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Mis en ligne le 17 Octobre 2022

La chaussée à voie centrale est un aménagement très simple. Visible aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse ou encore en France, il consiste en 2 marquages discontinus longitudinaux laissant un espace libre central de +/- 3m dégageant des espaces latéraux de +/- 1m50 en bordure de chaussée, praticables par les cyclistes. Les véhicules motorisés circulent au centre, sur une seule voie, et peuvent empiéter sur les bandes latérales lorsqu'ils croisent d'autres véhicules. Le dispositif vient enfin d’entrer dans le Code de la route, permettant aux gestionnaires de voiries d’envisager de tels aménagements prochainement.

Parfois appelée « chaussée à voie centrale banalisée », ce concept a été testé en 2011 dans les communes de Walhain et Tinlot. L’évaluation encourageante[1] du dispositif incitait alors l’Administration wallonne à encourager l’introduction de la mesure dans le Code de la route. Voilà qui est chose faite : le 15 septembre 2022 est paru au Moniteur Belge l’arrêté Royal du 30 juillet 2022. Les modifications du code visées entreront en vigueur le 1er octobre 2022.

Le nouvel article 75. 3 introduit le concept de la chaussée à voie centrale au moyen de marques routières, qu’il définit comme suit : la chaussée à voie centrale (la place réservée pour les véhicules motorisés) est délimitée par deux lignes discontinues parallèles de part et d'autre de la chaussée. Les bandes latérales situées sur les côtés extérieurs de la chaussée à voie centrale peuvent être utilisées par les conducteurs de cycles (et par extension les engins de déplacement motorisés assimilés aussi cycles depuis le 15 mai 2022)[2], les cyclomoteurs de classe A, et autres speed pédélecs.

Si la définition de la chaussée à voie centrale, de la bande latérale sont ajoutées afin de clarifier et d'augmenter la lisibilité du Code de la route, notons qu’aucun nouveau panneau n’a été introduit dans le code pour identifier le dispositif.

Différents articles abordent la question des usages des bandes latérales :

  • Pour le croisement ou de dépassement : les bords fictifs de la chaussée centrale peuvent être franchis lorsque le croisement ne peut être effectué en raison de la largeur de la chaussée centrale (tout comme c'est déjà le cas pour l'accotement de plain-pied) à condition de ne pas mettre en danger les usagers de la route qui se trouvent sur les bandes latérales situées à l'extérieur des marques qui délimitent la chaussée centrale.
  • Le stationnement y est interdit. L'article 23.1,2° été modifié afin de réglementer l'arrêt sur ces bandes latérales lorsque l'accotement n'est pas suffisamment large où s'il n'est pas praticable. Lorsque la chaussée à voie centrale banalisée est aménagée (c’est-à-dire les marquages). Il va de soi qu'on ne peut pas gêner où mettre en danger les usagers qui l'utilisent. C’est précisément la raison pour laquelle une interdiction de stationner sur les bandes latérales a été instaurée.
  • Le piéton peut l’utiliser. En l'absence d'infrastructures spécifiques, c’est-à-dire dans l’ordre les trottoirs, des parties de la voie publique signalées par les panneaux D9, D10, D11 ou D13, un accotement, une bande de stationnement, les piétons sont obligés d'utiliser les bandes latérales qui se trouvent à l'extérieur de la chaussée à voie centrale. Les piétons qui y circulent sont obligés de circuler du côté gauche dans le sens de leur marche, ils ont ainsi une bonne visibilité du trafic en approche.

Source: MB 15.09.22

Source: SPW

L’expérimentation de 2011 a montré que le dispositif n’induit pas à lui seul de réduction des vitesses du trafic motorisé, qu’en conséquence il convient de l’utiliser avec parcimonie : dans le cas de faible charge de trafic motorisé, des vitesses effectives du trafic de maximum 70km/h, d’un gabarit des chaussées ni trop large ni trop étroit ainsi que de bonnes conditions de visibilité des usagers.

L’Administration wallonne publiera dans le courant du mois d’octobre 2022 une fiche explicative dans la Sécurothèque afin d’identifier avec plus de précisions le champ d’application de l’outil et les instructions relatives à leur placement en Wallonie.

Auteurs : Barbara Colfs, Consultante UVCW, et Tom De Schutter, Directeur de Département

Renseignements : adresser un courriel à mobilite@uvcw.be

 


[1] La « chaussée à voie centrale banalisée » : une réponse intéressante à la sécurité des modes doux ?, SPW, 2012, lien  voie_centrale_banalisee.pdf (wallonie.be)

[2] Le 15 mai 2022, le Gouvernement fédéral a adopté une loi modifiant l’arrêté royal du 1er décembre 1975 portant sur le règlement général de la police de circulation routière et l’usage de la Voie publique en ce qui concerne la règlementation des engins de déplacements.

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Date de mise en ligne
17 Octobre 2022

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Matière(s)

Voirie et travaux Mobilité
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