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Radioscopie 2021 des politiques d'insertion

Mis en ligne le 4 Octobre 2021

La radioscopie de l’insertion est l’occasion, tous les deux ans, de faire une pause pour observer la manière dont les choses se déroulent sur le terrain en matière d’insertion socioprofessionnelle (ISP). L’étude est une sorte de photographie des pratiques et cette année, en arrière-plan de l’image, il ne sera pas possible de faire abstraction du contexte, tant se dessine en toile de fond la crise sanitaire et ses conséquences multiples. En matière d’ISP comme dans beaucoup d’autres domaines, les impacts sont visibles et ce, même si les CPAS ont tenu bon dans la tempête. Il n’empêche : lorsque le contexte économique n’est pas favorable, ce sont les personnes les plus éloignées de l’emploi qui en font les frais, comme cela a pu être démontré dans le passé, et le rôle des CPAS et des équipes d’insertion sera d’autant plus important, au cours des années à venir, pour continuer à offrir des perspectives aux personnes, qui étaient déjà fragilisées avant la crise, et venir en aide à celles qui arriveront dans les CPAS à la suite de celle-ci.

Comme pour chaque radioscopie de l’insertion, nous rappelons les balises du travail : l’objectif de l’étude est de chiffrer les réalités de l’insertion en CPAS. Malgré le côté « réducteur » des statistiques, qui ne laissent voir qu’une infime partie de ce qu’est vraiment l’insertion, la réduisant à un ensemble de tableaux, le chiffrage est un passage obligé. Notre souhait est que la maîtrise des aspects quantitatifs des choses puisse amener un nouveau regard sur les pratiques, ouvre la porte au questionnement et permette, par les éclairages que l’étude pourra apporter, d’aider à avancer dans le travail quotidien des CPAS et des agents et services d’insertion en particulier.

L’emploi en CPAS

L’emploi en CPAS a légèrement augmenté entre 2015 et 2021, même si cette évolution est sans commune mesure avec la hausse du nombre de personnes aidées. Le personnel du CPAS n’augmente certainement pas dans les mêmes proportions que le nombre de bénéficiaires à accompagner.

Mises à l’emploi 

Focus sur l’article 60

L’article 60, § 7 est un article de la loi organique de 1976 permettant au CPAS d’offrir l’aide sociale demandée par une personne sous la forme d’un emploi, de sorte que celle-ci acquière une expérience professionnelle et/ou ouvre un droit à d’autres allocations sociales (c’est-à-dire aux indemnités de chômage).

Au 1er janvier 2021, 5 625 personnes bénéficiaient ainsi d’un contrat « article 60 », passé entre le CPAS et le bénéficiaire. Si l’on prend en compte les 12 mois de l’année 2020, ce ne sont pas moins de 10 526 personnes qui ont été employées via ce dispositif.

Le nombre de personnes sous contrat article 60 a augmenté de manière importante au fil des années. Le chiffre relatif au 1er janvier 2021 est cependant impacté par la crise sanitaire : c’est en effet la première fois, depuis 2017, que l’on constate une baisse de mises à l’emploi et le contexte de l’année qui a précédé est plus que certainement la raison de cette diminution, en raison de la paralysie de nombre de secteurs qui accueillent généralement les travailleurs sous contrat article 60 (l’Horeca, notamment, et nombre d’autres secteurs qui se sont retrouvés à l’arrêt en 2020 et 2021).

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Outre les dispositifs article 60 et 61, les CPAS ont également pu mettre des personnes à l’emploi grâce au dispositif SINE.

 

2006

2008

2010

2012

2014

2017

2019

2021

Art. 60, § 7

4 175

3 988

4 195

4 323

4 384

5 801

6 108

5 625

Art. 61

450

534

423

541

616

529

365

192

Activa + PTP

399

450

348

295

374

480

199

 

Sine

150*

150*

148

171

167

190

197

206

TOTAL

5 174 

5 122 

5 114 

5 330 

5 541 

7 000 

6869

6 023

(À noter : ce tableau ne reprend pas les personnes qui trouvent un emploi sans bénéficier d’une des aides précitées, ni le travail en ALE).

Mise aux études

Au 1er janvier 2021, 13 193 personnes suivaient des études grâce aux CPAS wallons. Ce nombre a connu une forte augmentation au cours des dernières années, mais l’évolution tend vers une stabilisation pour l’année 2021 : la croissance entre 2019 et 2021 reste de près de 7 %. La proportion que les étudiants représentent parmi les bénéficiaires du RI n’a pas évolué depuis 2019. Ils représentent toujours 17 % de la somme totale des personnes bénéficiaires du RI ou de l’ASE, au 1er janvier 2021. L’augmentation en chiffres absolus doit donc être mise en parallèle avec l’augmentation du nombre de bénéficiaires du CPAS. L’augmentation des années précédentes trouve également une explication dans la récente réforme du PIIS. Auparavant, un certain nombre de personnes étaient aux études sans que soit déclaré du RI étudiant, cela semble être moins le cas actuellement.

48 % des jeunes de moins de 25 ans en CPAS suivent des études.

La mise aux études représente un effort financier pour les CPAS mais constitue également un beau pari sur l’avenir, puisque l’on sait que le fait de faire des études est protecteur et vecteur d’emploi. En soutenant ainsi les études, les CPAS contribuent de manière importante à l’émancipation de la jeunesse touchée par la précarité. 5,7 % des personnes ayant un niveau d’étude élevé vont se retrouver au chômage, alors que 22,3 % des personnes ayant un niveau d’étude faible y seront confrontés.

Un gros tiers des personnes mises aux études par les CPAS tentent d’obtenir un diplôme de l’enseignement secondaire (35 % pour l’enseignement secondaire supérieur). Un autre tiers des étudiants du CPAS sont dans l’enseignement supérieur non universitaire et 13 % d’entre eux étudient à l’université.

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Mise en formation

Au 1er février 2021, 3 532 bénéficiaires du CPAS étaient en formation, soit 4,6 % de l’ensemble des bénéficiaires du RI.

La promotion sociale accueille plus d’un quart du public CPAS en formation, viennent ensuite les CISP (12,8 %), les formations organisées par les CPAS (9,3 %) et Forem - Formation (8,5 %).

En plus de ces formations, 144 bénéficiaires de CPAS ont acquis de l’expérience grâce à un stage PFI sur l’ensemble de l’année 2020.

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Synthèse de l’insertion dite « active »

         Insertion par la mise à l’emploi   :       6 023 personnes

         Insertion par la mise aux études :      13 193 personnes

         Insertion par la mise en formation:      3 532 personnes

         Total :                                           22 748 personnes

Au regard du public aidé par les CPAS, cela représente 31 % du public au 1er janvier 2021.

Ouvrage lié à cette thématique

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L'auteur

Marie Castaigne

Conseillère

Licenciée en sociologie, elle s'est spécialisée en analyse de données chiffrées et dans ce cadre, a travaillé plusieurs années à l'Institut national de Statistique (Statbel), sur les données relatives à la pauvreté en Belgique. Depuis 2017, elle conseille les CPAS par rapport à l'insertion professionnelle des bénéficiaires (contrats articles 60, § 7, 61, SINE, aides à l'emploi). Elle réalise également des études chiffrées pour la Fédération des CPAS.

Les articles de l'auteur

Date de mise en ligne
4 Octobre 2021

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