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Les bourgmestres rencontrent la Ministre au sujet de la consigne sur les canettes

Mis en ligne le 21 Octobre 2021

Depuis début 2021, de nombreuses communes, excédées par les canettes qui jonchent les bords de route, se sont prononcées en faveur d’une consigne sur les canettes. En juin dernier, le Conseil d’Administration de l’Union des Villes et Communes de Wallonie a sollicité que le Gouvernement envisage ce mécanisme, ou une alternative qui puisse apporter une solution efficace au problème pour lutter contre ce fléau de malpropreté.

La Ministre de l’Environnement a entendu l’appel des communes et a rencontré les bourgmestres ce lundi 18 octobre, en présentiel à Namur.

Madame Tellier a évoqué le bilan de l’opération pilote sur la prime de retour menée dans 19 communes wallonnes, qui était présenté au Parlement wallon cette semaine et a rappelé les outils mis en œuvre en Wallonie en faveur de la propreté publique.

Elle a indiqué sérieusement envisager le mécanisme de la consigne, présent dans la DPR, et indiqué que celui-ci ne pourrait être envisagé qu’à plusieurs conditions :

  • La consigne doit se mettre en place dans les trois régions de la Belgique,
  • Elle ne doit pas mettre à mal la performance de nos outils actuels,
  • Elle doit respecter la neutralité budgétaire pour les communes.

Elle a également évoqué qu’il est nécessaire de pérenniser les outils visant à diminuer les autres déchets sauvages, les canettes et les bouteilles en plastique n’en constituant qu’une partie. Elle a également pointé la responsabilité des producteurs dans l’écodesign de leur produit, qui doit faciliter leur recyclage.

Les échanges entre les bourgmestres, échevins et conseillers en environnement présents et la Ministre ont été riches de revendications, craintes et retours d’expérience en matière de gestion de la malpropreté.

Les communes ont fait part de leur préférence pour un mécanisme de consigne par rapport à un mécanisme de prime de retour, même si plusieurs communes pilotes présentes pointent néanmoins la perception positive du projet par leurs citoyens et l’émulation que celui-ci a suscité, malgré la lourdeur de sa mise en œuvre.

En effet, les deux systèmes reposent sur des mécanismes très différents, ne fût-ce que par les acteurs concernés : la consigne implique directement les producteurs et les consommateurs de boissons, tandis que la prime de retour, telle que celle qui a été testée, repose sur la bonne volonté de quelques bénévoles pour ramasser les canettes qui jonchent les bords de route.

Les participants ont fait part de l’attention qu’il est nécessaire de porter à différents aspects dans le cadre de la mise en œuvre d’un système de consigne, et qui rejoignent l’avis du CA de l’UVCW :

  • La sensibilisation du citoyen,
  • Le coût de la mise en œuvre qui ne doit pas reposer sur les communes, et doit être assumé par les producteurs de boissons,
  • Le montant de la consigne, qui doit être suffisamment élevé pour inciter les inciviques,
  • Il ne peut pas y avoir de perte de revenus pour les centres de tri,
  • Les risques d’achat de boissons en France,

Le développement d’une délinquance organisée pour le vol des canettes qui seront toujours jetées dans les sacs bleus, le manque d’espace pour les points d’apport volontaire dans les zones urbanisées ont par ailleurs été soulevés comme des points d’attention, tout comme le fait que les canettes ne sont pas le seul problème de propreté publique sur le territoire, les dépôts clandestins ne devant pas être négligés.

Enfin, les communes ont en outre attiré l’attention de la Ministre sur le coût de la gestion de la propreté pour les communes, le manque d’effet de la répression et la difficulté d’identifier les inciviques, ainsi que la nécessité de revoir le mécanisme du coût-vérité des déchets, sur lequel les communes n’ont aucune prise, et qui ne fait qu’augmenter.

L'auteur

Gwenaël Delaite

Conseillère experte à l'Union des Villes et Communes de Wallonie

Diplômée de l’Université de Liège où elle a obtenu une licence en sciences géologiques, et de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand où elle a obtenu un master en Pétrologie et Volcanologie, Gwenaël Delaite dispose également d'un certificat de Conseiller en Mobilité qualifié (Réseau des CeM, SPW). Elle exerce la fonction de conseillère technique au sein du Département Développement territorial de l’Union des Villes et Communes de Wallonie. Les matières relevant de sa compétence sont l’environnement, la mobilité et la ruralité.

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Date de mise en ligne
21 Octobre 2021

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