En période de grande sécheresse, comme durant cet été 2026, est-ce une bonne idée de suggérer aux agriculteurs de ma commune de déchaumer les bords de champ pour prévenir les incendies ?
Le déchaumage consiste à retourner superficiellement le sol après la récolte pour détruire les résidus de culture (pailles, chaumes), limiter les adventices (mauvaises herbes) et préparer le sol pour le prochain semis.
Bien que l'initiative proposée soit louable, elle risque malheureusement d’avoir des effets contraires à ceux recherchés. En période de grande sécheresse, plusieurs facteurs physiques, chimiques et météorologiques accroissent le risque d’incendie déjà élevé. En effet, les périodes de sécheresse constituent un contexte hautement inflammable avec de nombreux facteurs aggravant le risque de départ de feu :
- Les outils utilisés frottent contre les cailloux, les résidus secs ou le sol durci, ce qui peut produire davantage d’étincelles et de poussières inflammables (résidus de paille, matière organique sèche) en plus d’abîmer le matériel coûteux de l’agriculteur.
- Les résidus de culture sont très secs. Ils s’enflamment plus facilement au contact d’une étincelle et vu le faible taux d’humidité de l’air et des végétaux, le seuil d’inflammabilité abaissé facilite encore plus la combustion.
- Les températures sont élevées avec un air chaud et sec. Les conditions sont optimales pour une propagation rapide du feu.
- Si en plus, le vent se lève, il attisera les flammes et transportera les braises avec un risque de propagation à d’autres parcelles.
Il est conseillé aux communes de privilégier la collaboration avec les agriculteurs de leur territoire au travers de la mise en place d’une commission consultative communale agricole (différente de la commission de constat des dégâts) ou son activation si elle existe déjà. Cette commission peut aider notamment à fluidifier les contacts avec les agriculteurs et permettre aux autorités de confronter leurs propositions à la réalité de terrain.
Hors crise climatique, cette commission peut également travailler à développer une meilleure communication entre les agriculteurs, les autorités communales et les citoyens. Une compréhension mutuelle doit pouvoir amener à un mieux vivre ensemble, à l’organisation d’un glanage respectueux, à l’accompagnement des agriculteurs dans une transition vers une agriculture raisonnée et des circuits courts, etc.
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