Une maison de repos publique fait-elle sens particulièrement en CPAS ?
Aujourd’hui, les maisons de repos sont gérées par des acteurs publics, privés, commerciaux et associatifs. Une maison de repos publique fait-elle sens particulièrement en CPAS ? Le Comité directeur de la Fédération des CPAS propose un plaidoyer en ce sens.
La majorité des ainés vivent à domicile et c’est leur souhait. Une série de services d’accompagnement à domicile existent et sont à améliorer. Tous les ainés ne resteront toutefois pas dans leur habitation actuelle.
Quand un accueil dans une maison de repos est envisagé, il est souhaité par l’aîné et sa famille que le nouveau lieu de vie se trouve dans le voisinage, à proximité du logement d’origine. La maison de repos publique de CPAS est un service à la population qui rencontre une demande de proximité qui ira croissante vu l’évolution démographique. Elle contribue au libre choix dans un secteur où les opérateurs commerciaux restent très majoritaires avec une offre standardisée et des prix plus élevés.
En moyenne, les maisons de repos publiques sont significativement moins onéreuses : 54,55 euros par jour contre 66,62 fin 2024. La différence public-privé commercial est de 11,89 euros (66,44-54,55). Celle entre le public et l’associatif est de 12,31 euros (66,86-54,55). L’écart avec le secteur privé est donc de l’ordre de 12 euros, hors supplément. Avec un prix globalement plus modéré, la maison de repos publique est en moyenne financièrement plus accessible.
Si davantage de maisons de repos sont gérées par des acteurs privés, vu les prix plus élevés pratiqués en secteur privé, il y aura immanquablement un alourdissement des frais d’aides sociales à charge des CPAS. Le montant total de ces aides est aujourd’hui de l’ordre de 13 millions.
13 000 personnes travaillent dans les maisons de repos publiques. Ce n’est pas rien. C’est une contribution non négligeable au taux d’emploi en Wallonie que tout le monde espère augmenter.
Dans un monde automatisé, les maisons de repos publiques ont une haute intensité en travail. Elles proposent des fonctions non délocalisables pour des qualifications variées. Si le personnel est moins nombreux, le temps pour le relationnel sera réduit. Cela aura un effet négatif sur le bien-être des résidants, la satisfaction du personnel au travail et l’attractivité du secteur. Cette spirale serait enclenchée en cas de privatisation. C’est d’autant plus vrai que la charge de travail reste l’aspect le plus insatisfaisant en MR-S pour les infirmières. Par ailleurs, la maison de repos gérée par un CPAS aide ce dernier à remplir sa mission en insertion socio-professionnelle.
Il y a relativement moins de plaintes en secteur public. Les personnes qui entrent en maison de repos le font à un âge plus élevé. Elles arrivent avec davantage de difficultés de santé et sont plus fragiles, vulnérables. Une maison de repos est un service à la population complémentaire à ceux relevant des missions obligatoires. Elle contribue aussi à promouvoir une des valeurs fondamentales d’un CPAS : la dignité humaine.
La création d’emplois maribel social et APE est liée à un volume d’emplois. Si la maison de repos sort du giron du CPAS, le volume de l’emploi va baisser et ce centre, plus particulièrement ses services centraux, va perdre des travailleurs alors que sa charge de travail va croissante vu l’augmentation du nombre des dossiers. La dotation « hébergement » du FSAS est répartie entre les CPAS principalement au prorata du nombre total de lits de maisons de repos agréés et des lits agréés pour enfants mineurs. L’externalisation de la maison de repos implique une perte de recette pour le CPAS au niveau du FSAS. Dans la mesure où l’externalisation d’une MRS va s’accompagner d’une diminution du nombre d’agents nommés, elle implique mécaniquement une hausse de la cotisation de responsabilisation et donc des charges du CPAS.
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