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Le désherbage non-chimique

Mis en ligne le 15 Février 2007

Sur base du Guide de bonnes pratiques de désherbage- Espaces verts et Voiries
Publié avec l’accord du Comité régional Phyto

Objectifs

Lors du choix de la méthode de traitement, il est important de penser prioritairement aux mesures culturales, mécaniques ou aux méthodes "non-chimiques" avant de décider d'une application d'herbicide. Actuellement, des techniques dont le risque pour l'environnement est plus faible sont disponibles sur le marché de manière à limiter le désherbage systématique par voie chimique. Ces techniques peuvent être classées en deux catégories: les techniques préventives (couverture du sol afin de limiter le développement des adventices) et les techniques curatives (désherbage manuel (binage), mécanique (brossage) ou thermique).

Descriptif

Lorsque le choix de désherber a été opéré, il est nécessaire de déterminer le type de surface et son environnement. En effet, la présence de points d’eau (caniveaux, rivières, avaloires…) à proximité de la zone à traiter, des surfaces pentues, ainsi que des zones imperméables nécessitent une grande prudence et limitent le recours aux herbicides. En fonction de ces caractéristiques, on veillera à choisir le traitement adéquat (préventif ou alternatif au chimique) tout en respectant les bonnes pratiques afin de gérer au mieux les risques pour l’environnement et l’utilisateur.

Les techniques préventives limitant le développement des adventices

Sur des surfaces dures (rigoles, asphalte…), l’élimination de tout substrat (accumulation de sédiments, de déchets…) propice au développement d’adventices, limitera fortement l’usage de tout autre moyen de désherbage.

Sur les surfaces meubles, une occupation du sol par des plantes couvrantes ou par toute autre couverture du sol esthétiquement acceptée (paillis), empêchera la germination, le développement d'adventice par accaparement de la lumière ou par concurrence intra spécifique.

Lorsqu'il s'agit de mettre en place une couverture du sol pour diminuer la fréquence des entretiens sur certains espaces verts, le choix se fera entre les paillis biodégradables, les paillis en rouleaux ou en dalles et les plantes couvre-sols.

1. Les paillis biodégradables

Plusieurs matériaux biodégradables (sous-produits végétaux tels que des écorces, du lin, des cosses de cacao, du chanvre…) peuvent être employés, toutefois, il faut s’assurer de l’absence de graines ou de champignons pathogènes.

Le choix du paillis sera fonction des caractéristiques de l’espace vert. De même, l’épaisseur du paillis sera variable en fonction du type de plantes (vivaces, arbustes, arbres…).

Type de paillis

Epaisseur minimum

Durée de vie

Inconvénients

Avantages

Broyats de branches d'élagage

4 à 8 cm

2 à 3 ans

Dispersion par le vent

Valorisation de déchets locaux

Problèmes phytosanitaires

Phytotoxicité éventuelle
Risque de "faim d’azote"

Ecorces de pin

 

10 cm

3 à 5 ans 

Dispersion par le vent, les chiens

Esthétique

Risque de "faim d’azote"

Coût élevé

Cosses de cacao

5 cm

max. 2 ans

Dispersion par les oiseaux
Odeur
Coût élevé

Amendement organique

Paillettes de lin ou de chanvre

8 à 10 cm

1 an

Dispersion par le vent

Amendement organique

Problème de germination des graines de lin

Coût élevé

Esthétique contestable

Paille (granulés dispersibles qui gonflent une fois mouillés)

1 à 1,5 cm

1 an

Risque de « faim d’azote » 

Prise au vent limitée

Tableau: Caractéristiques de différents types de paillis biodégradables (liste non exhaustive)

Le but premier de la mise en place d’un paillis est de faciliter l’installation de la végétation. Il est intéressant de noter que, après avoir rempli leur rôle, certains paillis se dégradent et constituent un amendement organique. De plus, ils permettent de limiter les apports d’eau aux jeunes plantations. Ce type de paillis n’est cependant pas adapté à toutes les situations. A titre d’exemple, un mégot de cigarette peut provoquer l’embrasement du paillis.

