ETUDE - Bref retour sur la Covid dans les maisons de vie pour aînés - Des impacts contrastés en Wallonie et à Bruxelles (mise à jour: 05/08/2022)
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Mis en ligne le 5 Août 2022

Il est souvent question des maisons de repos. Pareil foyer a vocation de lieu de vie, avec soins ainsi qu’’attention. Parler de maisons de vie est de loin préférable. 

Il y a déjà plus de deux ans, la Covid les frappait brutalement. Dans une analyse inédite, la Fédération des CPAS compare les données de la dernière période de référence avant la Covid (1-7-2018 au 30-6-2019) avec celles de la plus récente (1-7-2020 au 30-6-2021). Les statistiques de cette dernière aident à approcher l’état actuel du secteur. Vraisemblablement, la situation de terrain a encore évolué depuis, notamment en terme de taux d’occupation.

L’analyse entend répondre partiellement à deux questions : où en est-on et que s’est-il passé sur deux ans? L’intention est d’abord historique. Maintenant que l’on a du recul et davantage de données globales, que peut-on dire et mieux comprendre ? La visée est aussi de bench-marking. Dans l’incernable et improbable monde d’après, les responsables de maison de vie sont en légitime recherche de « repères ». C’est donc un peu un « droit de suite » prospectif.

Certaines évolutions sont indépendantes de la Covid. Il en va ainsi des requalifications de lits MR en MRS qui traduisent un choix politique vers l’égalité de traitement. Il fut plus marqué en Wallonie qu’à Bruxelles.

Il y a 548 maisons de vie en Wallonie pour 133 à Bruxelles de compétence Iriscare.

Deux ans après le début de la Covid, quelles tendances en leur sein quant aux résidants et travailleurs ?

En Wallonie, 44 330 personnes y habitent. Il y en avait 2 322 à peine de plus deux ans plus tôt.

A Bruxelles, 11 323 personnes y résident. C’est 1 623 en moins qu’avant la Covid.

En deux années, dans les maisons wallonnes, le nombre des résidants réputés autonomes, les O, a chuté de 18 % (-992). La baisse est de 14 % pour les A (-1.155). Cela traduit vraisemblablement des non entrées. Il y a également un recul de 6 % (-820) pour les Cd, les résidants les plus fragiles ainsi que de 24 % (209) des D, les personnes avec un diagnostic de troubles cognitifs ; certes les moins nombreuses. Ils traduisent probablement une mortalité plus élevée pour ces deux catégories. Il y a par contre une hausse de 6 % des B (789) et dans une mesure moindre de 1 % (65) des C. En deux ans, une série de personnes sont passées de la catégorie A à B ainsi que du profil B à C. 

A Bruxelles, pour la même période, le nombre résidants a par contre reculé toutes catégories confondues. Le ressac est de 21 % pour les O (-451) et de 18 % pour les A (-391). Il est le plus fort en terme relatif pour les D (-35 %).

Dans les deux Régions, sur deux ans, la part des résidants O, les plus autonomes, a sensiblement diminué: - 1,6 %. Ils ne représentent plus que 10,4 % en Wallonie et 15,2 % à Bruxelles.

Sur deux ans, le taux d’occupation a chuté d’environ 5 % en Wallonie pour avoisiner un peu moins de 90% (88,7 %). Le recul est double à Bruxelles : -10,3 %. Seules 73,3 % des places avaient dorénavant preneurs dans la Région capitale.

Pour la même période, l’emploi global a progressé en Wallonie de 219 ETP (+ 0,9 %). La baisse du personnel infirmer a été plus que compensée par la hausse du nombre d’aides soignantes et plus encore du personnel de réactivation (+ 7,3 %). La difficulté à recruter des infirmiers a dicté de recourir à d’autres qualifications. Le différentiel de personnel de soins au-delà des normes y est resté globalement stable. Il est de 31,5 % en moyenne et de 45,5 % en maison de repos publique. Il y a 16,6 ETP de personnel par 30 résidants en moyenne et 19,3 en secteur public.

A Bruxelles, au contraire, l’emploi a fléchi toutes qualifications confondues: -170 ETP (-2,5 %).

Le secteur public fait exception avec un nombre d’ETP pratiquement stable. Dans la Région capitale, le personnel de soins en plus des normes a nettement progressé (+9,5 %) pour atteindre 48 %. En secteur public, c’est même 83 %. Il y a en moyenne 17,4 ETP par 30 résidants à Bruxelles. Ce taux est sensiblement différencié par secteur : 21,6 ETP en secteur public, 15,3 ETP en secteur commercial. Les chiffres plus élevés en secteur public à Bruxelles reflètent la volonté de maintenir l’emploi malgré la crise, « coûte que coûte », avec des aides régionales partielles.

Les différences Bruxelles-Wallonie s’expliquent en bonne partie par une sous-occupation plus marquée dans la Région capitale et une reconversion de lits MR en MRS plus conséquente au Sud du Pays. Mais aussi des choix différents des gestionnaires en termes d’emplois à Bruxelles.

Ces tendances vont-elles se perdurer à l’avenir ou s’effacer si la Covid s’estompe? Dans un contexte d’inflation, la sous occupation questionne la soutenabilité du modèle particulièrement à Bruxelles et risque d’alimenter la hausse des prix ou peser sur l’emploi. Avec un risque notamment en termes d'accessibilité pour les aînés et de frais d’aide sociale en CPAS. Par ailleurs, des aînés restent plus longtemps à domicile. On ne peut que s’en réjouir, surtout s’ils sont autonomes. Une question est de savoir où et dans quelles conditions. L’offre de logements alternatifs ou services à domicile n’a pas augmenté de façon majeure pendant et avec la Covid. Dans ces services, les difficultés de recrutement y sont aussi importantes qu’en maison de vie ou hôpital. So, what’s next ?

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Date de mise en ligne
5 Août 2022

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