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Quels sont les besoins des communes en matière de propreté publique? Les résultats de notre enquête

Mis en ligne le 13 Novembre 2015

Résultats de notre enquête

Le Gouvernement, dans sa Déclaration de Politique Régionale, a pour ambition d’améliorer la propreté publique et gérer efficacement les déchets.

A l’initiative du Ministre de l’Environnement, le Service public de Wallonie met en place une série d’actions pour sensibiliser les citoyens wallons à la propreté de notre cadre de vie, notamment via l’opération «Be WAPP».

Afin d’appréhender au mieux la manière dont votre commune mène sa politique de propreté publique, quelles sont vos difficultés vécues sur le terrain et quels sont vos besoins en la matière, l’Union des Villes et Communes de Wallonie souhaitait prendre le pouls de ses membres afin d’appréhender quels sont les actions mises en œuvre au sein des communes et faire remonter les difficultés vécues sur le terrain.

Grand nettoyage de Printemps

Le ministre Carlo Di Antonio a lancé, début 2015, une campagne «Grand nettoyage de Printemps» destinée à sensibiliser les citoyens à la propreté publique.

61% des répondants à l’enquête ont participé à l’évènement, et l’ont accueilli favorablement, malgré un constat général de manque de concertation, de temps et de communication pour permettre sa mise en œuvre optimale. Certains estiment avoir été contraints d’y participer, et regrettent le manque de souplesse quant à la date de l’évènement.

On constate malheureusement, à 52% des répondants, que cette sensibilisation ne suffit pas pour avoir un impact sur la propreté. Ils remarquent également pour 51% d’entre eux, que même si l’expérience s’est bien passée et qu’elle en vaut la peine, elle n’a pas compté beaucoup de participants.

En outre, de nombreuses communes organisent déjà ce type d’actions sur leur territoire et les avis sont partagés sur leur fréquence: certaines craignent une lassitude de la part des participants, d’autres pensent que leur réitération régulière est importante pour obtenir un effet tangible.

Quel type de malpropreté?

La propreté publique est un véritable enjeu pour les communes, qui confirment avoir un réel problème sur leur territoire, à 71% des répondants. Les points noirs les plus importants concernent les dépôts clandestins d’une part, entre autres à proximité des bulles à verre et des poubelles publiques, ou dans les bois, et les déchets sauvages le long des voiries, notamment à proximité d’activités touristiques ou de restauration rapide.

Les dépôts clandestins constituent d’ailleurs le type de malpropreté le plus problématique constaté pour 85% des répondants. On retrouve ensuite les canettes (74%), les autres déchets d’emballages (49%), les mégots de cigarettes (48%) et les déjections canines (45%).

Quels moyens mis en œuvre?

Les moyens disponibles sont très variables selon les communes, qu’ils soient humains ou matériels:

-       Agents uniquement dédiés au maintien de la propreté (tags, le ramassage des déchets, vidange des poubelles publiques, utilisation du matériel, agents d’entretien au sens large (désherbage, propreté, réparation de voirie), saisonniers, agents constatateurs, bénévoles, sous-traitants, «article 60», peine d’intérêt général, Wallo’net, gardiens de la paix (dont la propreté n’est pas la mission principale), cantonniers, éco-cantonniers, etc.

-       Certains pour les tags, d’autres pour le ramassage des déchets, certains pour la vidange des poubelles publiques, d’autres pour le matériel (glutton, désherbeur);

-       Gluttons, balayeuses, brosses et brouettes, camions-brosses, pick-up, désherbeurs thermiques, à mousse, hydrocureuses, aérogommeuse, pousse-pousse, aspirateurs urbains, compacteurs, camionnettes, tracteur-faucheur, vidangeuses, triporteurs, chariots-poubelles.

En outre, les communes font montre de créativité quant aux actions qu’elles mettent en œuvre: nettoyage systématique, actions dans les écoles, actions de nettoyage, opérations rivières propres, informations dans le bulletin communal, panneaux de sensibilisation, actions «villes propres», programme wallo’net, partenariats avec des associations (GAL, Contrat de rivière, pêcheurs, naturalistes, etc), opérations «jeunes dans les quartiers», partenariats avec l’intercommunale de gestion des déchets, prime pour le compostage, prime pour les langes lavables, canisettes, filets à canettes, opérations «OFNI», «semaine de la propreté», action «pigeons» (nettoyage ciblé, participation d’un fauconnier), distribution de sacs poubelles pour voitures («bagotos»), de filets pour remorques, opérations «village propre», circuits de poubelles ludiques, opérations «halte aux déchets sauvages», organisation de concours de quartiers propres, campagnes ciblées sur certains types de malpropreté, etc.

Ces actions sont d’une manière générale très bien perçues par la population, mais un manque de moyens est relevé, et les résultats obtenus sont considérés comme insuffisants, ou très ponctuels dans la durée.

L’effet de la répression de la délinquance environnementale

Si 71% des répondants voient la répression de la délinquance environnementale appliquée dans leur commune, la quasi-totalité d’entre eux (99%) estiment qu’elle n’est pas suffisante, voire qu’elle n’a pas d’effet sur la propreté publique (17%).

Les autres pointent l’absence d’agent constatateur dans leur commune, ou leur nombre trop faible.

La procédure à mettre en œuvre pour constater l’infraction et en assurer le suivi s’avère pour beaucoup longue et complexe, sans garantie d’une suite donnée par l’agent sanctionnateur, ou pour des amendes jugées trop faibles. De plus, si la constatation des infractions est réalisable par l’agent constatateur et par l’agent de police, il ne s’agit que d’un aspect de ces fonctions, parmi beaucoup d’autres tâches, qui ne laisse que peu de place à une action proactive.

De plus, la volonté de combiner un volet de prévention et de sensibilisation à l’action de répression n’est pas toujours applicable, en raison de ce manque de moyens. Un manque d’actions d’autres instances responsables d’espaces publics comme Infrabel, ou la Wallonie, sur leur territoire, est également pointé comme ayant un impact non négligeable sur l’action à entreprendre par les communes, qui doivent ainsi leur suppléer.

D’autre part, il semble de plus en plus difficile de retrouver les auteurs des infractions, notamment en ce qui concernent les dépôts clandestins. Un besoin de moyens se fait ressentir, notamment en matière de techniques permettant d’identifier les contrevenants, tels la pose de caméras. De manière plus anecdotique, mais néanmoins alarmante, une menace sur la sécurité des agents a été évoquée, de même que l’importance de l’impact psychologique d’un uniforme qui leur serait assigné.

Des formations?

Enfin, les répondants à notre enquête seraient surtout favorables, pour une grande majorité, à des formations en matière de bonnes pratiques en matière de prévention, de répression, et enfin de nettoyage (par ordre décroissant d’importance).

Nous vous remercions pour votre participation!

L'auteur

Gwenaël Delaite

Conseillère à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l’Université de Liège où elle a obtenu une licence en sciences géologiques, et de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand où elle a obtenu un master en Pétrologie et Volcanologie, Gwenaël Delaite dispose également d'un certificat de Conseiller en Mobilité qualifié (Réseau des CeM, SPW). Elle exerce la fonction de conseillère technique au sein du Département Développement territorial de l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont l’environnement, la mobilité et la ruralité.

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Date de mise en ligne
13 Novembre 2015

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