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Les chenilles processionnaires du chêne sont une menace pour la santé publique: modèles et plan de lutte à destination des communes

Mis en ligne le 29 Mai 2020

La Wallonie fait face à une invasion préoccupante de chenilles processionnaires du chêne, plusieurs nids ont déjà été observés en divers endroits.

La présence de ces chenilles constitue un danger pour la santé des citoyens, des animaux domestiques et du bétail. En effet, lorsqu’elles se sentent menacées, ces chenilles expulsent des poils microscopiques provoquant une réaction urticante, une éruption cutanée douloureuse avec de fortes démangeaisons pouvant aboutir à la nécessité d’une intervention médicale. Par ailleurs, en cas de contacts répétés avec les poils de cette chenille, les personnes peuvent présenter des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact jusqu’à mener au choc anaphylactique mettant la vie en danger. Il faut savoir également que les nids vides constituent toujours un risque en raison de la présence résiduelle de poils en leur sein.

L’Union des Villes et Communes de Wallonie a interpellé la Ministre en charge de l’Environnement, Madame Tellier, afin qu’un plan de lutte wallon voie rapidement le jour avec une mise à disposition de moyens à la hauteur du risque détecté comme l’organisation par exemple d’une centrale d’achat pour que les services publics puissent faire appel à des sociétés équipées adéquatement pour ce genre d’intervention et ce, à un coût moindre que s’il s’agissait d’interventions isolées. Il n’est pas envisageable que les nids soient enlevés par les citoyens ou les services des travaux par exemple, car leur équipement ne serait pas adapté à ce genre d’intervention et le risque pour la santé serait trop important pour le permettre.

Pour l’instant, le Cabinet n’a pas encore apporté de réponse alors que les pouvoirs locaux vont peut-être déjà faire face à ce genre de nids et à la nécessité d’agir pour la sécurité publique.

Les communes doivent se préparer à ce genre d’éventualité afin de pouvoir réagir promptement en cas de détection d’un nid problématique que cela soit sur terrain public ou terrain privé.

Si une commune est très peu contaminée, il est encore possible de juguler l’avancée de ces chenilles sur son territoire et elle devra alors être attentive à la détection et à l’élimination de chaque nid.

Par contre, si une commune est déjà bien colonisée par cette espèce, l’éradication n’est plus possible et il faudra alors gérer principalement les nids menaçant la sécurité publique.

Pour aider les communes dans l’établissement de ce plan de lutte contre cette chenille, l’Union des Villes et Communes de Wallonie a rédigé un modèle de courrier à envoyer au citoyen sur le terrain duquel un ou des nid(s) de chenilles processionnaires serai(en)t détecté(s) et menacerai(en)t la sécurité publique en raison de sa proximité par exemple avec une plaine de jeux, l’entrée d’un établissement public ou d’un home, etc. Par ce courrier, la commune demande au citoyen de faire intervenir une société spécialisée dans les 15 jours pour enlever le ou les nids visés.

Pour le cas où le citoyen ne ferait rien, l’UVCW propose un modèle d’arrêté du bourgmestre pour permettre à la commune de lui imposer l’élimination du ou des nid(s).

 

Au niveau de la Wallonie, il est demandé aux communes de faire un rapportage des nids confirmés de chenilles processionnaires en envoyant l’information à l’adresse chenilleprocessionnaire@spw.wallonie.be en indiquant le nombre de nids et leur localisation approximative. Cela leur permettra de suivre l’évolution de cette chenille sur notre territoire.

Petit guide pratique de la lutte contre la chenille processionnaire du chêne

Biologie de l’espèce en résumé

  • Œufs jusqu’à mi-mai.
  • Mues et développement de la chenille développant son système défensif de poils urticants de mi-mai à mi-juin.
  • Mi-juin à mi-août : les chenilles se transforment mais les nids restent urticants à cause des poils restés accrochés aux nids ou sur les exuvies présentes dans le nid.

Comment les détecter ?

  • Repérage des œufs avant l’apparition des feuilles.
  • Uniquement sur les chênes en colonie d’au moins 100 individus.
  • Les nids de tailles variables peuvent être repérés sur les troncs, les branches sous la forme de plaque blanchâtre, d’amas soyeux.
  • On peut aussi les détecter lorsque les chenilles se déplacent en file indienne.
  • Attention de ne pas les confondre avec d’autres chenilles d’insectes comme l’hyponomeute ou le bombyx disparate par exemple.

Que faire en cas de suspicion de chenilles processionnaires ?

  • Si chêne + nid soyeux + nombreuses chenilles = probabilité d’avoir des chenilles processionnaires.
  • Demander des photos ou aller voir.
  • Pour avoir une confirmation :  chenilleprocessionnaire@spw.wallonie.be.

Trois niveaux d’intervention

  • Information du public facultative si le risque est faible :
    • Moins de 5 % des arbres concernés,
    • Pas de présence à proximité ou de risque de contact direct.
  • Information du public recommandée :
    • 5 à 10 % des arbres touchés,
    • Pas de présence à proximité ou de risque de contact direct,
    • Attention nécessaire pour les personnes à risque allergique.
  • Fermeture de la zone ou destruction des nids :
    • Plus de 10 % des arbres touchés,
    • Présence à proximité de lieux fréquentés,
    • Risque de contact direct avec les nids.

