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Mis en ligne le 11 Septembre 2026

Les Centres publics d’action sociale fêtent cette année leurs cinquante ans. Un demi-siècle durant lequel ils sont devenus, commune après commune, le premier point d’appui social de Wallonie, en s’adaptant à chaque crise et à chaque réforme. La Fédération des CPAS de Wallonie entend saluer ce parcours, sans taire pour autant la question qui l’accompagne aujourd’hui : celle des moyens dont l’institution dispose pour assumer des missions toujours plus larges.

En 1976, le législateur posait un acte fondateur : reconnaître que mener une vie conforme à la dignité humaine relève d’un droit, et non d’une faveur à mériter. Cinquante ans plus tard, ce principe n’a rien perdu de sa force, mais l’institution qui le porte a changé de dimension, parce qu’elle a dû absorber, l’une après l’autre, les conséquences locales de chaque crise et de chaque réforme.

Des « Trente Glorieuses » à la désindustrialisation, de la crise financière de 2008 à celle de l’accueil en 2015, des inondations de 2021 à la crise énergétique de 2022, les CPAS ont chaque fois répondu présents, en élargissant leur offre bien au-delà de l’aide financière : repas à domicile, crèches, maisons de repos, aide familiale, insertion socioprofessionnelle, économie sociale. Cette capacité d’adaptation leur a valu de se voir confier toujours plus de missions. Elle n’a cependant pas été suivie d’un effort équivalent sur les moyens.

Une charge qui croît plus vite que les moyens

L’évolution des comptes en donne la mesure. Entre 2019 et 2026, les dépenses regroupant les différentes interventions en matière d’aide sociale en Wallonie sont passées de 1.055 à 1.996 millions d’euros, soit une hausse de 89,2 % qui reste de 61,2 % une fois l’inflation neutralisée, tandis que le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration progressait, lui, de 12,8 %, passant de 71.331 à 80.480. C’est l’écart entre ces deux courbes qui mérite l’attention : si la dépense croît beaucoup plus vite que le nombre de dossiers, c’est que les situations prises en charge sont devenues plus lourdes et que l’accompagnement dépasse désormais largement la seule question du revenu.

Ce constat, les équipes le formulaient déjà avant la réforme du chômage. Le cadastre des besoins en personnel réalisé auprès de 135 CPAS établissait un manque d’environ 800 équivalents temps plein, dont 281,5 assistants sociaux, simplement pour mener à bien les missions existantes. Faute d’un financement à la mesure de cette charge, ce sont les communes qui ont comblé l’écart : la dotation communale aux CPAS wallons, qui s’élevait à 398,67 millions d’euros en 2011, atteint 814 millions en 2026. Elle a donc plus que doublé en quinze ans.

Une réforme du chômage parmi tant d’autre

Les premiers chiffres, encore provisoires, indiquent que 48,7 % des personnes exclues du chômage se présentent aux CPAS wallons. Le coût net pour les CPAS belges est estimé à un milliard d’euros sur l’ensemble de la législature. L’enveloppe fédérale de compensation existe, mais ses modalités d’utilisation en verrouillent une partie : dossiers de refus, allocataires d’insertion, aides sociales complémentaires, personnes exclues après juillet 2026 et bénéficiaires ayant épuisé leur financement PIIS n’y sont pas pris en compte. Sur les 300 millions d’euros annoncés, la Fédération estime que 184 millions seulement auront été perçus fin 2026.

D’autres dossiers avancent dans la même direction et méritent d’être examinés pour ce qu’ils coûteront localement : la réforme du projet individualisé d’intégration sociale, celle de l’accueil des personnes d’origine étrangère, la révision de l’article 34, le recours envisagé à des détectives privés dans l’enquête sociale, ou encore le non-renouvellement des financements de l’aide alimentaire - alors que 233.898 personnes y recourent en Wallonie, deux fois plus qu’il y a dix ans. Quant au Fonds Gaz et Électricité, il perd près de 7 % de son budget entre 2025 et 2026, au moment précis où les prix de l’énergie repartent à la hausse.

Ce que la Fédération demande

« Cinquante ans, c'est un âge où l'on peut regarder le chemin parcouru avec une certaine fierté : à chaque crise, les CPAS se sont adaptés, et ils continueront de le faire. Mais l'engagement des équipes ne suffira pas à lui seul. Pour que le droit à une vie conforme à la dignité humaine reste une réalité concrète, il faut que les moyens accompagnent les missions que l'on confie aux CPAS. C'est le sens du dialogue que nous souhaitons poursuivre avec l'ensemble des niveaux de pouvoir. », explique, Dorothée Klein, Présidente de la Fédération des CPAS de Wallonie.

Face à ces évolutions, la Fédération des CPAS de Wallonie a formulé une série de demandes, dont plusieurs appellent une réponse rapide. La Fédération demande donc, à court terme, l'ouverture des modalités de la compensation fédérale afin que l'enveloppe soit intégralement mobilisable, la prolongation au-delà du 1er juillet de la compensation à 100 % des personnes exclues, un soutien immédiat pour les aides sociales et les frais de personnel, ainsi qu'un nouveau « Plan Oxygène » pour les communes les plus exposées. À moyen terme, elle plaide pour un renfort en personnel d'insertion, le rétablissement d'une aide à l'investissement pour les maisons de repos non marchandes, la compensation des financements perdus en aide alimentaire et un renforcement structurel du Fonds Gaz et Électricité.

Cet anniversaire est aussi et surtout l’occasion de saluer les travailleuses et travailleurs des CPAS, dont l’engagement quotidien, rarement mis en lumière, tient une part décisive de la cohésion sociale de ce pays.

Auteur Conseiller(e)(s) / personne(s) de contact
Aide sociale : Marie-Claire Thomaes-Lodefier - Virginie Sana - Ariane Michel
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Date de mise en ligne
11 Septembre 2026

Contact presse
Nicolas Bonomi

Matière(s)

Aide sociale
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