Circulaire aux hôpitaux - Soutien au secteur des soins aux personnes âgées

1. Le 23 mars, la société de Gérontologie a émis une directive concernant les maisons de repos. Selon celle-ci, les occupants de centres de soins résidentiels très affaiblis et contaminés par le COVID ne devaient pas faire l'objet d'hospitalisations. Les Fédérations de CPAS bruxelloise et wallonne exprimèrent alors un ferme et définitif désaccord sur base de deux éléments fondamentaux[1]. La décision d’hospitalisation ressort de la compétence du médecin traitant et la famille doit être consultée. Si l’on peut comprendre certaines recommandations, elles ont un caractère tout à fait général et ne doivent être envisagées que cas par cas.

http://www.uvcw.be/espaces/cpas/actions/33,80,38,38,3089.htm

Les refus d’hospitalisation d’établissement non saturés furent dans la crise un des épisodes les plus sombres, juridiquement inacceptable et éthiquement honteux. Des personnes en graves détresses respiratoires sont mortes dans d’atroces conditions.

La circulaire du 29 juillet réaffirme que : « les résidents des établissements de soins aux personnes âgées, quel que soit leur âge, devraient toujours avoir accès à un transport médical urgent ou à une hospitalisation. Dans le cadre de la planification préalable des soins, les citoyens, en concertation avec leur médecin et leur entourage, peuvent bien sûr exprimer leurs souhaits, qui doivent être respectés par les acteurs du système de soins ».

2. Dans un courrier adressé à la Première Ministre du 22 juillet ainsi que dans un communiqué de presse du 27 du même mois, la Fédération des CPAS a notamment plaidé un test PCR fait par l’hôpital pour un résidant hospitalisé au moment de sa sortie et ce dans un souci de précaution et d’efficacité.

La circulaire du 29 juillet prévoit qu’ « en ce qui concerne la sortie des patients de l'hôpital, la même logique s'applique depuis toujours. Tant qu'un patient a besoin de soins hospitaliers, il reste hospitalisé. Si cela n'est plus nécessaire, le patient est libéré. S'il s'agit d'un patient qui retourne dans un établissement de soins aux personnes âgées, une concertation aura lieu entre l'hôpital et cet établissement afin de discuter d'un retour en sécurité et d'un éventuel test avant le retour. Si ce test doit être effectué, l'hôpital en est responsable. »

Si les établissements de soins aux personnes âgées sont confrontés à certains problèmes, par exemple des épidémies difficiles à contrôler, des soins de cohorte difficiles, des pénuries par exemple d'oxyconcentrateurs (pour lesquels un certain nombre de mesures de contrôle ont été adoptées par les autorités lors de la première vague et actuellement), etc., les hôpitaux sont invités à aider au mieux les institutions de soins aux personnes âgées et leurs résidents.

3. La circulaire du 29 juillet demande également aux hôpitaux de passer des accords concrets avec les MR-MRS et de les consigner de manière concise et orientée vers l'action pour le 15 août. En principe cette collaboration doit s'effectuer sans contrepartie financière pour ce qui concerne le soutien en termes de conseils et de bonne coordination. Il ne devrait donc y avoir aucun frein à ces collaborations dès lors que la MR-MRS prend l’initiative rapidement de les solliciter.

« Les formes de soutien possibles concernent les points suivants :

Fournir une expertise sur la prévention et le contrôle des infections, la planification des urgences, la gériatrie, les soins palliatifs, la pharmacie clinique, etc. ;

La mise à disposition de renforts en personnel dans les situations d'urgence, selon des modalités clairement définies et dans la mesure où cela ne met pas en danger les tâches essentielles de l'hôpital ;

Le soutien en termes de matériel et de produits ;

Le soutien dans le domaine des infrastructures ;

La collaboration en matière de réalisation de tests au sein des institutions de soins aux personnes âgées, en tenant compte des stratégies qui ont été et seront développées spécifiquement pour les institutions de soins aux personnes âgées et autres collectivités. Les dispositions de la note d'orientation initiale ont entre-temps été partiellement remplacées par les nouvelles lignes directrices. »

 


[1]     https://www.avcb-vsgb.be/fr/COVID-19-recommandation-de-non-hospitalisation-des-ra-sidants-affaiblis-et-contamina-s.-ra-action-de-la-fa-da-ration.html?news_id=6948&cmp_id=7

      http://www.uvcw.be/espaces/cpas/actions/33,80,38,38,3089.htm

L'auteur

Jean-Marc Rombeaux

Conseiller expert à la Fédération des CPAS - Union des Villes et Communes de Wallonie

Licencié et Maître en Sciences économiques, il a commencé comme chercheur à L'UCL dans les domaines de l'économie du travail et des pensions. Depuis 1993, il conseille les maisons de repos ainsi que les services d'aide aux familles et aux aînés du secteur public wallon. Il exerce également une fonction similaire au bénéfice des CPAS bruxellois. Il siège dans différents organes tant de l'Aviq que d'Iriscare.

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Date de mise en ligne

30 Juillet 2020

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