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Gestion de la chasse: l’UVCW pousse un cri d’alarme

Mis en ligne le 6 Novembre 2020

L’Union des Villes et Communes de Wallonie vient de contacter Willy Borsus, Vice-Président et Ministre de l’Economie, du Commerce extérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du Numérique, de l’Agriculture, de l’Aménagement du territoire, de l’IFAPME et des Centres de compétence, concernant la gestion de la chasse en Wallonie. Il s’agit de relayer un cri d’alarme, poussé par les propriétaires forestiers communaux, dont la volonté est de pouvoir continuer à gérer durablement leurs forêts.

La forêt wallonne est en effet bien malmenée depuis quelques années. Les scolytes pullulent, les tempêtes provoquent des chablis, la sécheresse sévit, rendant les arbres moins résistants face aux ravageurs et aux maladies, le gibier atteint dans certains endroits des densités en totale inadéquation avec le milieu d’accueil, … La gestion de nos ressources forestières n’est pas toujours simple et, avec les changements climatiques attendus, elle ne fera que se complexifier.

Malgré ces difficultés, les communes forestières continuent de travailler avec le DNF pour maintenir une production de qualité au niveau de leurs massifs et pour permettre à leurs forêts de remplir les différents rôles attribués à la forêt par le Code forestier qu’ils soient économique, social ou environnemental. L’engagement communal en faveur de la durabilité des forêts est tel que plus de 95% de leurs surfaces forestières sont certifiées PEFC. Le secteur économique du bois est d’ailleurs fortement demandeur et dépendant de ce bois PEFC.

Toutefois, ces dernières années n’ont pas été faciles pour certaines communes par rapport à la gestion de ce label durable, en raison de l’installation d’un déséquilibre entre la forêt et le gibier présent. Une surdensité de gibier, que cela soit des sangliers ou des cervidés, entraîne immanquablement des dégâts aux cultures avoisinantes, mais aussi et surtout à la production forestière et à la biodiversité, le gibier se développant à outrance et transformant progressivement nos forêts en désert forestier et naturel. Par ailleurs, les dégâts occasionnés sont parfois tels que certaines communes ont été mises à mal dans le cadre de leur audit de certification forestière en raison de ce déséquilibre insuffisamment géré.

Que peut faire dès lors le propriétaire forestier face à cette situation ? Notre région ne dispose pas de prédateurs en suffisance pour gérer la grande faune, et la chasse est le principal régulateur du gibier. Bon nombre de chasseurs exercent cette activité dans les règles de l’art mais dans certaines parties de notre région, les populations explosent. Le propriétaire est actuellement démuni et ne peut que regarder son patrimoine forestier et les investissements consentis disparaître sous la dent du gibier.

Les communes ont la possibilité de faire état auprès de leur locataire de chasse, du DNF et même du conseil cynégétique concerné de l’ampleur des dégâts provoqués par ce gibier en surnombre et de leur demander de le réguler davantage en modifiant les plans de tir pour ce qui est des cervidés. Le DNF peut proposer en effet des plans de tir plus ambitieux pour faire baisser les densités aux endroits où elles sont problématiques.

Malgré l’attitude volontariste des communes, des recours sont déposés contre la demande d’augmentation des plans de tir, la circulaire ministérielle du 24 octobre 2008, obsolète, permettant de les fonder, des conseils cynégétiques n’attribuent pas de bracelets supplémentaires dans les zones en surdensité et réalisent leurs quotas dans d’autres zones non problématiques, des faons sont tirés au lieu des biches reproductrices pour atteindre les quotas de non-boisés.

Récemment, le Ministre a d’ailleurs reçu les communes de Jalhay, Pepinster, Spa, Stoumont et Theux qui lui ont fait part de leurs difficultés et de leur volonté de pouvoir continuer à gérer leurs forêts en donnant à chaque élément sa place : production forestière, biodiversité et activités de gestion ou récréative.

Eu égard à ces pratiques qui se produisent à l’échelle de plusieurs conseils cynégétiques, l’Union des Villes et Communes de Wallonie demande au Ministre d’agir pour donner aux propriétaires la possibilité de retrouver un équilibre entre les cervidés et leur forêt. L’UVCW en appelle, à cet égard, à une plus grande responsabilisation des conseils cynégétiques qu’il revient au Ministre d’appuyer.

L’UVCW souhaite, en outre, que la possibilité soit donnée au DNF d’imposer des plans de tir par territoire sans possibilité de recours, et ce afin de viser les territoires en surdensité non-gérée. De plus, l’UVCW souhaite que le DNF ait la possibilité d’intervenir en fin de saison de chasse dans les territoires où les minima des plans de tir ne sont pas atteints.

L'auteur

Christel Termol

Conseiller à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l'Université de Liège en Sciences zoologiques et en Sciences de l'environnement, elle exerce la fonction de conseillère expert au sein du Département Développement territorial de l'Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont la nature, le zéro-phyto, la forêt et la chasse.

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