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Inondations - Procédures de gestion de crise et reconstruction: L’UVCW réclame des réponses globales, transversales et concertées avec les Bourgmestres

Mis en ligne le 24 Septembre 2021

Les 13,14 et 15 juillet dernier, des inondations catastrophiques se sont abattues sur la Wallonie touchant un très grand nombre de villes et communes.

Réuni le 14 septembre, le Conseil d’administration de l’UVCW a rendu un avis global sur cette catastrophe (mesures toujours urgentes et mesures pour la reconstruction et l’optimisation des procédures de crise) et deux avis spécifiques : l’un sur le projet de « circulaire relative à la constructibilité en zone inondable » et l’autre sur « les plans de gestion des risques d’inondation 2022-2027 ».

Dans son avis, l’UVCW pointe les mesures toujours urgentes (concernant le relogement des personnes sinistrées, le renfort en personnel, les procédures d’appels à projets, la réhabilitation environnementale).

L’UVCW se projette également vers l’avenir vers la reconstruction et la refonte des procédures de gestion de crise.

Dix jours plus tard, le 24.9, l’UVCW rencontrait la Conférence des Bourgmestres de l’arrondissement de Verviers, présidée par Madame Valérie Dujardin, Bourgmestre de Limbourg.

Cet échange très riche (et les échanges subséquents avec nos membres) permet à l’UVCW de s’inscrire en force de proposition nourrie directement des réalités, parfois extrêmement pénibles et dramatiques, du terrain.

Reconstruction : concertation, remise à jour des PGRI déjà obsoletes, mesures globales prises en transversalIté

S’agissant de déterminer, selon les aléas d’inondations identifiés, le destin de pans entiers du territoire, l’UVCW souligne que la réponse de la Wallonie est très attendue et se doit d’être porteuse d’espoir pour un renouveau dans la reconstruction et le développement (économique, touristique, …) des territoires sinistrés. Par ailleurs, elle ne doit pas être prise dans la précipitation émotionnelle. Il convient, notamment, d’attendre les conclusions de la Commission d’enquête parlementaire.

L’UVCW plaide avec force pour qu’une concertation soit assurée avec les gestionnaires du territoire, au premier rang desquels se situent les communes et leurs bourgmestres, singulièrement ceux des communes les plus sinistrées, afin de coconstruire une réponse réaliste, proportionnée et responsable eu égard aux risques d’inondations.

De véritables Assises assurant la co-construction des solutions doivent être organisées avec les villes et communes et leurs partenaires : intercommunales, zones de secours, zones de police, CPAS, etc. L’UVCW est au service du Gouvernement wallon pour y participer activement bien entendu, voire pour les organiser en collaboration avec la Wallonie.

Les enjeux nécessitent de disposer de constats et d’outils rigoureusement exacts et totalement mis à jour. Voilà pourquoi l’UVCW ne peut que constater l’obsolescence des Plans de gestion des risques d’inondation (PGRI). Ils doivent impérativement être remis sur le métier (cf notre avis spécifique sur les PGRI).

L’UVCW plaide pour que la Wallonie prenne des mesures globales selon une méthode de travail qui mise sur la transversalité entre les Ministres et les Administrations.

En ce qui concerne précisément le risque d’inondation, il est temps de prendre en main notre durabilité et de s’engager résolument dans la transition climatique et d’avoir une réelle réflexion sur l’ensemble des risques hydrauliques auxquels est soumis le territoire wallon (liés aux cours d’eau, aux ouvrages hydrauliques, aux ruissellements,  aux canalisations de voiries, aux égouts, etc.), sur les causes de ceux-ci (gestion et entretien coordonnés  des cours d’eau et des ouvrages, pratiques agricoles, imperméabilisation des sols, …), et sur les réponses techniques possibles pour y faire face (zones d’immersion, bassins d’orage routier, bassins de rétention des eaux pluviales, construction sur pilotis, gestion et entretien des égouts communaux transférés à la SPGE, …).

Nous insistons également pour que la non-constructibilité de certains endroits du territoire wallon se traduise au travers des plans de secteur (avec les indemnisations nécessaires), et non au travers de la (non) délivrance de permis d’urbanisme, dont la responsabilité retombe sur les communes (cf. l’avis de l’UVCW sur le projet de « circulaire relative à la constructibilité en zone inondable »).

PROCEDURES DE GESTION DE CRISE(S) : UNE NECESSAIRE REMISE A PLAT

Les procédures de gestion de crise doivent être impérativement repensées.

