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Maison de repos - Une vaccination volontaire suffit-elle ?

Mis en ligne le 18 Décembre 2020

Un programme de vaccination contre la COVID est annoncé pour janvier. La vaccination est volontaire et commencera par les maisons de repos, tant les résidants que le personnel. L’objectif global est d’atteindre 70 % de personnes vaccinées dans la population. Dans ce contexte, une vaccination sur base volontaire en maison de repos est-elle « suffisante » ?

Les avantages de la vaccination pour la grippe saisonnière sont connus :

  • moindre ou absence de contamination et d’infection des sujets vaccinés ;
  • moindre risque de contamination de tiers ;
  • moindre sévérité des infections chez les personnes vaccinées qui sont quand même infectées.

Malgré ces avantages, le taux de vaccination contre cette grippe reste relativement bas au sein du personnel des soins de santé et en particulier celui des maisons de repos. Contre la grippe saisonnière, en l’état de notre information, la vaccination avoisine les 30 % pour le personnel de soins de santé et est de l’ordre de 70 à 80 % pour résidants.

Ces avantages devraient exister aussi pour le vaccin COVID, peut-être pas avec le même degré. En particulier, à ce jour, on ne sait pas dans quelle mesure le vaccin contre la COVID réduit le taux de contagiosité.

L’immunité collective serait atteinte avec 70 % de vaccinés. Si seuls 30 % des travailleurs se vaccinent, on n’aura pas les 70 % au niveau de la bulle des maisons de repos.

La première vague a été ignorée en maison de repos. La seconde vague y a été sous-estimée. Le désastre de la première vague et les drames de la seconde sont connus. La responsabilité politique et éthique commande de ne pas rater le rendez-vous de la vaccination. C’est d’autant plus vrai que la grippe saisonnière sévit généralement en janvier-février et qu’une troisième vague n’est pas à exclure. Selon l‘OMS, il vaut mieux expliquer les « avantages » des vaccins plutôt que de rendre obligatoire la vaccination. Mais « il peut y avoir certaines situations dans des pays dans lesquelles il y a des circonstances professionnelles pour lesquelles il serait nécessaire ou fortement recommandé de se faire vacciner ».

À cet égard, la priorité donnée aux maisons de repos dans la stratégie de testing est une bonne chose et un bon signal. Sera-t-il toutefois suffisant pour aboutir à une immunité collective au niveau de chaque maison de repos ?

La Fédération des CPAS estime crucial qu’une bonne information soit diffusée de façon pédagogique pour rechercher une adhésion la plus large possible. Il convient également que les gestionnaires des maisons de repos disposent suffisamment tôt des plannings pour s’organiser au mieux. En outre, elle considère que le personnel des CPAS doit être concerné dans la phase I.b. dans la mesure où il assure une fonction sociale essentielle.

Complémentairement, dans l’hypothèse où la vaccination en maison de repos sur base volontaire n’aboutit pas au résultat escompté (70 % de vaccination dans la « bulle » des maisons de repos), sous réserve d’éléments neufs et significatifs concernant les effets secondaires des vaccins contre la COVID, la vaccination devrait y être imposée.

Ce point de vue va être communiqué aux Ministres compétents. En effet, si l’on va en ce sens, il convient de modifier des législations, fédérales au moins, de façon anticipative.

L'auteur

Jean-Marc Rombeaux

Conseiller expert à la Fédération des CPAS - Union des Villes et Communes de Wallonie

Licencié et Maître en Sciences économiques, il a commencé comme chercheur à L'UCL dans les domaines de l'économie du travail et des pensions. Depuis 1993, il conseille les maisons de repos ainsi que les services d'aide aux familles et aux aînés du secteur public wallon. Il exerce également une fonction similaire au bénéfice des CPAS bruxellois. Il siège dans différents organes tant de l'Aviq que d'Iriscare.

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Date de mise en ligne

18 Décembre 2020

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