué à la création de 15 000 emplois, au soutien de 25 000 entreprises et à la réalisation de projets structurants dans des villes de toute taille qui n'auraient pu voir le jour sans ce mécanisme de cofinancement.
Préserver l'architecture institutionnelle belge
Dans son courrier à Bart De Wever, l'UVCW formule trois demandes fondamentales. Elle demande d'abord que le Gouvernement fédéral identifie clairement, en amont de toute répartition intra-belge, les crédits du PPNR relevant de ses compétences propres — défense, migration, affaires intérieures — afin que l'enveloppe disponible pour les compétences régionales (cohésion, agriculture, emploi, formation) soit déterminée avant toute négociation interne. En droit belge, ces matières relèvent en effet des Régions en vertu de la loi spéciale du 8 août 1980, et ne peuvent faire l'objet d'arbitrages fédéraux.
L'UVCW insiste également sur la nécessité d'encadrer la réserve de flexibilité de 25 % de l'allocation nationale.
Enfin, l'UVCW appelle le Gouvernement fédéral à défendre activement, dans les négociations au Conseil, un renforcement du pilier 1 en gestion partagée. La montée en puissance du pilier 2 à gestion directe (+132 % pour le pilier Compétitivité, Prospérité et Sécurité) accroît structurellement l'inaccessibilité des programmes européens pour les petites et moyennes communes, qui ne disposent ni des capacités administratives ni du cofinancement propre requis par les appels à projets compétitifs.
Sécuriser le FEDER wallon et préparer l'avenir
Dans son courrier au Ministre-Président wallon, l'UVCW détaille les trois mécanismes structurels qui menacent l'enveloppe cohésion wallonne : la disparition de toute ligne budgétaire cohésion identifiable et protégée dans le fonds unique, la réduction de la sanctuarisation géographique aux seules régions « moins développées » qui pénalise les provinces wallonnes en transition (Hainaut, Liège, Namur), et les effets d'une clé de cofinancement modifiée sur le volume de projets réalisables.
L'Union demande à la Wallonie de plaider avec fermeté pour être reconnue comme Autorité de Gestion de son propre chapitre territorial, d'exiger que les crédits fédéraux soient strictement limités aux montants sanctuarisés par la Commission, et de maintenir la clé de cofinancement actuelle (50 % Région / 40 % UE / 10 % communes) qui constitue le gage de l'effet de levier optimal. Elle demande également que les villes et communes soient formellement intégrées comme partenaires dans l'élaboration et le suivi des chapitres régionaux.
L'UVCW attire par ailleurs l'attention du Ministre-Président sur la nécessité de préparer dès maintenant les communes wallonnes à la montée en puissance des programmes à attribution directe. Pour ce faire, l’UVCW demande au Ministre-Président de la soutenir dans sa démarche d’accompagnement envers les villes et communes wallonnes. Le renforcement de leur participation aux programmes européens doit pouvoir, dès maintenant, prendre appui sur une collaboration structurée entre la Wallonie et l’UVCW.
Voir aussi : https://www.uvcw.be/international/actus/art-9956
Finances et fiscalité : Elodie Bavay - Aurélie Lepère - Mathieu Lambert - Katlyn Van Overmeire


