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Le lac de Bambois: un sauvetage aux multiples facettes

Mis en ligne le 21 Janvier 2009

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Descriptif

Le Lac de Bambois! Un lac dont les origines pourraient remonter au temps de Notger, Prince-Evêque de Liège. Les services rendus par ce plan d’eau ont toujours oscillé entre rôle social (mise à sec pour la culture par le peuple au 14ème siècle), support économique (chasse, pêche) et attrait touristique (baignade, ballade, camping).

Malheureusement, ces différents usages ont à certaines époques été mis en œuvre à outrance sans aucune précaution quant au maintien de la bonne qualité sanitaire mais aussi écologique du site. Fin des années 1970, le lac est laissé à l’abandon dans un état déplorable: une sorte d’égout à ciel ouvert!

Navré du devenir de ce patrimoine naturel en péril, l’Institut pour le Développement de l’Enfant et de la Famille (IDEF asbl) décida du sauvetage du Lac de Bambois en 1985 avec pour objectif une gestion durable aux multiples facettes.

objectifs

Cette asbl travaillant à la prévention en matière de santé étroitement liée à la protection de l’environnement projette un bel avenir pour ce lac alliant la protection de l’environnement, la promotion du tourisme vert et de la santé, tout en veillant à responsabiliser le citoyen face à son cadre de vie.

Les objectifs liés au sauvetage sont de divers ordres:

- une amélioration de la qualité sanitaire des lieux. En effet, il est urgent d’agir pour assainir le plan d’eau car celui-ci repose sur une nappe phréatique alimentant Fosse-la-Ville en eau potable. La gestion des eaux usées, aboutissant jusqu’alors dans le lac, doit être revue;

- un intérêt biologique. Le site, malgré son mauvais état général, révèle encore un grand potentiel tant d’un point de vue écologique que paysager. De ce fait, une étude réalisée par la Faculté de Gembloux démontre un grand intérêt écologique: faune, flore et paysage;

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- l'éducation à l’environnement et tourisme vert. L’asbl a également décidé de démontrer que la protection de l’environnement pouvait parfaitement se combiner avec des objectifs touristiques en veillant ainsi à l’éducation à l’environnement et aux comportements valables pour la santé des visiteurs;

- en veillant à la relance touristique du site, l’asbl comptait également en faire un tremplin pour l’emploi en assurant ainsi un aspect socio-économique avec des partenaires publics et privés.

Mise en œuvre – étapes

Les objectifs poursuivis par ce projet de sauvetage sont relativement nombreux et divers tout en s’inscrivant parfaitement dans une vision du développement durable.

Le projet fut monté non seulement avec l’aide d’experts en environnement et en économie, mais également en ayant égard à impliquer les habitants de la région ainsi que leurs mandataires locaux.

Deux grands pans sont envisagés: la protection du site pour sa restauration écologique et le développement d’un tourisme reverdi.

Pour que le site puisse remplir les différents rôles qui lui sont attribués, il y a lieu de positionner adéquatement les activités en fonction des attributions des zones. Certaines zones ont été dédiées à la protection de la faune et de la flore présentes sur le site. Par exemple, les roselières et les têtes d’alimentation du lac ont été protégées de toutes actions touristiques ou autres.

L’état sanitaire du lac étant dû à son alimentation partielle par des égouts, il était essentiel d’agir pour assurer la protection des eaux de surface et de la nappe phréatique par la mise en place d’un réseau de collecteurs par l’INASEP pour dévier les eaux usées du lac vers une station d’épuration construite également via ce projet. Cette station d’épuration remplira également un rôle didactique pour les visiteurs jeunes et moins jeunes. 

Certaines zones naturelles dégradées ont tout de même pu conserver un potentiel écologique sous réserve de leur restauration comme les roselières, espaces boisés et végétation remarquable. L’asbl s’engageait à mettre en œuvre un certain nombre de projets de restauration en vue de redéployer de manière optimale la valeur paysagère du site.

