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Crise du scolyte: l’UVCW decrète l’état d’urgence

Mis en ligne le 28 Janvier 2020

Suite à son interpellation de novembre 2019 auprès de Pierre-Yves Dermagne, Ministre du Logement, des Pouvoirs locaux et de la Ville, afin de lui faire part de sa grande inquiétude face aux impacts financiers de la crise du scolyte sur les budgets communaux, l’Union des Villes et Communes de Wallonie a, à nouveau, alerté le Ministre.

Les chiffres de l’impact de cette crise sont maintenant connus pour les communes et CPAS wallons. Ils s’élèvent à plus de 38 millions d’euros répartis sur une bonne partie de la Wallonie puisque tant l’est que le sud du pays sont principalement touchés.

Ces 38 millions d’euros sont issus de l’effet de deux phénomènes conjoints. D’une part, de par l’abondance de bois d’épicéa, les prix de celui-ci ont chuté, entraînant des ventes liées à l’exploitation sanitaire rapportant moins qu’escompté. D’autre part, les arbres scolytés ne sont pas nécessairement des arbres arrivés à pleine maturité, induisant des prix moindres également. Il s’agit donc bien là d’une perte directe et irrécupérable, l’exploitation des arbres concernés étant terminée.

L’UVCW tenait donc, alors que le Ministre devrait proposer prochainement au Gouvernement des solutions pour les pouvoirs locaux concernés, à souligner que le prêt à taux zéro ne constitue pas une solution durable pour les communes et CPAS concernés. En effet, l’exploitation forestière pour les parcelles concernées étant terminée, aucune recette future ne permettra le remboursement d’un tel emprunt.

Si 2019 a vu certains budgets amputés de 60% de leurs recettes à cause de la crise, nécessitant en urgence une solution de trésorerie, force est de constater que c’est une solution pérenne, soldant la crise (qui se poursuit) que les communes attendent de la part de la Région.

Les pertes de recettes sont, à l’heure actuelle, telles, que certaines missions communales ne pourront plus être poursuivies à l’avenir. Il revient à l’UVCW que certaines communes envisagent des coupes budgétaires drastiques et des suppressions de postes dans leur administration afin d’essayer d’équilibrer leur budget. Dans la mesure où il s’agit d’une crise sanitaire dont les communes ne sont en aucune façon responsables, il semble qu’une aide exceptionnelle devrait être assurée, sous forme d’indemnisation, pour permettre la pérennité des missions de service public concernées.

A cette perte financière due à la moins-value lors des ventes, il convient de souligner que les communes devront pouvoir être aidées pour assurer la replantation des milliers d’arbres touchés une fois la crise passée. Une intervention régionale doit pouvoir s’organiser rapidement afin d’assurer que cette crise sanitaire n’impacte pas l’ensemble de la filière bois durant plusieurs décennies.

C’est donc la reconnaissance de l’état d’urgence dans lequel se trouve la forêt que l’UVCW demande aujourd’hui au Gouvernement pour les communes et les CPAS touchés par la crise.

L'auteur

Christel Termol

Conseiller à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l'Université de Liège en Sciences zoologiques et en Sciences de l'environnement, elle exerce la fonction de conseillère expert au sein du Département Développement territorial de l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont la nature, le zéro-phyto, la forêt et la chasse.

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Date de mise en ligne

28 Janvier 2020

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