2. Le paillis en rouleau ou en dalle

Ce type de paillis est présent sur le marché sous différentes formes.

Le paillis aiguilleté, feutre issu d'un mélange de fibres végétales (jute, lin, chanvre ou coco), est disponible sous forme de dalles prédécoupées ou de rouleaux. Le principal avantage de ce feutre temporaire est qu’il épouse correctement la forme du terrain.

Le paillis aggloméré se présente sous forme de dalles rigides ayant une bonne longévité, ainsi qu'une bonne esthétique. Cependant, son coût est relativement élevé.

Le paillis thermo fixé est un intermédiaire entre les deux paillis cités précédemment. Il n’est que partiellement biodégradable.

Enfin, le paillis multicouches non-biodégradable à 100% est composé d'une couche visible composée de fibres végétales dégradables (coco…), d'une fine grille en polypropylène qui stabilise l’ensemble et la couche en contact avec le sol constituée de plastique.

3. Les plantes couvre-sol

En plus de limiter le développement des adventices, les plantes couvre-sol permettent de protéger le sol de l’érosion (surtout pour les terrains en pente), de remplacer le gazon ou de couvrir le sol dans certains endroits particuliers (accès difficiles, expositions extrêmes, qualités médiocres du sol, …), de limiter l’entretien et de mettre en valeur des plantations existantes tout en apportant une touche supplémentaire grâce à leurs qualités décoratives propres.

Les plantes utilisées comme couvre-sol sont le plus souvent des plantes ligneuses (arbustes) mais certaines plantes herbacées vivaces peuvent également convenir à cet usage.

Le choix des plantes couvre-sol, qu’elles soient ligneuses ou herbacées, se fera selon des critères précis permettant de répondre à une utilisation particulière.

En fonction de la localisation prévue pour le couvre-sol (en avant d’un parterre, sur un rond-point, en toile de fond d’un massif,…), on choisira des plantes dont la hauteur se situe dans une fourchette allant de 5-20cm (plantes tapissantes) à plus d’1 m (limite maximum).

Les plantes ont chacune des exigences pédoclimatiques précises et leur choix s’effectuera en fonction des caractéristiques de sol et d’exposition du biotope dans lequel il est prévu de les installer. Lors du choix des essences végétales, il est nécessaire de garder à l’esprit que les espaces verts et les plantations sur les voiries jouent un rôle important dans la constitution du maillage écologique. Il importe de conserver un bon état d’équilibre végétal privilégiant le choix d’espèces indigènes afin de favoriser un accueil adéquat de la faune locale. De plus, ces plantes indigènes sont adaptées aux conditions pédoclimatiques locales. Le choix des essences implantées se fera également en fonction de la situation du terrain.

Enfin, l’intérêt décoratifdu feuillage, de la floraison et de la fructification éventuelle est également un critère à prendre en compte. Le plus généralement, on choisira des plantes couvre-sol au feuillage persistant, pour des raisons d’esthétique hivernale et de commodité d’entretien. Néanmoins certains feuillages caducs seront appréciés pour leurs teintes automnales remarquables. Les feuillages blanchâtres ou panachés clairs sont à recommander pour illuminer les endroits sombres (ex. Hedera helix ‘Glacier’, Lamium maculatum). Les fleurs apportent de la couleur et les époques de floraison variables permettent de créer des scènes changeantes au cours de l’année. Les géraniums vivaces (ex. Geranium macrorrhizum) et les rosiers dits ‘paysagers’ sont particulièrement attrayants. La fructification des différents taxons de Cotoneaster possède également des qualités décoratives intéressantes. Enfin le parfum peut être un atout supplémentaire (ex. Lonicera).

