Saturation des réseaux électriques en Région wallonne : l’UVCW s'inquiète et questionne le Fédéral
L’Union des Villes et Communes vient de questionner Mathieu Bihet, Ministre de l’Energie, concernant la saturation des réseaux électriques en Wallonie. L’Union des Villes et Communes de Wallonie s’inquiète en effet fortement de la situation et demande à l’Etat fédéral, en bonne coordination avec la Région wallonne et les différents acteurs, d’identifier, séquencer, sélectionner et prioriser toutes les mesures à mettre en œuvre dès à présent pour garantir une capacité électrique a minima « acceptable » aux porteurs de projets, dans l’attente des futures politiques stratégiques d’investissement à initier, notamment par Elia, pour répondre aux enjeux énergétiques.
L’attention doit certes être portée sur les parcs d’activités économique et l’accès des entreprises à la puissance électrique, mais elle doit l’être tout autant à l’ensemble des projets qui permettent de répondre aux besoins sociaux et économiques des différents territoires en Wallonie en tenant compte de leurs particularités et besoins (création de logements, infrastructures hospitalières, centres de formation, activités de services, commerciales, touristiques ou récréatives, etc.).
L’UVCW demande également qu’une réflexion soit menée en matière de priorisation des usages afin que des besoins essentiels puissent être rencontrés prioritairement. Le principe du « premier arrivé, premier servi » n’est plus acceptable lorsqu’une ressource (en l’occurrence l’accès à la puissance) est devenue rare. Il revient à l’UVCW, en outre, que certains pays limitrophes ont pris des dispositions afin de prioriser les usages. L’UVCW demande à être associée à cette réflexion.
Il semble enfin qu’un cadastre des zones et des points problématiques doit être réalisé et tenu à jour afin d’éclairer les décisions des autorités locales pour l’octroi des demandes de permis.
Plus largement, la décarbonation de la société implique en effet une transition énergétique qui se traduit par l’électrification des usages et le déploiement des unités de production d’électricité renouvelable. La transition énergétique se matérialise en particulier au travers de plusieurs révolutions pour le secteur de l’énergie : la production décentralisée d’électricité renouvelable, le déploiement de la mobilité électrique et des infrastructures de recharge, la décarbonation du chauffage, notamment via le recours aux pompes à chaleur, l’électrification de l’industrie, en particulier pour les nouveaux bâtiments dans un premier temps et le déploiement des parcs de batteries.
Ainsi, les réseaux d’électricité sont soumis à des injections multiples, qui peuvent être massives au niveau des installations de production décentralisées, pour lesquelles ils n’ont pas été conçus et dimensionnés. De plus, les gestionnaires de réseaux font face à une multiplication des demandes de raccordement nettement plus puissant en prélèvement.
A côté de la transition énergétique, il convient également de citer la digitalisation des usages qui accroit fortement les besoins en électricité et en puissance au niveau des data centers.
La transition énergétique, mais aussi numérique, modifie et intensifie les sollicitations des réseaux de transport et de distribution d’électricité. Il en résulte que de plus en plus de zones du territoire wallon sont sujettes à la saturation des réseaux d’électricité. Ainsi, différents porteurs de projet font face à l’absence de solution pour le raccordement électrique : d’importants projets ne peuvent être mis en œuvre et plusieurs projets sont à l’arrêt pour au moins 5 ans compte tenu des délais de réalisation des investissements pour le renforcement des réseaux projetés par les gestionnaires de réseau. A titre d’exemples, les membres de l’UVCW signalent que, y compris dans les centralités, les terrains ne peuvent plus être vendus dans les parcs d’activité économique, les projets en cours (logements, hôpital, activités de services ou récréatives, centre commercial, etc.) sont à l’arrêt ou remis en cause et que les bornes de recharge ne peuvent plus être utilisées sur certains parkings, etc.
La disponibilité et l’allocation de la puissance constituent un enjeu majeur. De plus en plus de postes Elia sont aujourd’hui complètement saturés, avec pour conséquence des problèmes de raccordement de nombreux projets déjà étudiés en Wallonie : sur la majeure partie de la Province du Luxembourg, dans le namurois, dans le Hainaut, en Province de Liège, dans le Brabant wallon.
Ce manque d’accès à la puissance constitue un obstacle majeur pour le développement économique et social de la Wallonie, ainsi que pour son attractivité et sa compétitivité, notamment vis-à-vis de la France dont les réseaux ont historiquement été dimensionnés pour permettre le chauffage électrique (vu le parc important de centrales nucléaires de la France).
La limitation de l’accès à la puissance induit également un déséquilibre territorial en freinant ou stoppant les investissements dans certaines zones, y compris en matière de rénovation performante en contraignant les consommateurs à continuer à recourir aux énergies fossiles faute d’accès suffisant à l’électricité.


