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Cadastre énergétique

Mis en ligne le 20 Mars 2009

Pourquoi réaliser et tenir à jour un cadastre énergétique? Comment l’établir?

La recherche de la diminution des consommations énergétiques est un sujet qui préoccupe les gestionnaires de parc de bâtiments. De plus, lorsque des sources d’économies sont identifiées, et puisque les moyens, en particulier financiers, sont limités, se pose la question de la priorité des interventions à réaliser en vue d’engendrer les réductions de consommations les plus grandes et en conséquence, les économies financières les plus importantes, celles-ci devant permettre de dégager du budget pour réaliser d’autres investissements.

Le cadastre énergétique est précisément l’outil de gestion qui répond à ce besoin, dans la mesure où il fait apparaître le(s) bâtiment(s) qui présente(nt) le plus gros potentiel d’économies d’énergie.
Il porte uniquement sur le poste chauffage.

Le cadastre énergétique est l’inventaire de ses propres bâtiments, classés en fonction de leurs qualités énergétiques, tant du point de vue qualitatif que quantitatif, ce qui permet de déterminer les priorités d’intervention. L’aspect qualitatif vise les caractéristiques de l’enveloppe du bâtiment (isolation, …) et des installations de chauffage tandis que l’aspect quantitatif tient compte de la consommation totale pour le chauffage du bâtiment.

Pratiquement, une méthode pour l’établissement du cadastre énergétique a été mise au point par la Division Energie de l’Université de Mons-Hainaut. Celle-ci repose sur le calcul de deux indices énergétiques:
- le premier indice énergétique E est un critère estimatif de la qualité du bâtiment. Il tient compte des déperditions moyennes globales du bâtiment et du rendement global de l’installation de chauffage. Un indice élevé résulte soit d’une mauvaise isolation thermique de l’enveloppe, soit d’un manque d'étanchéité à l’air du bâtiment, soit d’une installation de chauffage défectueuse, soit d’une combinaison de ces problèmes;
- le deuxième indice Ep est un critère quantitatif d’aide à la décision; il classe les bâtiments selon le potentiel d’économies d’énergie réalisable. En effet, économiquement, il est plus rentable d’investir dans un bâtiment gros consommateur d’énergie dont le premier indice est moyen que dans un bâtiment dont le premier indice est très mauvais mais dont la consommation est faible. Un indice Ep élevé reflète un potentiel d’économies d’énergie important.

L’objectif de la méthode est bien d’établir un classement des bâtiments, de manière efficace. Certaines simplifications sont donc faites dans le calcul des indices; elles n’affectent cependant pas le classement puisqu’elles s’appliquent à tous les bâtiments considérés.

La brochure Le Cadastre énergétique des bâtiments, un outil pour définir les priorités d’intervention, disponible au téléchargement sur le site web énergie de la Région wallonne [1], explique comment calculer ces indices.

La méthode proposée tient compte du type d’affectation du bâtiment (celle-ci a une répercussion sur la consommation dans la mesure où une maison de repos, par exemple, présente un besoin de chauffage supérieur à une salle de sport) et de la zone climatique [2] dans laquelle est située le bâtiment. Les consommations de chauffage sont en outre ramenées à celles d’une année climatique standard afin de neutraliser l’effet des variations climatiques d’une année à l’autre.

Les données nécessaires à l’établissement du cadastre sont les suivantes:

  1. les consommations brutes annuelles de chauffage de 3 années consécutives au moins;
  2. le type de combustible de chauffage;
  3. les superficies simplifiées de déperditions du bâtiment, à savoir la superficie des parois extérieures verticales en contact avec l’air extérieur ainsi que la superficie au sol du bâtiment (épaisseur des murs comprise) en approximation de la superficie de toiture (les déperditions d’énergie par les planchers sont négligées);
  4. les degrés-jours observés et les degrés-jours normaux qui peuvent être obtenus auprès de l’IRM [3].

À côté de cette méthode officielle, une deuxième méthode, simplifiée, existe [4]. Elle consiste à diviser la consommation de chaque bâtiment par la surface chauffée. On obtient de la sorte des ratios de consommation par unité de surface. Ceux-ci permettent de vérifier si ses bâtiments sont dans la "norme énergétique" en comparant les ratios obtenus aux valeurs moyennes du secteur en Wallonie [5].
Comme dans la première méthode, afin d’identifier le bâtiment présentant le plus gros potentiel d’économies (c’est-à-dire dans lequel les investissements seront les plus rentables), la consommation totale du bâtiment sera prise en compte, en multipliant le ratio obtenu par cette consommation totale. Le nombre le plus élevé obtenu parmi l’ensemble des bâtiments correspond au bâtiment prioritaire pour entreprendre les interventions URE [6].

En conclusion, la réalisation du cadastre énergétique est une opération indispensable lors de la mise en place d’une politique de gestion énergétique et d’utilisation rationnelle de l’énergie, qui impose de déterminer le plus précisément possible les priorités d’action. Il constitue un préalable à l’utilisation d’autres outils de suivi et de gestion car en identifiant les urgences d’intervention, il permet de focaliser les moyens sur les bâtiments au plus gros potentiel d’économies d’énergie qui feront l’objet, en priorité, d’un audit énergétique et d’un suivi par une comptabilité énergétique.

Soulignons enfin que pour conserver ses qualités d’outil de pilotage des actions, le cadastre énergétique doit être tenu à jour.

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  1. [Remonter] http://energie.wallonie.be/xml/doc-IDC-4996-.html
  2. [Remonter] Dans le cadre de l’établissement du cadastre énergétique, les communes wallonnes sont réparties selon 4 zones climatiques, définies dans la brochure Le Cadastre énergétique des bâtiments, un outil pour définir les priorités d’intervention.
  3. [Remonter] Les données communiquées par l’IRM pour la station d’Uccle pour la période de septembre 2005 à nos jours sont également disponibles à la page web: http://energie.wallonie.be/xml/doc.html?IDD=10652
  4. [Remonter] V. à ce sujet le cd-rom Energie+, consultable en ligne sur le site web: http://energie.wallonie.be. Il présente concrètement toutes les techniques de conception et d’amélioration énergétique des bâtiments. L’article Energie+, un outil précieux pour aider les gestionnaires à économiser l’énergie dans les bâtiments, accessible sur le site web de l’Union (http://www.uvcw.be/articles/3,489,43,43,2173.htm) donne plus d’informations sur cet outil.
  5. [Remonter] Celles-ci sont disponibles sur le cd-rom Energie+. Un petit logiciel en ligne à la page http://www.icedd.be/ct/  permet également de visualiser la consommation de son bâtiment par rapport aux valeurs moyennes wallonnes, données en fonction de la destination du bâtiment.
  6. [Remonter] URE: utilisation rationnelle de l’énergie.

L'auteur

Marianne Duquesne

Conseiller expert à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Ingénieur civil architecte, titulaire d’un master complémentaire en urbanisme et aménagement du territoire au cours duquel elle a réalisé une étude sur l’éclairage public communal, Marianne Duquesne est conseiller au sein de la cellule énergie de l’UVCW depuis 2008, après avoir officié durant plusieurs années dans la formation continuée pour le secteur de la construction. Elle est l’auteur de plusieurs guides pratiques relatifs à construction durable, à la maîtrise énergétique et à la performance énergétique des bâtiments.

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Date de mise en ligne

20 Mars 2009

Type de contenu

Q/R

Matière(s)

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