Les techniques curatives de désherbage

Divers systèmes de désherbage non-chimique existent qu'ils soient thermique, mécanique ou encore manuel avec pour chacun leurs risques et leurs contraintes d'utilisation. Ces techniques ne sont efficaces que sur les parties aériennes des plantes touchées et sur les graines présentes dans la couche superficielle du sol. Elles n’ont pas de persistance d’action et nécessitent plusieurs passages par saison. L’efficacité sur les racines et rhizomes des plantes vivaces est limitée et n’empêche pas la repousse de celles-ci. Ces techniques sont fortement recommandées dans les zones à risques élevés pour les eaux souterraines et de surface (à proximité d’avaloir, sur des terrains en forte pente…).

Ces techniques sont "propres" pour le revêtement et d’efficacité moyenne à bonne. Cependant, elles peuvent être coûteuses en main d’œuvre et en énergie fossile. De plus comme les traitements chimiques, elles peuvent parfois provoquer des dégâts au pied des plantes en place par brûlure par exemple.

Le tableau ci-dessous reprend ces différents systèmes en détaillant les types de surface concernés, les avantages et les inconvénients.

Systèmes

Nombre de passages /an

Type de surface

Avantages

Inconvénients

Thermiques

Gaz (flamme directe ou infrarouge)

3 à 8

Pavés, sables, graviers, caniveaux…

Facilité d'utilisation Non dépendant du climat
Investissement faible

Pas d'éradication complète (destruction en surface)

Consommation de gaz importante --> CO2

Vapeur d’eau

3 à 4

Imperméable

 

Utilisable par tous les temps (>0°C)

Forte consommation en eau et fuel
Résistance de certaines plantes
Pas d'éradication complète (destruction en surface) Investissement élevé

4 à 8

Perméable

Eau chaude

4 à 6

Tout type

Mousse chaude

3

Tout type

Destruction des graines jusque 0,5 cm

Forte consommation en eau et fuel
Résistance de certaines plantes

Mécaniques

Balayage mécanique

7 à 12

Caniveaux, trottoirs

 

Coût d'investissement et d'utilisation

Brosse rotative

3 à 5

Imperméable

 

Usure du revêtement et des brosses à dissémination de particules de métal et de plastique

Herse rotative

3 à 5

Terrains meubles

 

Limite l’érosion
Maintient l’humidité

 

Fauchage

1 à 2

Terrains meubles couverts de végétation spontanée

Non dépendant du climat

 

Manuel

Binage, sarclage

Variable

Terrains meubles

Pas de dépense d’énergie fossile
Limite l’érosion
Garde l’humidité

Coût important en main d’œuvre

Tableau: Systèmes de désherbage thermique, mécanique et manuel

 

Toute technique de désherbage comporte des risques plus ou moins importants qui nécessitent, pour être gérés au mieux, une information claire et précise de l’utilisateur sur les techniques et précautions à mettre en œuvre. La mise en œuvre de techniques curatives de désherbage non chimique (thermiques ou mécaniques) requiert l’utilisation de machines qui doivent être manipulées par un personnel correctement formé et averti des risques liés à ce mode de désherbage. Ces risques concernent principalement l’utilisateur et la végétation à préserver.

Mise en œuvre – étapes

Lorsque le choix posé fait appel aux traitements non chimiques pour effectuer le désherbage, la première étape consiste en le choix de la technique à appliquer. Ci-après seront envisagés le désherbage mécanique et le désherbage thermique tout en n'oubliant la possibilité de recourir au désherbage manuel avec la binette ou le trident.

Le désherbage mécanique

Il sera utilisé sur des revêtements durs (pavés, dallages, filets d'eau...) qui sont envahis d’adventices et/ou encombrés de terre, feuilles, déchets divers... un désherbage mécanique par brossage, suivi d'un balayage, permettra d'obtenir dès le premier passage une surface propre, et peu propice au développement des adventices.

Avant l'application du traitement choisi, il faut évaluer la surface à désherber. En effet, en général lorsqu'il y a plus de 30% d'une surface dure qui est recouverte d'adventices, un désherbage mécanique s’avère nécessaire.

Si l’enherbement n’est pas important mais que la surface est recouverte de terre, feuilles, déchets divers, un balayage intensif suffira parfois à limiter suffisamment la croissance des adventices.