L’UVCW entend mener une réflexion avec les communes et les Autorités supérieures sur des sujets comme :

  • les outils d’alerte à disposition des bourgmestres (mise en place de systèmes d’appel de secours performant comme Astrid par exemple);
  • l’exigence de réponses (très) rapides et coordonnées en relation directe et permanente avec le terrain (cad les Bourgmestres) ;
  • la nécessité d’une coordination des différents acteurs (par exemple les gestionnaires d’ouvrages hydrauliques) et des différents niveaux de pouvoirs en lien direct avec le terrain, avec les Bourgmestres ;
  • la nécessité d’une information directe des Bourgmestres ;
  • le rôle du Centre fédéral de crise et des Centres provinciaux de crise  (services des Gouverneurs);
  • le rôle des services de « secours » au sens large (pompiers – dont il faut souligner l’importance des volontaires dans la gestion d’une crise- ; policiers mais aussi armée et services de la protection civile) ;
  • les procédures de gestion de crise et de secours (chaines de commandement doivent être adaptées à la nécessité de réponses rapides en lien avec le terrain ; besoin de commandements décentralisés en lien direct avec les Bourgmestres);
  • le financement et la formation du personnel amené à gérer les situations d’urgence (le « Planu », le personnel local, …).

Ces dernières années, la gestion des catastrophes s’est inscrite dans le quotidien des pouvoirs locaux et des bourgmestres (terrorisme, cyber attaques, pandémie de Covid-19, catastrophes naturelles comme les inondations, …).

Une réponse holistique doit être envisagée pour ces situations, c’est-à-dire une réponse reposant sur une vision globale et intégrée du système complexe de gestion de crise, lequel fait intervenir plusieurs acteurs, à plusieurs niveaux, selon diverses interactions et procédures.

Il est très important que le bourgmestre et la commune trouvent leur juste place dans une/des procédure(s) repensée(s). S’il participe bien entendu avec toute son expertise de proximité à la gestion de crise, le pouvoir local, et singulièrement le bourgmestre, doit être aidé lorsqu’il est en première ligne, disposer des informations nécessaires, avoir la capacité d’actions et de passer des ordres en direct aux services de secours au sens large, …

Enfin, l’UVCW rappelle la nécessité de pouvoir disposer de ressources suffisantes (en personnel formé, en matériel adapté, en capacité de déploiement rapide, …) pour réagir très vite à des situations aigues de crise pouvant engendrer morts d’hommes, dégâts matériels très importants et pour protéger des ouvrages collectifs essentiels (par exemple les cabines électriques).

Et quant aux effets, dégâts subséquents, il convient aussi de conserver des capacités locales pour les traiter au mieux et le plus rapidement possible (gestion des déchets générés, sécurisation des lieux contre les pillages, maintien d’une flotte de véhicules de chantier capables de fonctionner en autonomie, …) et de bénéficier rapidement de renfort en personnel détaché d’autres niveaux de pouvoirs.

L’Union des Villes et Communes de Wallonie est bien entendu à la disposition du Parlement, du Gouvernement et du Commissariat pour la Reconstruction pour participer activement au processus de reconstruction au sein des villes et communes sinistrées et à la réflexion générale sur la maitrise et l’amélioration des procédures de gestion de crise et de gestion du territoire dans toutes ses composantes.

L'auteur

Michèle Boverie

Secrétaire générale de l’ UVCW, Présidente du Comité de direction et du CPPT

Licenciée en Droit et pénaliste de formation, Michèle Boverie est en poste à l'UVCW depuis 1994. Elle y a exercé des fonctions d'expertise dans les matières « cadre de vie », de formation et de management. Elle a écrit plusieurs ouvrages (le PST, l’égouttage, les régies autonomes, le CWATUP révisé, la commune et le Cadre de vie, …) et de multiple articles dans le Mouvement communal. Secrétaire générale adjointe pendant 7 années, elle est actuellement Secrétaire générale depuis septembre 2018. La gouvernance (avec le PST notamment), la stratégie et le management tourné vers l’humain sont ses matières de prédilection. Elle pilote l’UVCW avec le Comité de direction et l’ensemble des collaborateurs de l’association. Elle est la secrétaire du Conseil d’Administration et du Bureau de l’UVCW et a également l'honneur de présider le CPPT de l'association. Michèle Boverie est au service de la démocratie locale et de l’ensemble des membres de l’institution dont elle partage les valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité .

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