La fermeture de la zone est une décision délicate à prendre car beaucoup de facteurs vont entrer en jeu pour décider de la taille de la zone à fermer (en fonction du nombre de nids, de la prise au vent, du voisinage) et de la durée de cette fermeture puisque les nids restent urticants à cause des poils et des exuvies présentes dans le nid. Il faut penser également au risque que représenterait la chute du nid vieillissant au sol avec la diffusion de poils que cela peut représenter. Nous ne disposons pas de données actuellement pour savoir combien de temps les poils urticants restent actifs dans l’environnement.

Qui doit intervenir ?

  • En forêt :
    • Forêts communales et domaniales = DNF.
    • Forêts privées = Propriétaire privé.
  • En dehors de la forêt :
    • En domaine privé = Propriétaire privé ou le locataire occupant le bien.
    • En domaine public = gestion par la commune.

Lorsque les nids se trouvent sur le domaine privé et qu’ils font partie du troisième niveau d’intervention (fermeture ou destruction) parce qu’ils menacent la sécurité publique, le bourgmestre envoie un courrier au propriétaire ou au locataire pour l’informer de l’obligation d’agir et en cas d’inaction, le bourgmestre prend un arrêté pour contraindre cette personne à agir.

Les moyens de lutte

  • Chalumeau
    • Adapté aux cas en ville ou sur des arbres isolés.
    • Dangereux en forêt ou par temps sec.
    • Nécessité d’être équipé valablement.
  • Enlèvement mécanique
    • Risque pour l’opérateur.
    • Besoin de combinaison complète de protection.
  • Traitement chimique
    • Application dans les premiers stades.
    • Risque élevé d’échec.
    • Difficulté de trouver des produits homologués.
    • N’enlève pas le caractère urticant des poils présents dans les nids.

Vu le niveau de spécialisation de l’équipement à devoir revêtir et la procédure à suivre avant, pendant et après la destruction des nids pour éviter les risques pour la santé des intervenants, nous ne recommandons pas de les faire détruire par les services des travaux mais bien par une société spécialisée.

La préparation des interventions

Avant de planifier une intervention,

  • Il faut évaluer :
    • le risque pour les personnes et les animaux domestiques,
    • l’accessibilité du lieu et des nids,
    • le nombre de nids  concernés,
    • le besoin ou non d’emprunter un véhicule pour l’intervention sur les nids car il faudra éviter de le contaminer avec les poils (déshabillage et nettoyage indispensables avant de reprendre le véhicule).
  • Il faut interdire l’accès au public et le prévenir des risques liés à l’intervention (pendant et après).
  • Si l’action se déroule en milieu urbanisé, il faut recommander aux habitants de fermer leurs portes et leurs fenêtres, de ne pas pendre du linge et de ne pas céder à la curiosité en évitant d’aller voir l’intervention.
  • Les interventions se font toujours à deux pour permettre la désinfection du premier intervenant par le second.

Il faut évidemment bien préparer son matériel en fonction de la méthode choisie et les équipements de protection individuelle. En cas d’usage du brûleur, il faut penser aux moyens d’extinction de feu.
L’équipement de protection individuelle est assez complet :

  • Combinaison jetable avec cagoule.
  • Masque FFP3 ou masque intégral avec cartouche filtrante P3.
  • Lunette de sécurité.
  • Gants en nitrile à manches longues.
  • Un rouleau de scotch pour refermer hermétiquement la jonction entre les gants et la combinaison au niveau des manches.
  • Un rouleau de sac poubelle.

Les intervenants doivent se déséquiper correctement sous peine d’être en contact avec de nombreux poils présents sur la combinaison, les gants, etc.

  • Le second intervenant aide l’intervenant principal à se déshabiller en respectant l’ordre suivant :
    • Enlever la cagoule.
    • Enlever la salopette sans détacher les gants qui avaient été scotchés pour éviter l’entrée des poils via les manches. Jeter le tout dans un sac poubelle.
    • L’aidant enlève ensuite les lunettes du 1er et les jette.
    • Idem avec le masque.
    • Le sac est fermé en veillant à ne pas provoquer de mouvements d’air qui expulseraient des poils du sac vers l’environnement.
    • L’aidant se déshabille selon le même protocole et jette le tout dans un sac poubelle.
    • Les deux intervenants doivent rincer leurs bottes correctement.
    • Ils se lavent soigneusement les mains et il est même recommandé de prendre soigneusement une douche.

Après l’intervention, il faut :

  • Evacuer correctement les déchets dans des sacs fermés hermétiquement pour éviter la diffusion des poils.
  • Rappeler aux riverains des nids l’importance de surveiller l’apparition de symptômes de type allergie liés à la mise en contact avec des poils urticants et le cas échéant consulter son médecin.
  • Rapporter à la Wallonie le nombre de nids et leur localisation approximative chenilleprocessionnaire@spw.wallonie.be.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter :

Date de mise en ligne
29 Mai 2020

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