Durant le traitement

Afin de permettre un meilleur arrachage des adventices, le traitement mécanique s'effectuera de préférence par temps humide. En période sèche les appareils devront être munis d'un système d'arrosage afin d'éviter la formation de poussières. Un bon réglage de l'orientation des brosses et la pression exercée sur le sol déterminent l'efficacité du traitement. Une pression trop importante de la brosse sur le sol provoque une usure prématurée de celle-ci et éventuellement des dégâts au revêtement lui-même. La vitesse de rotation et la vitesse d’avancement doivent être adaptées aux circonstances. L'écolage du personnel est donc indispensable.

Le désherbage mécanique doit être suivi immédiatement du ramassage et de l'évacuation des déchets, soit manuellement, soit avec du matériel de balayage motorisé.

Le désherbage thermique

Il peut être utilisé aussi bien sur des revêtements durs (pavés, dallages, filets d'eau), que sur d'autres types de revêtement (en gravier, dolomies, terre...). Pour un désherbage thermique rationnel et efficace, le brossage est souvent un allié précieux du désherbage thermique. Le brossage permet de nettoyer rapidement et efficacement une surface dure, sale et fortement enherbée, qui par après, pourra être désherbée économiquement. Pour l'entretien normal de toutes surfaces le désherbage thermique pourra être utilisé systématiquement, car il ne provoque aucun dégât au revêtement.

Bien que les brûleurs thermiques soient conçus de manière à limiter les risques (capot recouvrant les brûleurs), leur manipulation peut engendrer, si elle se fait sans prendre les précautions adéquates, des risques de brûlure pour l’applicateur mais aussi pour les plantations non visées par le désherbage. Il est impératif avant toute utilisation d’appareil thermique de lire les recommandations indiquées sur le mode d’emploi.

Lorsque l'utilisateur a recours au désherbage thermique, une attention particulière est donnée à la préparation du terrain à traiter. Il ne peut rester de matériaux inflammables sur la surface à traiter, ils risqueraient de prendre feu durant le traitement et d’endommager l’appareil de traitement ou d’occasionner des brûlures à l’opérateur.

Avant le traitement, l'utilisateur vérifiera régulièrement le bon état de la tuyauterie flexible et des raccords. Une attention particulière sera portée à la couche externe du flexible qui ne doit présenter aucune fêlure.

Après toute intervention mécanique sur l’installation, le contrôle d'étanchéité sera effectué en vue de s'assurer de l’étanchéité des raccordements bouteille / détendeur / anti-retour gaz / et flexible.

Durant le traitement, on veillera à limiter le nombre de personnes présentes autour de la machine afin de réduire les risques de brûlure. De même, il sera interdit de fumer durant l’allumage de l’appareil. On veillera à ne pas laisser l’appareil en fonctionnement (ou juste après son arrêt) près de matériaux inflammables (feuilles mortes, herbes…).

Après le traitement, il est recommandé par les constructeurs d’attendre que l’appareil soit suffisamment refroidi avant de le transporter ou le ranger; et ce afin de limiter les risques d’incendie. L’opérateur devra vérifier la bonne fermeture des robinets. L’appareil et les bombonnes de gaz seront rangés dans un local suffisamment aéré et jamais dans une cave.

En savoir plus

Comité régional Phyto
Guide des bonnes pratiques de désherbage. Espaces verts et Voiries
http://www.fymy.ucl.ac.be/crp/fichiers/guidedesherbage.pdf

Contacts

Union des Villes et des Communes de Wallonie
Christel TERMOL
Conseillère en environnement
Union des Villes et Communes de Wallonie
Tel: 081/24.06.28  Fax: 081/24.06.17
E-mail:

Comité régional Phyto
Jean Marot

http://www.fymy.ucl.ac.be/crp/

L'auteur

Christel Termol

Conseiller à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l'Université de Liège en Sciences zoologiques et en Sciences de l'environnement, elle exerce la fonction de conseillère expert au sein du Département Développement territorial de l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont la nature, le zéro-phyto, la forêt et la chasse.

Les articles de l'auteur

Date de mise en ligne
15 Février 2007

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