Les objectifs touristiques ont aussi été transposés spatialement en fonction des objectifs poursuivis. Une zone a été dédiée au tourisme de base avec des équipements ludiques, de loisirs et de restauration.

Alliant les aspects environnementaux aux objectifs didactiques, des équipements et des itinéraires ont également été mis en place pour permettre une approche adéquate de la nature sans l’agresser (observatoire, sentier nature, panneaux didactiques).

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Qui dit plan d’eau, dit possibilité de développer une activité de pêche. Ce fut fait au travers de la délimitation stricte (en vue d’éviter les déboires historiques) d’un espace de pêcherie dont l’accès a été adapté pour les personnes à mobilité réduite.

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Enfin, des activités éducatives sont organisées régulièrement par l’IDEF en faveur des enfants et des familles lors des visites guidées, expositions ou journées à thème, mais aussi pour des groupes scolaires.
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Le résultat de la gestion du site est remarquable: en 2000, le site du lac de Bambois, à l'exception des jardins et espaces d'accueil, soit plus de 43 hectares, a été reconnu par la Région wallonne comme Zone Humide d'Intérêt Biologique (ZHIB). Il est, en outre, retenu comme site Natura 2000.

La conclusion sera laissée aux porteurs de ce beau projet devenu réalité: l’IDEF.

"L'expérience de Bambois est avant tout un message d'espoir pour montrer aux jeunes que l'homme peut reconstruire ce qu'il a détruit. Bambois, c'est avant tout la preuve que le citoyen peut demander et obtenir la collaboration des pouvoirs publics et des organisations privées pour le sauvetage d'un site de grande valeur écologique. Certes, le pari n'est pas encore totalement gagné et toute notre vigilance est requise pour l'avenir. Néanmoins, une grande partie du chemin vers la revalorisation du site de Bambois a été accomplie. Bambois renaît tel cet oiseau mythique, le Phénix, qui se brûlait lui-même sur un bûcher pour renaître de ses cendres..."

Opérateurs et partenaires

D’après les informations recueillies auprès de l’IDEF:

  • le site est acheté en janvier 1991 par la Communauté française de Belgique qui le cède par bail emphytéotique à l’asbl IDEF;
  • en février 1988, l'IDEF et la Députation permanente de Namur signent le premier contrat de rivière de Wallonie en vue de la gestion intégrée du ruisseau de Fosses et du lac de Bambois;
  • sur base du contrat de rivière, la Députation permanente de Namur charge l'INASEP de l'épuration du site. Une station d'épuration didactique est opérationnelle dès juin 1994;
  • dés juillet 1991, est créé un Comité de gérance du lac de Bambois avec des représentants de l’IDEF, de la Région wallonne et de la Ville de Fosses;
  • en mars 1994, la Région wallonne accorde une subvention de 18 millions pour la revalorisation touristique;
  • depuis août 1996, un accord de collaboration officialise la déjà longue collaboration entre l’IDEF et la Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux pour la mise en place du plan de gestion du lac de Bambois.

En savoir plus

Site internet général d’information sur le projet:
http://www.quenovel.be/page015.htm

Site du Lac de Bambois:
http://www.lacdebambois.be

Contacts

IDEF asbl
Directeur: Christian Lalière – Responsable pédagogique: Patricia Nélis
rue de Stierlinsart, 47
5070 FOSSES-LA-VILLE
Téléphone:             071.71.43.89
Fax:                       071.74.38.51

Christel TERMOL
Conseiller UVCW
rue de l’Etoile, 14
5000 Namur
Téléphone:             081.24.06.28
Fax:                       081.24.06.17

L'auteur

Christel Termol

Conseiller à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l'Université de Liège en Sciences zoologiques et en Sciences de l'environnement, elle exerce la fonction de conseillère expert au sein du Département Développement territorial de l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont la nature, le zéro-phyto, la forêt et la chasse.

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Date de mise en ligne

21 Janvier 2009

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